Numérique : en Ariège, le ministre de l'Éducation annonce un délégué à la protection des données

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Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale s'est rendu à plusieurs reprises en Occitanie, comme ici en décembre dernier à Toulouse.
Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale s'est rendu à plusieurs reprises en Occitanie, comme ici en décembre dernier à Toulouse. (Crédits : Rémi Benoit)
Le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer s'est invité ce mardi 21 août à l'université d'été Ludovia d'Ax-les-Thermes (Ariège) pour présenter sa statégie en matière de numérique. Il a notamment dévoilé la nomination d'un délégué à la protection des données au sein de son institution. Une manière de répondre aux inquiétudes sur l'utilisation des données scolaires par les Gafam mais aussi de se conformer à l'entrée en vigueur du RGPD.

Après une visite en novembre 2017 au salon Futurapolis de Toulouse et un déplacement au lycée Gallieni en mars dernier, Jean-Michel Blanquer était de retour dans la région Occitanie mardi 21 août en ouverture de Ludovia, l'université d'été du numérique éducatif, à Ax-les-Thermes (Ariège).

Des annonces pour la protection des données scolaires

Le ministre de l'Éducation y a présenté les grandes lignes de sa stratégie en matière de numérique. La principale annonce à retenir de ce discours est la nomination de l'inspecteur général Gilles Braun en tant que délégué à la protection des données au niveau national. Son entrée en fonction sera effective dès cette rentrée et partout en France "des DPD académiques seront chargés de sensibiliser, d'informer et de conseiller les responsables des traitements, notamment les chefs d'établissements et les Dasen (directeurs académiques), mais aussi et plus largement de veiller au respect du cadre légal relatif aux données personnelles".

"Il faut créer un nouveau cadre de confiance pour la protection des données. Les données numériques récoltées (évaluations...) doivent être protégées et utilisées au service de la réussite de tous", a notamment exprimé Jean-Michel Blanquer. Il a aussi évoqué la création d'ici fin 2018 d' "un code de conduite propre à l'Éducation nationale", d'"un comité éthique" mais aussi de formations à destinations des enseignants portant sur les enjeux de l'utilisation des données scolaires numériques.

RGPD et Gafam

Ces annonces interviennent après l'entrée en vigueur en mai dernier du RGPD (Règlement général pour la protection des données) qui impose aux grandes entreprises européenne la création d'un poste de DPD et stipule des sanctions financières en cas de non-respect de la législation.

Lire aussi : Le RGPD, c'est quoi ?

Surtout, le ministère est confronté à une inquiétude grandissante de parents d'élèves et de professeurs sur l'utilisation des données scolaires par les Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft). En mai 2017, une lettre envoyée par le ministère aux académies indiquait "qu'il n'y a pas de réserve générale sur l'usage des outils liés aux environnements professionnels chez les grands fournisseurs de service du Web (Gafam et autres)", donc pas de restriction sur l'utilisation par les professeurs d'ordinateurs et d'outils collaboratifs mis à disposition par Microsoft ou Google.

La FCPE (Fédération des parents d'élèves) et les syndicats (CGT, Snes-FSU) sont aussitôt montés au créneau. De son côté, la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés) a  fait part de ses inquiétudes quant à l'utilisation du numérique à l'école et de la nécessité "de fixer un cadre de régulation adapté qui protège de façon effective les données personnelles des élèves et des enseignants".

À noter qu'en amont de son discours, Jean-Michel Blanquer a été interpellé par plusieurs élus ariégeois. Le président de la communauté de communes de Haute-Ariège Alain Naudy a déploré "la suppression de deux postes d'enseignants à la rentrée" sur son territoires et Henri Nayrou, président du Conseil départemental de l'Ariège, a exprimé ses interrogations sur la mise en place d'une stratégie de numérique éducatif "face aux ressources limitées, plus ou moins consenties, des collectivités locales".

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