Régionales : Le plan de Pradié (LR) face aux "écologistes intégristes" en Occitanie

Face aux tenants d’une écologie qu’il juge punitive, la tête de liste LR pour les prochaines élections régionales en Occitanie développe son programme "d’écologie de solution". Crédité de 14% des intentions de vote, selon un sondage exclusif La Tribune - IFOP, le député du Lot s’en prend également vigoureusement aux élus accusés de faire le jeu des alliances.

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Aurélien Pradié, crédité de 14% selon un sondage exclusif IFOP pour La Tribune, parviendra-t-il à créer la surprise ?
Aurélien Pradié, crédité de 14% selon un sondage exclusif IFOP pour La Tribune, parviendra-t-il à créer la surprise ? (Crédits : Rémi Benoit)

"Je ne crois pas à une forme d'écologie qui soit une punition, à l'écologie de ceux qui ne veulent plus de viande dans les cantines scolaires ou de crèche de Noël", lance Aurélien Pradié lors de la présentation de son programme environnement à Toulouse. La tête de liste des Républicains pour les élections régionales en Occitanie bat activement le pavé pour sa campagne avec une présentation hebdomadaire de ses différentes propositions. Cette semaine donc l'écologie, mais pas n'importe laquelle, une écologie qu'il qualifie de "solution" en opposition directe à celle des "écologistes intégristes" avec lesquels Carole Delga, actuelle présidente de région aurait des affinités.

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Car Aurélien Pradié - qui promet de ne pas jouer le jeu des alliances dans cette campagne - n'hésite pas à fustiger celle possible entre la présidente sortante et les écologistes menés par Antoine Maurice dans ce scrutin. "Voter Delga au 1er tour, c'est voter José Bové et les écologistes intégristes au second tour", tance le député du Lot, en référence au soutien apporté par José Bové à Carole Delga dans sa réélection. L'ancien député européen et ancien agriculteur aveyronnais, bien connu pour ses positions altermondialistes est en effet en dernière position de la liste "Occitanie en commun" dans l'Aveyron portée par la socialiste.

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La remise en cause de la "course à l'éolien"

Face à "l'écologie intégriste" de sa concurrente, la tête de liste LR mise sur une série de propositions avec en tête, la clivante question de l'éolien.

"L'éolien est une démonstration de toute l'hypocrisie en matière d'écologie politique, il y a une forme d'imposture sur ce sujet. L'éolien est un non sens environnemental, il n'y a aucune perspective sur le recyclage des mâts, l'essentiel de la filière est perfusé par l'argent public, c'est un gaspillage de l'argent public invraisemblable ; Les éoliennes massacrent nos paysages", énumère Aurélien Pradié avant d'ajouter :  "Je ne crois pas à l'éolien car je crois à d'autres projets, je crois au solaire".

Face à une Carole Delga "qui veut multiplier par cinq le parc éolien", le secrétaire général du parti Les Républicains promet de mettre fin à l'éolien terrestre s'il devenait président de la région. À la place, il prône le développement de l'énergie solaire avec, au terme de son éventuel mandat de six ans, 50% des bâtiments publics dotés de panneaux solaires.

Chantiers verts et Etats généraux

Dans sa besace écologique, Aurélien Pradié entend aussi mettre en place des Etats généraux. D'une part, pour travailler sur l'accès à l'eau avec des "Etats généraux des barrages" et l'utilisation de la maintenance prédictive pour le monde agricole. D'autre part, pour évoquer la question des perturbateurs endocriniens, domaine dans lequel "la région peut être exemplaire", estime-t-il.

Le Lotois évoque également des "chantiers verts", notamment sur la question des routes avec la mise en place d'un fond d'investissement de 200 millions d'euros qui permettrait selon lui de "concilier enjeux de développement urbains et ruraux par la route avec un développement vert".

Dans son programme également, la désormais classique question de l'accès à des produits issus du circuit cout dans les cantines avec la promesse de 100% des produits issus de la production régionale.

Aucune entente avec le Rassemblement National...et avec LREM

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Crédité de 14% des intentions de vote, d'après le sondage d'IFOP pour La Tribune/Europe 1, loin derrière Carole Delga, actuelle présidente de région (26%) et encore plus loin derrière le RN et Jean-Paul Garraud (30%), Aurélien Pradié dénonce la stratégie de certains élus de droite, tentés par un rapprochement avec le Rassemblement National. Le 30 mai dernier lors d'une interview pour RTL/LCI, Guillaume Peltier, vice-président des Républicains avait affirmé que le front républicain était une "imposture intellectuelle" et "porter les mêmes convictions" que Robert Ménard, maire de Béziers et proche du RN et soutien de Jean-Paul Garraud dans ces élections en Occitanie.

"Je suis farouchement opposé aux valeurs du Rassemblement National. Pour moi, ce sont des imposteurs politiques qui trompent les électeurs. Je n'ai rien à voir avec monsieur Garraud, qui a passé des années à l'Assemblée Nationale à faire reculer les droits des femmes", commente Aurélien Pradié qui s'en prend également à La République en Marche, représenté par Vincent Terrail-Novès aux élections régionales.

Débat Régionales

Entre Jean-Paul Garraud, Vincent Terrail-Novès et Aurélien Pradié, les attaques verbales lors du Grand Débat de La Tribune, mardi 1er juin, n'ont cessé (Crédits : Rémi Benoit).

"Les opportunistes de LREM ont une grande responsabilité dans la montée du Rassemblement National", juge le candidat qui assure ne pas s'inscrire dans les pas d'élus tels que le maire de Balma, tête de liste de la majorité présidentielle en Occitanie.

"Je n'ai rien à voir avec Vincent Terrail-Novès qui est allé à la soupe à La République En Marche il y a quelques mois pour tenter d'avoir un poste et je n'ai rien à voir avec le projet de société d'Emmanuel Macron que je trouve injuste et méprisant".

Face aux tambouilles politiciennes, la tête de liste "Du Courage pour l'Occitanie", se veut l'incarnation d'une droite républicaine. Mais si Aurélien Pradié estime que cette droite ne doit pas s'allier avec les uns et les autres, l'idée ne semble pas faire l'unanimité dans sa famille politique.

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