Toulouse : la difficile élaboration du budget 2015

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Jean-Luc Moudenc et Sacha Briand
Jean-Luc Moudenc et Sacha Briand (Crédits : Rémi Benoit)
Lors du conseil municipal de la Ville de Toulouse, ce vendredi 6 mars, ont eu lieu les discussions sur le débat d’orientation budgétaire pour 2015. C’est le premier budget de la Ville élaboré par la municipalité de Jean-Luc Moudenc, arrivée au pouvoir il y a un peu moins d’un an. L’adjoint chargé des Finances Sacha Briand parle d’une élaboration "longue et difficile" à cause de la baisse des dotations de l’État et de la "stratégie budgétaire du précédent mandat".

Depuis l'arrivée de Jean-Luc Moudenc (UMP) au Capitole en avril 2014, le discours de Sacha Briand, adjoint aux Finances, est constant : "La baisse drastique des dotations de l'État et la dégradation des comptes à cause de l'ancienne municipalité rendent la situation budgétaire de la Ville difficile." En conférence de presse ce matin, juste avant le conseil municipal, l'adjoint a affirmé que l'élaboration du budget était "longue et difficile" mais que le budget 2015 serait voté le 10 avril.

"Le calendrier budgétaire impose une délibération avant le 15 avril, nous serons donc dans les temps", a affirmé le maire Jean-Luc Moudenc. Pour rappel, l'opposition socialiste, ainsi que le PC, estiment que Jean-Luc Moudenc retarde volontairement le vote du budget pour ne pas brusquer les électeurs avant les départementales.

Baisse des dotations de l'État

Sacha Briand calcule que la baisse des dotations de l'État prive la Ville de 36 millions d'euros par an jusqu'en 2017 et de 234 millions d'euros sur la totalité du mandat (2014-2020). Voici le graphique qu'il a présenté ce matin en conseil municipal :

graphique finances

Un budget 2014 "mensonger"

Le 13 décembre 2013, la municipalité dirigée par Pierre Cohen (PS) avait voté un budget primitif 2014 de 772 millions d'euros. "C'était un budget mensonger", attaque Sacha Briand.

"On a voulu nous cacher la réalité de la situation budgétaire de la ville. Il y a dans ce budget 26 millions d'euros d'inscription budgétaires insincères."

Ainsi, l'adjoint aux Finances affirme que, dans le budget 2014, des dépenses ont été "sciemment omises" : 12 millions d'euros de dépenses de personnel et 4 millions d'euros de subventions distribuées. Par ailleurs, 7 millions d'euros de recettes auraient été inscrites" sans base juridique ni financière", ainsi que 2 millions de recette fiscale "surestimée".

"Nous n'avons plus aucune réserve dans la structure budgétaire de la Ville. L'ancienne municipalité a procédé à la dégradation de l'épargne et des réserves. Nous devons rétablir les comptes", répète Sacha Briand.

Pour appuyer son propos, il propose le graphique suivant, comparant la capacité d'autofinancement des 10 grandes villes françaises.

graphique budget

3 priorités

Le débat d'orientation budgétaire ne donne pas un lieu à un vote. Jean-Luc Moudenc et Sacha Briand affirment qu'ils feront des propositions pour le budget 2015 après le débat.

"Nous travaillons du matin au soir pour trouver des solutions qui éviteront de devoir sabrer dans les dépenses", souligne Sacha Briand, évoquant tout de même une piste : "il faut lutter contre l'absentéisme chez les employés municipaux, très coûteux. Nous pourrions dégager de 5 à 10 millions d'euros d'économies."

Le maire de Toulouse réaffirme néanmoins ses priorités : la sécurité, l'école et la politique de la ville dans les quartiers.

À noter

Ce vendredi matin lors du Conseil municipal, 3 délibérations ont été votées au sujet des débordements lors des différentes manifestations au centre-ville de Toulouse.

La première vise à instaurer une avance remboursable aux commerçants qui doivent changer leurs vitrines. Il s'agit d'une avance de trésorerie.

La deuxième propose d'instaurer une opération « stationnement gratuit » dans le centre-ville de Toulouse pour un samedi à définir au cours du printemps, afin de palier le manque à gagner subi pendant les manifestations.

Enfin, la troisième délibération vise à engager une action en justice contre l'État « car il a autorisé les manifestations sans assurer l'ordre public ». La municipalité réclame un dédommagement pour préjudice à l'image de la Ville.

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