Spatial : Comat va doubler la surface de ses locaux près de Toulouse

La PME toulousaine a annoncé lors de la visite du président du Cnes la construction d'un nouveau bâtiment de 1.400 m2 qui sera opérationnel en 2023. Doté d'une large salle d'intégration, le site sera ouvert aux startups du New Space. Comat vient de décrocher un contrat de plus de 10 millions d'euros avec Airbus et a reçu le soutien du plan de relance spatial pour trois projets.

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Comat a gagné un contrat de plus de 10 millions d'euros avec Airbus sur les satellites Onesat.
Comat a gagné un contrat de plus de 10 millions d'euros avec Airbus sur les satellites Onesat. (Crédits : Rémi Benoit)

Après 45 ans d'existence, Comat s'apprête à franchir un nouveau cap. Cette PME du spatial va doubler la taille de ses locaux à Flourens, près de Toulouse. Dotée déjà d'un site industriel de 1.800 m2, la société va investir près de deux millions d'euros pour construire et aménager un nouveau bâtiment de 1.400m2. Le nouveau site sera équipé de bureaux et d'une grande salle blanche pour l'intégration des équipements de satellites. Surtout, le bâtiment sera ouvert aux startups du New Space qui pourront venir tester leurs innovations sur les équipements industriels mis à disposition par Comat.

"Nous nous projetons pour adapter nos capacités industrielles à notre carnet de commandes. Plus qu'une extension de locaux, il s'agit de réaliser un nouveau projet dans la continuité du projet existant pour développer la filière smallsats, accompagner les startups qui nous permettent d'accéder au marché de façon plus directe et de notre côté apporter notre expertise, expérience et volonté industrielle auprès des nouveaux marchés du spatial", explique Ludovic Daudois, directeur général de Comat à La Tribune.

Le permis de construire sera déposé courant décembre pour un début des travaux attendu en mai 2022 et une livraison du bâtiment à la fin du premier trimestre 2023.

Contrat géant pour Airbus

Fondé en 1977, Comat s'est d'abord développée autour de l'exploration spatiale (une activité qui pèse encore aujourd'hui 20% de son chiffre d'affaires). Cette année, la société a par exemple réalisé le boîtier mécanique de la caméra Supercam du rover Perseverance sur Mars ou encore la partie mécanique de la pince de l'expérience Télémaque menée par Thomas Pesquet à bord de l'ISS.

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La colonne vertébrale de l'entreprise reste les satellites télécoms et d'observation de la Terre (60% de son CA). Dans ce domaine, Comat a annoncé fin novembre un contrat de plus de dix millions d'euros avec Airbus pour livrer des mécanismes pour la famille Onesat et ses 24 satellites entièrement reconfigurables en orbite. "Ce partenariat avec Airbus n'est pas nouveau mais il conforte notre volonté de passer à de la production en série et surtout de devenir un équipementier de référence pour la filière spatiale", commente Ludovic Daudois.

La troisième activité de Comat concerne les nanosatellites avec là aussi de grandes avancées. La PME a déjà décroché un premier contrat pour livrer des antennes déployables pour la constellation de nanosatellites IoT de Kinéis. D'autres contrats dans le domaine des smallsats sont attendus dans les prochains mois.

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Trois contrats via le plan de relance

Par ailleurs, Comat a décroché trois contrats dans le cadre du plan de relance pour la filière spatiale. La PME a remporté un marché de 1,2 million d'euros (financé à 70 % par le gouvernement) pour créer une ligne de produits pour les structures déployables à l'instar des antennes fabriquées pour Kinéis. Le deuxième contrat (900.000 euros, soutenu à 70% par l'Etat) vise à développer une technologie d'assemblage par soudage laser. "Il s'agit d'une nouvelle technologie de processus d'assemblage pour le monde du spatial qui permet de gagner en compétitivité et de réduire le cycle de fabrication des équipements", souligne le dirigeant de Comat. Enfin, la société va réaliser un mécanisme de pointage pour un télescope de communication laser dans le cadre du projet Coop mené par Airbus.

"Nous sommes l'exemple vivant que ces contrats d'innovation vont servir ensuite à amorcer la pompe pour ouvrir un marché. C'est un système vertueux. Nous n'avons pas la capacité seul de faire de l'innovation. L'Agence spatiale française, le Cnes nous aide et nous oriente. Ensuite, à nous d'aller capter le marché et de travailler un outil industriel capable de le produire", a souligné Benoit Moulas, le président de Comat, à l'occasion de la visite du président du Cnes dans les locaux de la société le 1er décembre.

Philippe Baptiste a rappelé lors de son déplacement "que depuis la création de Comat, des contrats ont été passés avec le Cnes".

"Ces contrats ne sont pas du tout des subventions. Ce sont des objets dont nous avons besoin et qui sont intégrés sur nos équipements. L'un des rôles d'une agence spatiale comme le Cnes aujourd'hui, c'est justement de développer des contrats avec des partenaires, que ce soit de nouveaux opérateurs, petits, moyens ou très grands", a-t-il ajouté.

Cette série de contrats va permettre à Comat de continuer à recruter. 13 postes sont actuellement ouverts (ingénieurs, chefs de projet, techniciens, préparateurs méthodes) dans la société qui compte 105 collaborateurs.

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