Hemeria va développer une plateforme générique pour les petits satellites

La PME toulousaine Hemeria vient d'être sélectionnée par l'Etat dans le cadre du programme d’investissements d’avenir pour développer une plateforme satellite de 50 kg capable de s'adapter à différents types de charges utiles et des missions à la fois civiles, militaires et scientifiques. Ce programme qui va demander 11 millions d'euros d'investissements doit permettre à Hemeria d'accélérer ses ventes à l'export en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient.

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Hemeria va développer une plateforme satellite générique de 50 kg.
Hemeria va développer une plateforme satellite générique de 50 kg. (Crédits : Hemeria)

C'est une nouvelle étape importante dans la stratégie de conquête d'Hemeria. Héritière de 30 ans de savoir-faire dans la défense et le spatial, la PME toulousaine est née en juillet 2019 suite au recentrage stratégique du groupe Nexeya sur les activités spatiales et de défense souveraine. Hemeria a livré quelques mois plus tard son premier nanosatellite baptisé Angels pour le compte du Cnes. Ce démonstrateur est un avant-goût de la future constellation Kinéis pour laquelle Hemeria va fournir 25 nanosatellites d'ici 2023.

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De premiers modèles vendus entre trois et cinq millions d'euros

Hemeria annonce ce lundi 11 octobre avoir été sélectionné par l'Etat et le CNES dans le cadre du programme d'investissements d'avenir (PIA) pour le développement d'une plateforme générique dans la gamme petits satellites (50kg). Le projet, qui va demander 11 millions d'euros, sera financé à parité par l'État et Hemeria.

"Avec Angels et Kinéis, nous sommes dans de la haute couture d'une certaine manière, puisque la plateforme n'est pas modulaire. Mais si nous voulons nous attaquer à d'autres marchés notamment à l'export, nous ne pouvons pas faire des produits à façon à chaque fois parce le prix de vente sera trop élevé. Cette plateforme sera compatible avec plusieurs types charges utiles (lidar, laser, IoT) pour des missions très différentes à la fois civiles, militaires, scientifiques. Cette modularité explique que ce produit aura un positionnement financier très compétitif sur le marché", indique Nicolas Multan, directeur général d'Hemeria.

L'entrepreneur estime que les premiers modèles seront vendus entre trois et cinq millions d'euros avec une capacité d'emporter une charge utile de 25 kg environ. La standardisation des nanosatellites est un chemin engagé par de nombreux industriels du spatial en vue de casser les prix du marché. Airbus a pris cette voie avec une version dérivée des satellites OneWeb qui pèsent environ 150 kg. "Mais dans la gamme 45-50 kg, une offre générique n'existe pas encore", pointe Nicolas Multan. Face à des concurrents européens tels que Gomspace, Nanoavionics, Clyde Space ou encore SSTL, Hemeria vise plutôt "le haut de la gamme des nanosatellites à la fois en termes de taille, de puissance, de durée de vie ou de précision". Sa plateforme satellite générique ambitionne une durée de vie de cinq à huit ans quand les produits les plus low-cost ont une garantie de deux ans seulement. Les satellites 3U et 6U ont également l'inconvénient d'intégrer difficilement une charge utile atypique.

Conquérir les nouveaux pays du spatial

Pour ce produit, Hemeria a déjà candidaté à un appel d'offres en France pour une mission scientifique et à l'étranger pour de l'observation de la Terre. Concernant l'export, Hemeria cible par exemple la Malaisie, la Turquie, les Emirats arabes unis et l'Afrique.

 "C'est une offre qui permet aux nouveaux membres de l'aventure spatiale de se payer un système et d'accéder à ce marché. Tout en sachant que l'offre commerciale à l'international ne se limite pas qu'à la plateforme satellites. Nous leur proposons un centre d'intégration du satellite en local, jusqu'à un soutien à l'utilisation de satellites voire même à l'exploitation des données. Les partenariats que nous avons noués avec CLS et Kinéis nous permettent effectivement d'adresser une offre globale à l'étranger", poursuit Nicolas Multan.

Hemeria sera prêt à livrer de premiers satellites générique à compter de fin 2023. La PME estime atteindre une capacité de production de 30 nanosatellites par an. Le Toulousain emploie actuellement 250 salariés répartis sur trois sites industriels : son siège social dans la Ville rose qui emploie à lui seul 200 collaborateurs, un site industriel de plus de 800 m2 à Angoulême et un nouveau site parisien à Villebon-sur-Yvette depuis le mois d'avril qui accueille les équipes de l'ancien site d'eolane aux Ulis. Une vingtaine de postes sont actuellement ouverts dans diverses fonctions : architectes satellites, architectes de puissance, architectes mécathermiques, techniciens d'intégration, etc.

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