Spatial : Hemeria veut accélérer sa stratégie de croissance externe

La PME toulousaine Hemeria poursuit sa stratégie de conquête. Après avoir investi dans de nouveaux acteurs du spatial (Kinéis, Unseenlabs et Prométhée) et racheté un site du groupe industriel éolane, la société veut accentuer sa croissance externe et évoluer vers les services spatiaux. Hemeria vise entre 20 et 100 recrutements en 2021.

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Hemeria prévoit de recruter entre 20 et 100 collaborateurs en 2021.
Hemeria prévoit de recruter entre 20 et 100 collaborateurs en 2021. (Crédits : Hemeria)

Jusqu'où ira Hemeria ? Héritière de 30 ans de savoir-faire dans la défense et le spatial, la PME toulousaine est née en juillet 2019 suite au recentrage stratégique du groupe Nexeya sur les activités spatiales et de défense souveraine. Dès l'année suivante, la société s'est lancée dans la croissance externe avec le rachat du site des Ulis au groupe industriel éolane. Hemeria a également participé en février 2020 à la levée de fonds de 100 millions d'euros de Kinéis, la startup spécialisée dans l'IoT spatial et soutenue par le Cnes et CLS ou plus récemment investi dans Prométhée qui veut devenir l'un des futurs Titans de l'observation de la Terre.

De nouvelles acquisitions en ligne de mire

Une stratégie de conquête clairement assumée, et qui n'est pas près de s'arrêter.

"Hemeria est une entreprise qui au-delà de fournir des équipements (électrique, composite et thermique) sur une grande partie des satellites des donneurs d'ordre européens que sont Airbus,Thales Alenia Space et OHB, se veut dynamique et entrepreneuriale. Le premier degré d'agilité repose sur l'investissement dans des sociétés qui démarrent et qui utilisent nos produits. Nous avons participé à la levée de fonds dans Kinéis à qui nous allons fournir 25 nanosatellites d'ici 2023. Nous avons également investi dans Unseenlabs qui a connu une superbe progression ces dernières années.

Nous comptons dupliquer ce type de fonctionnement pour mettre un ticket dans des levées de fonds, des startups un peu innovantes. Cela peut passer aussi par la création d'un opérateur directement au sein d'Hemeria avec des partenaires, avec des levées de fonds de type étatique, c'est à dire la BPI ou des fonds", avance Nicolas Multan, directeur général d'Hemeria.

Montée en puissance sur les nanosatellites

Le deuxième volet de la stratégie de l'entreprise est de devenir "un acteur incontournable de l'environnement nanosatellites en Europe et dans le monde". "Face à des concurrents européens reconnus tels que Gomspace, Nanoavionics, Clyde Space ou encore SSTL, le positionnement singulier d'Hemeria vise le haut de la gamme des nanosatellites à la fois en termes de taille, de puissance, de durée de vie ou de précision", relève Nicolas Multan. Du haut de gamme mais à des cadences industrielles. Pour la constellation Kinéis, Hemeria devra livrer 25 satellites en six mois. "Cela veut dire que notre outil industriel sera en mesure de produire 50 satellites par an. Cet atout nous permet d'aller faire des démarches commerciales à l'étranger", ajoute-t-il.

Pour le moment, les États-Unis ("bien desservis par les acteurs nationaux") ne sont pas dans la ligne de mire de la PME toulousaine qui cible quatre zones :  l'Asie, l'Afrique, l'Amérique du Sud et le Moyen-Orient. "Ce sont des territoires où il existe des clients intéressés pour avoir accès au spatial, mais sans forcément dépenser 150 millions d'euros comme pour un satellite traditionnel d'un grand acteur. Nous proposons un produit qui est performant (pas autant qu'un satellite traditionnel) mais à des prix d'acquisition qui représentent entre 10 et 20 millions d'euros sur un programme global", décrit le DG d'Hemeria.

Enfin, Hemeria ne compte pas rester uniquement un fournisseur de plateformes mais souhaiter intégrer dans son offre une composante de services. "Combiner infrastructures et services peut représenter vraiment le coup gagnant pour nous différencier", espère l'entrepreneur.

Dans le domaine de la défense (qui pèse 50% de l'activité, ex-aequo avec le spatial), Nicolas Multan affiche l'ambition de devenir "le leader français du maintien en condition opérationnelle (MCO) des systèmes critiques et d'être un partenaire robuste dans le développement et la réalisation des équipements sécuritaires dédiés aux grands programmes français du domaine de la défense stratégique".

Des dizaines de recrutements en 2021

Pour mener à bien tous ces projets, Hemeria compte recruter a minima 20 collaborateurs en 2021 et jusqu'à 100 personnes en cas de succès de grands contrats. Dans l'immédiat, la société recherche des architectes systèmes, des techniciens MCO ou des ingénieurs qui rejoindront l'équipe nanosatellites. La société de 250 personnes (pour 45 millions d'euros de chiffre d'affaires attendu fin juin 2021) dispose de trois sites industriels : son siège social à Toulouse qui emploie à lui seul 200 collaborateurs, un site industriel de plus de 800 m2 à Angoulême et un nouveau site parisien à Villebon-sur-Yvette depuis le mois d'avril qui accueille les équipes de l'ancien site d'éolane aux Ulis.

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