Soirée électorale : reportage dans les QG de campagne à Toulouse

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(Crédits : DR)
Soulagement pour le PS, déception chez Les Républicains, confiance au Front National... Après l'annonce des premiers résultats du premier tour des élections régionales, les candidats en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées se sont positionnés dans la perspective du second tour. Déclarations et ambiance dans les QG à Toulouse.

La certitude de l'emporter pour Louis Aliot

"Je me vois bien à l'hôtel de Région", lance d'un ton assuré Louis Aliot. Aux alentours de 21 h ce dimanche soir, la tête de liste FN pour la région s'est exprimée dans son QG de campagne place Occitane, à Toulouse, devant une dizaine de militants et autant de micros de journalistes. Comme l'annonçaient les sondages, le candidat frontiste est arrivé largement en tête avec 31,83 % des voix. Derrière lui, la candidate du PS Carole Delga obtient 24,41 % des voix. En troisième position, Dominique Reynié, candidat LR-UDI-Modem recueille 18,84 % des voix. Alors, Louis Aliot se voit déjà gagnant au second tour :

"Ce bastion de gauche est en train de vaciller, il reste une semaine pour le faire s'écrouler. Battre le Parti Socialiste est possible, souhaitable et même salutaire pour l'avenir de notre jeunesse et de nos territoires. M. Reynié n'a aucune chance mais ses électeurs se reporteront en masse vers nous. Nous sommes des républicains attachés à la démocratie, nous gérerons notre région dans un esprit de concorde, de rassemblement. Notre action sera tournée vers l'ensemble de nos concitoyens quelles que soient leur origine ou leurs opinions. Nous associerons l'opposition aux décisions sans esprit de revanche."

Parmi les quelques militants présents au QG figure Maïté Carsalade, la tête de liste de la Haute-Garonne. Pour cette ancienne conseillère municipale toulousaine sous Dominique Baudis "la grosse campagne dans la ruralité avec une caravane qui a sillonné le territoire a porté ses fruits". Louis Aliot tiendra un meeting dès ce lundi soir à Perpignan puis un deuxième à Béziers, en compagnie du maire de la ville Robert Ménard.

La déception de Dominique Reynié

Changement d'ambiance à 200 mètres de là, place Wilson, où s'étaient donnés rendez-vous les sympathisants de Dominique Reynié. Ni le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, ni la présidente de la fédération Les Républicains 31 Laurence Arribagé, ni Vincent Terrail-Novès, la tête de liste du parti en Haute-Garonne ne sont présents. Seul élu, Jean-Jacques Bolzan, adjoint UDI au commerce à la mairie de Toulouse, rappelle que "nous ne sommes qu'à la première mi-temps" avant de fustiger "la tactique du PS de faire monter le Front National pour affaiblir la droite, qui a marché à nouveau".

Vers 21h30, Dominique Reynié rejoint enfin la dizaine de militants. La "déception est évidente".

"Je m'attendais à un score plus élevé. Je suis frappé par ce paradoxe : on a voulu sanctionner les socialistes mais voter à ce point pour le Front National, c'est favoriser la réélection de la gauche. Il faut choisir l'alternance constructive et non le chaos."

Le candidat Les Républicains a déclaré ne pas avoir de doute sur le soutien de son camp, explique qu'il a reçu un appel de Nicolas Sarkozy et maintient sans hésitation sa candidature dans une triangulaire au second tour. Il est néanmoins revenu sur les attaques autour de sa candidature : "J'ai fait l'objet d'un traitement particulier et les coups portés ont laissé quelques traces."

Soulagement et gravité au PS

Les journalistes attendent Carole Delga depuis plus de trois-quarts d'heure quand elle s'approche des micros installés dans son QG de campagne en plein centre de Toulouse. La mine grave, elle arrive à 22h15 entourée de certains de ses colistiers (Nadia Pellefigue, Bertrand Monthubert, Thierry Suaud, Sylvia Pinel, Thierry Cautelle) et des figures tutélaires du PS Martin Malvy, président sortant, et Georges Méric, président du conseil départemental de la Haute-Garonne. Commence alors une charge de 5 minutes contre le FN dont elle ne cite jamais le nom. Elle dénonce en revanche "l'extrême droite" à une dizaine de reprises :

"L'extrême droite, ce n'est pas la sécurité mais l'insécurité pour nos familles, nos entreprises, nos associations. L'extrême droite, ce n'est pas la croissance mais le déclassement. Elle n'a aucune proposition crédible à apporter", martèle-t-elle notamment.

Candidate du PS, du PRG et du MRC, Carole Delga estime, au soir du premier tour, avoir deux responsabilités : "Je m'engage à opérer le rassemblement le plus large et à mener une politique nouvelle dans sa vision et dans son action. Les électeurs m'ont placée en situation d'être le seul rempart contre l'extrême droite, je lance un appel citoyen aux abstentionnistes et à tous ceux qui veulent vivre dans une région ouverte, créative et solidaire." Fin du discours, Carole Delga n'avait pas prévu de répondre aux questions des journalistes. Elle laisse le soin à ses proches de le faire.

Martin Malvy, président du conseil régional jusqu'au 4 janvier, souligne des résultats "satisfaisants, meilleurs que prévu par les sondages", et insiste sur l'illégitimité du FN à gérer l'économie régionale : "Imaginez la région de l'aéronautique et de l'agriculture gérée par un parti qui veut sortir de l'Europe et de l'euro ! Au-delà de l'extrémisme, le Front National, c'est la contre-performance."

Même tonalité de la part de Georges Méric qui affirme : "Le Front National arrive en tête dans notre région comme dans 5 autres régions en France. La situation est grave. Nous devons entendre les messages des électeurs et il est de notre devoir et de notre responsabilité de nous mobiliser au second tour."

L'amertume dans le camp d'EELV

À 500 mètres de là, boulevard d'Arcole à Toulouse, Gérard Onesta, tête de liste de Nouveau Monde (EELV, Front de Gauche, PCF, Partit Occitan, Parti de Gauche) répond lui à toutes les questions des journalistes. Il ne cache pas sa déception, lui qui espérait 1 ou 2 points de plus au soir du premier tour. Gérard Onesta prévoyait d'entrer en discussion avec Carole Delga dès cette nuit : "Dans ce moment difficile, nous ne ferons pas semblant d'être d'accord sur tout mais il faut serrer les rangs. Pas de débat sur la composition de l'exécutif, ce n'est pas le moment. La bataille n'est pas gagnée, le FN a des réserves de voix et je ne veux pas prêter le flan aux critiques. Je supplie Carole Delga de ne pas faire cette erreur politique. On n'a pas de discussions de marchands de tapis face à l'hydre brune."

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Commentaires
a écrit le 07/12/2015 à 11:39 :
ils sont complétement paniquès tous des rentiers politiques.Sûrement la trouille de voir que d'autres qu'eux sont peut-être (eux) capables de gérer une région.
Chiche, on tente ?
Ce sera le bon moyen de ne plus parler du FN en cas d'échec, ou bien d'accepter l'alternance en cas de succès.
a écrit le 07/12/2015 à 10:57 :
L'autisme est manifeste chez les habitués du pouvoir. Ils ne parviennent pas à comprendre, surtout pas leurs "universitaires", les raisons véritables de l'exaspération désespérée des 3/4 des électeurs ; c'est nul d'en être là, surtout en région Occitane qui a tant été éprouvée avec l'écrasement de l'hérésie cathare. Que c'est nul !

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