Innovation : Toulouse rêve d'un dôme pour se préparer au pire

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Toulouse a dû faire face à des catastrophes majeures comme l'explosion d'AZF.
Toulouse a dû faire face à des catastrophes majeures comme l'explosion d'AZF. (Crédits : Jean Philippe Arles)
La Ville rose a annoncé le 25 septembre la création d'un centre de réponse à la catastrophe. Pour mieux se préparer par exemple aux attentats, les équipes de secours veulent travailler avec les universités et des partenaires industriels afin de faire émerger des idées innovantes. Parmi les projets envisagés : un dôme sensoriel, des capteurs dans les ambulances et des drones pour survoler les situations dangereuses.

Entre l'explosion de l'usine AZF qui a fait 31 morts et 2 500 blessés en 2001 et les attentats perpétués par Mohammed Merah en 2012, Toulouse a dû gérer des catastrophes majeures ces dernières années. "Ces événements nous ont permis de faire beaucoup de progrès sur la prise en charge des patients", relève Vincent Bounes, chef de service du Samu 31.

S'appuyer sur la recherche et les industriels pour innover

Pour encore mieux se préparer au pire, la Ville rose a annoncé mercredi 25 septembre la création d'un centre de réponse à la catastrophe qui rassemble la préfecture de Région, l'Agence régionale de santé, le CHU de Toulouse (et en particulier le Samu 31), le Sdis 31 (le service des pompiers), l'Université Paul-Sabatier et l'Institut toulousain de simulation en santé.

"Depuis des années, nous avons appris à travailler ensemble entre services des secours. Nous faisons au moins une fois par mois un exercice d'entraînement (dans une station de métro fermée, un stade ou des salles de spectacles, ndlr). Les catastrophes sont de plus en plus complexes et un seul opérateur ne suffit pas. Avec ce centre, nous voulons travailler avec les universités, des partenaires industriels ou des startups pour trouver des solutions innovantes. Toulouse est la deuxième ville universitaire de France, il faut créer des synergies", estime le colonel Sébastien Vergé à la tête des pompiers de Haute-Garonne.

Pour le responsable, l'idée du centre est aussi de pouvoir s'appuyer sur un réseau international de structures sur le même modèle. Outre le centre qui fait référence en la matière à Boston (Beth Israel Deaconess Medical Center), d'autres sites ont émergé récemment en Israël, en Chine ou dans les Caraïbes. "C'est très instructif d'avoir des retours de collègues par exemple à Tel Aviv qui sont confrontés quotidiennement à ces situations", ajoute Sébastien Vergé.

Un dôme de simulation

Le centre de réponse à la catastrophe de Toulouse est l'unique structure de ce type en Europe. Néanmoins, elle n'a pour le moment pas de budget ni de lieu dédié. Mais à terme, Toulouse rêve d'installer un dôme de simulation.

"Quand on s'entraîne il fait beau sous le soleil, ce n'est pas du tout les mêmes conditions qu'en situation d'urgence. On n'a pas l'odeur de la chair, du goudron, la fumée ou le bruit, etc. L'idée serait de recréer cette atmosphère dans le dôme pour mieux se préparer. Il pourrait servir aussi pour les personnes victimes de stress post-traumatique", décrit Vincent Bounes.

Pour ce projet, le CHU travaille en collaboration avec l'université de Toulouse et l'entreprise Cegelec. L'idée serait d'aller chercher des fonds européens pour en financer la réalisation.

Autre innovation à l'étude, installer des capteurs (température, luminosité, bruit, vibrations) dans les ambulances ou les hôpitaux pour mieux récréer ensuite en conditions réelles les événements catastrophiques. "Nous ne savons pas précisément aujourd'hui quel est le niveau de bruit ou de vibration lors d'un accident de la route", illustre le responsable du Samu 31.

Serious game et drones

Un des urgentistes de son équipe, Laurent Gout, a mis également au point un jeu pour s'entraîner à des scénarios catastrophes dans une ville recréée sur le logiciel Second Life. Le jeu multijoueur permet aux secours de s'entraîner à coopérer et a servi notamment à s'exercer au triage des patients dans les urgences.

Par ailleurs, le CHU réfléchit à expérimenter des drones. "Plusieurs usages sont possibles. Quand nous arrivons sur une catastrophe, le lieu n'est pas toujours sécurisé pour permettre l'intervention des secours. Un drone pourrait permettre de survoler la zone et déjà donner des informations importantes comme le nombre de victimes. Les drones sont aussi utilisés à Tel Aviv pour mailler le territoire et dispatcher les réserves de sang", avance Vincent Bounes. L'avenir dira quels usages technologiques seront les plus utiles pour les services de secours.

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