Crédit Agricole 31 : "La vraie concurrence viendra des GAFA"

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Avec plus de 440 000 clients, le Crédit Agricole 31 reste la première banque de Haute-Garonne.
Avec plus de 440 000 clients, le Crédit Agricole 31 reste la première banque de Haute-Garonne. (Crédits : Jacky Naegelen)
Avec plus de 440 000 clients, le Crédit Agricole 31 reste la première banque de Haute-Garonne. Mais l'institution regarde de près la concurrence. Avec l'arrivée de nouveaux acteurs et surtout l'appétit grandissant des géants du web, la banque traditionnelle imagine davantage de services digitaux.

"Notre modèle économique est quelque peu challengé", reconnaît Nicolas Langevin, le directeur général du Crédit Agricole 31 ce jeudi 29 mars à l'occasion de la présentation de ses résultats annuels. Depuis quelques années, le secteur bancaire doit faire face à une concurrence protéiforme. Il y a d'une part l'arrivée de nouveaux acteurs qui misent sur des services 100% en ligne en échange de frais bancaires très réduits. "C'est le cas d'Orange Bank (lancé en novembre dernier par l'opérateur mobile, ndlr) ou N26 également en vogue sur le digital mais pour nous ces banques proposant uniquement des services à distance ne sont pas réellement une menace. Les clients ont besoin d'avoir quelqu'un en face d'eux pour pouvoir se plaindre en cas de problème", estime Nicolas Langevin.

Autre forme de concurrence, le compte Nickel permet à n'importe qui d'aller chez un buraliste pour ouvrir un compte bancaire (sans découvert possible) avec seulement 20 euros de frais annuels. Le Crédit Agricole a depuis lancé son offre low-cost qui permet d'accéder à des services de base. "Nous avons développé une offre éco à 2 euros de frais par mois (là aussi sans possibilité de découvert, ndlr)", poursuit-il.

"Mais pour nous la vraie concurrence viendra plutôt des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon). Amazon vient par exemple de nouer un partenariat avec la banque d'investissement JP Morgan. Dans 10 ans, cela pourrait constituer une réelle menace", avance le directeur général.

Pour préparer l'avenir, le Crédit Agricole 31 investit 15 millions par an pour développer de nouveaux services digitaux. La banque réfléchit à la création d'un coffre-fort numérique qui permettrait aux clients de stocker des informations ou des documents importants (pas forcément bancaires) et ainsi rentabiliser ses lourdes charges en matière de sécurité informatique.

Un produit net bancaire en baisse

De même, face à la baisse de fréquentation des agences physiques, le Crédit Agricole 31 a opéré des regroupements d'agences en centre-ville, passant de 140 à 126 agences.

"Certaines étaient distantes de 300 mètres. Aujourd'hui, pour le client ce qui importe ce n'est pas d'avoir un distributeur en bas de chez lui mais c'est la qualité du conseil", fait remarquer Nicolas Langevin. Désormais la moitié des recrutements concerne des bac+4/5. Nous avons également doublé le nombre de conseillers en patrimoine, un segment producteur de la valeur ajoutée qui va nous aider à développer notre produit net bancaire."

En effet, en 2017, le Crédit Agricole 31 a vu son PNB baisser de 3,3% pour s'établir à près de 250 millions d'euros. Le résultat net, lui, a baissé de 1,9%, atteignant pratiquement les 70 millions d'euros. 32 rénovations d'agences sont prévues en 2018. La banque a également investi 40 millions d'euros pour reconstruire son siège social place Jeanne d'Arc à Toulouse (livraison prévue en septembre 2019). Avec plus de 441 500 clients, le Crédit Agricole 31 reste la première banque de Haute-Garonne et détient plus de 20% de parts de marché sur le secteur (la Haute-Garonne compte plus de 1,3 million d'habitants).

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