Le train à hydrogène va être testé près de Toulouse

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Le train à hydrogène développé par Alstom, le Coradia iLint, circule actuellement en Allemagne.
Le train à hydrogène développé par Alstom, le Coradia iLint, circule actuellement en Allemagne. (Crédits : Alstom)
À l'occasion d'un déplacement sur le site d'Alstom à Tarbes (Hautes-Pyrénées), la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, a annoncé le lancement du premier train à hydrogène en France en 2021. Aux côtés de Jean-Baptiste Eyméoud, le président d'Alstom France, l'élue régionale a précisé que cette expérimentation se déroulerait sur la ligne Montréjeau-Luchon, actuellement fermée. La France, après l'Allemagne, sera ainsi le second pays à se doter d'une telle technologie visant à réduire les émissions de gaz à effets de serre du transport ferroviaire.

Après l'Allemagne, la France sera le second pays au monde à expérimenter le train à hydrogène. Depuis le 17 septembre dernier, deux trains à hydrogène Coradia iLint, conçus par Alstom, parcourent la centaine de kilomètres qui séparent Cuxhaven, station balnéaire de la mer du Nord, et Buxtehude, aux portes de Hambourg. Si les tests sont réussis, 14 autres trains de ce genre doivent être livrés en 2021 au Land de Basse-Saxe.

Prochainement, ce sera au tour de la région Occitanie d'accueillir cette technologie pour une expérimentation. C'est ce qu'a annoncé la présidente du Conseil régional, Carole Delga, en visite mercredi 28 novembre sur le site d'Alstom de Tarbes (Hautes-Pyrénées), atelier où est conçu en grande partie cette nouvelle technologie.

"Je souhaite que la région Occitanie devienne le terrain d'expérimentation privilégié du train à hydrogène, nous sommes donc la première Région de France à avoir passé commande auprès d'Alstom en ce sens. Sur les 16 Régiolis (trains régionaux, ndlr) commandés récemment à l'industriel, 13 sont classiques mais 3 seront à hydrogène. Ces trois rames représentent un investissement de 25 à 30 millions d'euros pour la Région", a annoncé Carole Delga lors d'une allocution devant une partie des 668 salariés du site.

Ainsi, c'est la ligne Montréjeau-Luchon (communes de Haute-Garonne) qui servira de premier terrain d'expérimentation français. Pour le moment, cette ligne de 36 kilomètres est fermée depuis 2013 suite aux importantes inondations qui ont touché le département cette année-là. "Nous devons faire des travaux pour la refaire complément, alors les travaux seront effectués spécifiquement pour le train à hydrogène", a précisé l'ancienne ministre sans pour autant donner le montant de ces travaux. Elle a également ajouté que déjà "deux ou trois autres lignes dans la région" étaient étudiées avec la SNCF pour tester cette innovation.

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Le directeur du site, Benoit Carniel (à droite), présente à Carole Delga le système de pile à combustible pour le train à hydrogène. / (Crédits Pierrick Merlet)

D'autres Régions vont suivre

Néanmoins, le calendrier ne paraît pas aussi clair car il reste un certain travail de développement à réaliser. Alors, Alstom comme la Région Occitanie, souhaitent le lancement d'une phase de tests avec un train sur la ligne "en 2021-2022", puis une phase pilote avec plusieurs trains en exploitation "d'ici 2022-2023".

D'ici-là, la Région Occitanie veut convaincre d'autres Régions de passer commande à ses côtés avant juin 2019, pour accélérer le développement industriel de cette future offre de transport.

"J'ai commencé à en parler à plusieurs présidents de Région qui sont très intéressés et nous avons une réunion début décembre à Région de France où, je pense, que des annonces seront faites par d'autres Régions en ce sens", a fait savoir Carole Delga.

"Sa" Région travaille notamment avec la Région Nouvelle Aquitaine, présidée par Alain Rousset, pour tester le train à hydrogène sur la ligne Toulouse-Bayonne à terme.

Remplacer 500 trains diesel d'ici 10 ans

L'ambition d'un tel développement technologique est d'avoir un parc ferroviaire plus propre dans la lutte contre le réchauffement climatique et donc les émissions des gaz à effet de serre. Le Coradia iLint, développé par Alstom, qui émet uniquement de la vapeur d'eau et qui est silencieux, pourrait donc être une des solutions.

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40 recrutements sont en cours sur le site Alstom de Tarbes. / (Crédits : Pierrick Merlet)

"Aujourd'hui, il y a environ 1 000 trains diesel en France, et une bonne moitié de ces trains ont plus de 20 ans, et seront donc à remplacer dans 10 ans. L'objectif que nous poursuivons est d'être en capacité, quand ces matériels seront remplacés, de le faire avec des trains zéro émission. Il faut donc qu'avant 2028, nous puissions livrer une flotte de 25 à 50 trains à hydrogène, et qu'elle soit testée en conditions réelles", décrit le groupe industriel français dans un communiqué.

Pour y parvenir, en plus du soutien de la Région Occitanie qui se dit prête à l'accompagner sur le volet R&D, Alstom mise sur le Plan hydrogène. Présenté par le gouvernement le 1er juin 2018, ce plan prévoit des financements pour le développement de la mobilité à hydrogène par TER, mais aussi voiture, bus, camion et bateau.

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a écrit le 30/11/2018 à 22:10 :
Precision,
les travaux de Montréjeau/ Luchon sont figés car personne ne peut payer.La facture est passé de 34 a..69 millions d'euros.( dont 70% pour la region qui n'a pas cette somme.). et le tout pour transporter.. 20 passagers/jour en moyenne saison. 😥😡 ( certains jours 3 passagers)
Réponse de le 03/12/2018 à 10:03 :
Il serait plus opportun ( logique)a mon avis de mettre en service ce type de train sur les lignes les plus frequentées( polluantes) je pense aux lignes qui ont leur terminal a toulouse et montpellier.
a écrit le 30/11/2018 à 21:51 :
Trop fort!
La région va expérimenter le train à hydrogène sur une ligne... qui est fermée.Que la SNCF à fermé car elle n'est pas rentable( c'était même un gouffre financier.)..
La région s'obstine à relancer tous les poids morts dont l'état ne voulait plus.Ligne luchon,observatoire pic du midi. Le tout financé par des crédits qui seront remboursés par les impots. 😡😥
a écrit le 30/11/2018 à 10:47 :
Le problème est déplacé, la production d'hydrogène n'est pas neutre.
a écrit le 30/11/2018 à 9:21 :
Toutes mes félicitations à l' Occitanie ; pour que l' hydrogène soit compétitif , il faut que sa source provienne de l' énergie renouvelable , en l' occurrence , l' éolien où l' energie électrique produite sert à l' éléctrolyse de l'eau ; résultat aucune pollution et les éoliennes peuvent tournées 24h/24 . Nous avons une société francaise MCPHY qui a la technologie POWER TO HYDROGENE ; chaque module ( centrale de transformation , stockage H2, distribution) a un coût aujourd'hui de 1 million d' euros ; imaginez que ses modules soient installés aux pieds des éoliennes en France !!! la pile à combustible alimentée dans ces conditions pourrait transformer les transports non seulement ferroviaires , mais routiers ; les batteries nécessaires sur ces moyens de transports ont alors des dimensions beaucoup plus petites , par rapport au tout électrique ; Pourquoi ne le faisons nous pas ??? les chinois l' ont compris et ont décidé de sortir en 2020 , 72000 camions avec des piles à combustible ; si on appliquait cette vision des futurs transports par la pile à combustible , alimentée en hydrogène par les éoliennes , pour une fois , les ruraux seraient avantagés puisque la station à hydrogène est à leur porte ; tout les éléments du puzzle sont là et la France regarde les chinois !!!!
a écrit le 30/11/2018 à 0:20 :
La question centrale sur l'hydrogène n'est pas son utilisation, maintenant industriellement maitrisée, mais sa production, don le niveau de pollution peut varier considérablement, suivant la méthode utilisée. Il ne sert à rien de sauter comme des cabris en répétant pollution et transition énergétique si c'est pour polluer autant avec une énergie différente. Pour la voiture électrique c'est la même chose.
Réponse de le 30/11/2018 à 9:16 :
Tout à fait d'accord, il faut considérer le niveau de pollution de l'hydrogène de sa production à sa consommation.Ensuite est-on capable de produire suffisamment pour répondre à la demande future.
a écrit le 29/11/2018 à 19:33 :
bonne nouvelles que ce soit Français ou allemand nous somme condanne a allez de l avant car le rechaufement climatique continueras dans les annees a venir avec sont corteige de gros degat tres couteux pour toute les economies MONDIALES???
a écrit le 29/11/2018 à 18:20 :
ENFIN !!!!
C'est toujours mieux de faire un premier test grandeur nature. D'autant que pour l'instant on laisse l'Allemagne exploiter ce que nous fabriquons nous-même en France ! C'est quand même un comble.
Mais pourquoi attendre encore aussi longtemps ?
Dans tous les cas le transport ferroviaire est polluant (électricité ou diesel) : MAIS COMBIEN DE FOIS MOINS QUE LE TRANSPORT ROUTIER ?!
a écrit le 29/11/2018 à 17:10 :
Concrètement, l’hydrogene utilisé est fabriqué de manière propre (hydrolyse de l’eau) ou de manière sale (CH4)? Parce que si c’est fait de manière sale, l’hydrogene rejette toujours autant de CO2 lors de sa fabrication. Quid de la source d’energie utilisée pour produire cet hydrogène? Énergie renouvelable? Énergie nucléaire? Énergie fossile? Les annonces, c’est bien. Disposer du moteur et de l’infrastructure, c’est bien, mais si le cycle complet n’est pas fait, on aboutit toujours à autant de CO2.
Réponse de le 29/11/2018 à 23:13 :
Je me permet de corriger : il n'y a pas d'hydrogène propre et d'hydrogène sale
L' hydrogène peut être produit à partir de n'importe quel combustible fossile car un atome de carbone peut être converti en une molécule d'hydrogène. De plus dans ce type de production on ne génère ni oxydes d'azote , ni poussières. Je ne peux vous l'expliquer en quelques lignes. La grande différence quand on part de combustible fossile est le coût très bas de production de l'hydrogène. Pour vous donner une idée à quantité d'énergie égale l'hydrogène est bien moins cher que l'essence ou le diesel et ce sans tenir compte de la différence de rendement énergétique qui va être de plus de 50% pour l'hydrogène à comparer à un rendement pratique de 25% pour un moteur essence et un peu plus de 30% pour un moteur diesel.Pour ce qui concerne les rejets de CO2 il n'y a aucun problème, on peut capter la quasi totalité du CO2 et rejeter quelques ppm de CO2 sans surcoût.Après extraction de l'eau et du CO2 l'hydrogène est déjà à plus de 96% mole de concentration. La contrepartie mais elle n'est pas insurmontable est qu'il faut séquestrer le CO2, mais l'avantage là encore est que si vous remplacer du CH4 vous stockerer à la place cinquante fois plus de CO2 cxar le CO2 va se condenser. C'est à croire que "la nature " a été prévue de sorte que les combustibles fossiles soient convertis en Hydrogène.A quelle est belle notre planète!
a écrit le 29/11/2018 à 15:50 :
Notons que nos dirigeants européens ont passé leur temps à détruire la voie ferrée pour privilégier le lobby pétroleir via le transport routier et notons que malgré cela c'est encore le chemin de fer qui fait l'effort d'évoluer.

Tandis que côté transport routier ben rien ne bouge alors que 1000 fois plus polluant.

Tout va bien braves gens, dormez tranquille.

"Quand l’État français sabote le train" https://www.monde-diplomatique.fr/2016/06/DOUMAYROU/55773 (dossier)
Réponse de le 30/11/2018 à 0:38 :
C'est vrai que cette opération relative au train à hydrogène certes intéressante n'est pas de nature à changer notablement le degré de pollution ambiant: actuellement la majorité des trains qui circulent sont électriques donc peu polluants même si la source de l' électricité produite peut l'être et ce qui semble un plus par rapport à l'électrique est l'absence de cable en suspensions qui caractérise la ligne électrique. Il m'avait semblé cependant que l'essentiel de la pollution atmosphérique est plutôt liée à la circulation automobile notamment le diesel et les camions avec pour illustration celle de la vallée de l'Arve au pied du Mont Blanc.
Réponse de le 30/11/2018 à 8:41 :
Pollution automobile et surtout pollution maritime venant de ces porte containers débarquant en masse des millions de produits polluants eux-aussi.

Mais les camions on les laisse tranquille ainsi que les paquebots étant donné qu’ils appartiennent aux riches à savoir aux mêmes personnes qui ont acheté nos politiciens.

Par contre le citoyen lui en prend plein la gueule et de plus en plus et que nos hurluberlu ne voient rien démontre bien qu'ils sont paramétrés à cela.

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