Régionales : depuis 1986, comment a-t-on voté en Midi-Pyrénées ?

Pour la première fois ces dimanches 6 et 13 décembre, les électeurs de Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées voteront pour élire les 158 élus de la nouvelle assemblée régionale. L'occasion de revenir sur les résultats des cinq dernières élections régionales en Midi-Pyrénées. Des résultats dominés par la gauche, qui est au pouvoir depuis 1998. Mais l'on se souvient moins que le Front National y a gagné des sièges dès 1986.

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Évolution de la composition du Conseil régional de Midi-Pyrénées depuis 1992
Évolution de la composition du Conseil régional de Midi-Pyrénées depuis 1992 (Crédits : Objectif news)

Le Front National est donné en tête du premier tour des régionales pour ce dimanche 6 décembre 2015 avec 32 % des intentions de vote selon l'institut BVA (enquête publiée le 29 novembre dernier et commandée par La Dépêche du Midi) devant Dominique Reynié (LR) 25 %, Carole Delga (PS) 19 % et Gérard Onesta (EELV) 14 %. Au second tour, Carole Delga l'emporterait avec 39 % face à Louis Aliot (35 %) et Dominique Reynié (26 %).

Si ces tendances se confirment, la Région Midi-Pyrénées pourrait se retrouver dans une configuration inédite depuis l'organisation des premières élections régionales au suffrage universel direct en 1986 : avec une forte poussée du Front National et un Parti Socialiste affaibli.

À l'époque, Dominique Baudis devient le premier président de région élu en Midi-Pyrénées. La liste UDF-CDS du centriste récolte alors 42 sièges, à égalité avec le Parti Socialiste. Mais dès cette première élection, le Front National fait son entrée au Conseil régional en emportant 3 sièges. C'est la première apparition de l'extrême-droite dans la région.

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1986 : Dominique Baudis est élu président du Conseil régional de Midi-Pyrénées (en rose le PS, en bleu l'UDF-CDS et en marron le FN).

Six ans plus tard, en 1992, la gauche connaît une nouvelle défaite. Le PS remporte seulement 32 sièges contre 43 pour la droite. Marc Censi, qui a remplacé Dominique Baudis après son élection à l'Assemblée nationale, est réélu. De son côté, le Front National double son nombre de sièges, passant de 3 à 6. Il faut aussi noter une percée importante des écologistes. Créé à l'initiative de François Mitterrand pour concurrencer Les Verts, le parti Génération Écologie remporte quatre sièges. Les Verts eux, gagnent trois sièges. Enfin le parti Chasse, Pêche, Nature et Tradition (CNPT) obtient alors trois conseillers régionaux.

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1992 : Marc Censi est élu président du Conseil régional de Midi-Pyrénées  (en rose le PS, en vert fluo Les Verts, en vert clair Génération Écologie, en bleu la droite, en vert foncé Chasse, Pêche, Nature et Tradition et en marron le Front National).

Mais la plus agitée des élections est sans conteste celle de 1998. Le Front National recueille son plus haut score avec 8 sièges et devient arbitre du troisième tour. Le président sortant Marc Censi est deuxième du second tour avec 38 sièges contre 41 sièges pour la gauche plurielle de l'époque Jospin (qui comprend le PS, les Verts et le PCF). Les voix du Front National suffisent à élire Marc Censi. Ce dernier démissionne, espérant réunir une majorité sans les voix du FN, ce qu'il ne parviendra pas à réaliser. Martin Malvy, tête de liste de la gauche plurielle accède à la présidence du Conseil régional. La Ligue Communiste Révolutionnaire, qui a fait campagne seule, remporte deux sièges, tout comme à droite le parti Chasse, Pêche, Nature et Tradition.

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1998 : Martin Malvy est élu président du Conseil régional de Midi-Pyrénées (en rouge, la Ligue communiste révolutionnaire, en rose la gauche plurielle, en bleu la droite, en vert foncé Chasse, Pêche, Nature et Tradition et en marron le Front National).

En 2004, le mode de scrutin change, il devient proportionnel avec une prime majoritaire de 25 % pour la liste arrivée en tête du second tour. L'idée est de favoriser des majorités fortes plutôt que les petits partis. Martin Malvy est réélu avec 62 sièges sur 91. La droite connaît un sérieux revers avec seulement 21 sièges et le Front National mené par Louis Aliot conserve ses 8 sièges. La liste écologiste refuse tout accord au second tour avec le PS et disparaît alors de l'exécutif régional.

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2004 : Martin Malvy conserve la présidence du Conseil régional de Midi-Pyrénées (en rose la gauche, en bleu la droite et en marron le Front National).

En 2010, Martin Malvy remporte sa victoire la plus éclatante pour un troisième mandat avec 69 des 91 sièges contre 22 pour la droite. Il fait mieux que Ségolène Royal dans le Poitou-Charentes et devient à 74 ans le socialiste le mieux élu de France. Dans le détail : le PS obtient 36 sièges, EELV fait un retour remarqué à la Région avec 15 sièges. Les Radicaux de Gauche ont 11 conseillers régionaux. Enfin, le Front de Gauche, qui rassemble le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon et le PCF, gagnent 7 sièges. À droite, l'opposition décide de former deux groupes : Républicains et territoires, et Osons Midi-Pyrénées. À noter que le Front National perd l'ensemble de ses sièges. Le Tarnais Frédéric Cabrolier a réalisé seulement 9 % au premier tour.

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2010 : Martin Malvy conserve une nouvelle fois la présidence du Conseil régional de Midi-Pyrénées (en rouge le Front de Gauche, en verts EELV, en rose le PS, en jaune les radicaux de gauche, en bleu les deux groupes de droite).

Cette année, les régionales se tiennent dans une configuration très différente puisque Martin Malvy, à la tête de la région depuis 1998, n'a pas souhaité se représenter. Après avoir battu des records de sièges lors des derniers scrutins, il sera difficile pour le PS de se maintenir aussi haut, et les socialistes devront composer avec les écologistes qui espèrent pouvoir se maintenir au second tour. À droite, le politologue Dominique Reynié, candidat de la société civile, veut incarner le renouveau. Élu par un collège d'élus locaux Les Républicains, il est néanmoins contesté, y compris dans son parti. Enfin, le Front National, mené par le vice-président du parti Louis Aliot, pourrait profiter de la recrudescence du thème de la sécurité dans la campagne régionale après les attentats de Paris.

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