Arterris, n°1 français du blé dur, joue la carte verte

Premier producteur de blé dur en France, le groupe coopératif audois entend développer avec sa filiale meunière les Moulins Pyrénéens ses filières culture raisonnée contrôlée (CRC) et biologique. Côté distribution, Arterris lançait il y a quelques mois, Marché Occitan sa propre enseigne alimentaire de circuits courts. Retour sur cette stratégie verte.

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Le premier producteur de blé dur français Arterris s'est engagé dans un virage écologique.
Le premier producteur de blé dur français Arterris s'est engagé dans un virage écologique. (Crédits : Reuters)

"Au début du Covid, il y a eu une prise de conscience du consommateur. Aujourd'hui il veut être acteur de sa consommation, savoir ce qu'il mange et valoriser des matières premières respectueuses du travail de l'humain", explique Antoine Bernabé, directeur industriel de la filière meunière du groupe Arterris.

Cette prise de conscience, le groupe coopératif audois, acteur de premier plan dans le milieu agricole et premier producteur de blé en France l'a bien compris. Détenteur de la filiale Les Moulins Pyrénéens, Arterris souhaite développer pour cette filiale une production de farine en culture raisonnée contrôlée (CRC) et une autre biologique.

La filiale qui réunit d'une part La Toulousaine des farines, marque audoise basé à Sallèles dans l'Aude, tournée vers l'industrie et les grandes et moyennes surfaces (deux tiers de l'activité) et d'autre part l'ariégeois Moulin Mercier Capla à Saverdun, plus tourné vers la production artisanale (un tiers de l'activité ) va désormais intensifier ses efforts en matière de production plus respectueuse de l'environnement.

Car pour voir apposer le label CRC sur ses paquets de farine, il faut répondre à un certain nombre de critères stricts du champ au silo, notamment le fait que le grain de blé ne doit contenir aucun insecticide et être produit sur des installations spécifiques pour ne pas risquer d'être contaminé par du blé traditionnel. Mais aussi sur le plan social avec une rémunération dite juste pour les agriculteurs.

Ce label reconnu par le ministère de l'Agriculture en 1999 représentent 10% des blés français consommés pour l'alimentation humaine selon le ministère.

Pas d'objectifs chiffrés pour le bio

 Arterris, qui produisait en 2020 47.000 tonnes de farine, a investi 700.000 euros pour avoir un circuit dédié à la filière CRC.

"La Toulousaine produit en CRC depuis 2019. Aujourd'hui 12% de la production des Moulins Pyrénéens est issue de la filière CRC, notre objectif est de passer à 20% sur quatre ans", explique Antoine Barnabé. Une ambition forte pour la filière CRC que l'on ne retrouve pas encore pour le bio. Car si la minoterie Capla a obtenu l'agrément pour produire des farines biologiques en février dernier, le groupe ne donne aucun objectif chiffré quant au développement de cette filière.

 "Pour le moment, le volume du bio reste encore anecdotique, mais nous comptons le développer", avance le directeur industriel de cette filière qui représenterait (tout segment confondu) 20 à 30 millions d'euros sur le 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires consolidé en 2020 du groupe coopératif.

Marché Occitan, nouvelle enseigne du groupe

Lancé en ligne en novembre 2020 et en mai dernier avec un magasin physique à Balma en banlieue toulousaine (ancienne boutique des conserves Larroque), le Marché Occitan se veut une enseigne alimentaire de proximité. L'idée : "raconter l'histoire de nos produits dans un esprit d'échange. Les quatre vendeurs de la boutique sont tous passés par nos producteurs", explique Laura Trova, responsable marketing du groupe. Car les produits réunis sous l'enseigne Marché Occitan sont positionnées sur le marché du circuit court.

Sur les 500 références proposées (qui représentent tous les métiers de bouche), 70% sont issus des productions de la coopérative et 30% de partenaires locaux comme la fromagerie Marzac à Revel. Arterris prévoit d'étendre ce concept de boutique en remplaçant progressivement les boutiques Larroque et Fermiers Occitans avec d'ici cinq ans, l'ouverture d'une vingtaine de boutiques Marché Occitan. Ces dernières seront développées en propre ou en franchise. Pour l'heure, la coopérative prévoit un chiffre d'affaires de 1,5 million d'euros pour sa première boutique.

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Commentaire 1
à écrit le 31/08/2021 à 1:59
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Suite bug commentaire sauteur, donc je continue, jamais on n'a trouvé autant de bonne farine type 65 pour faire le pain, et parfois meilleur qu'au boulanger, je viens d'en faire 5 au levain, il en est même sucré tellement l est bon, la levure: celle ...

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