Nataïs mise sur un popcorn plus propre

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Nataïs vise une montée en gamme de son popcorn.
Nataïs vise une montée en gamme de son popcorn. (Crédits : Rémi Benoit)
Installé dans le Gers, le leader européen du popcorn Nataïs a présenté jeudi 13 septembre sa démarche "Naturellement Popcorn". Un concept qui prévoit de recouvrir les champs d’un couvert végétal afin de régénérer les sols avant plantation et limiter l’intervention humaine. Ce dispositif permet également de retenir les rejets de carbone. Nataïs compte rémunérer davantage les plantations qui auront un bilan carbone positif. Grâce à cette initiative, l'entreprise vise désormais une montée en gamme de son offre.

"Nous voulons créer l'agriculture du futur". Voici l'ambition de Michael Ehmann, le président-fondateur de Nataïs, le leader européen du popcorn basé à Bézéril dans le Gers (32). Pour atteindre son objectif, le dirigeant a présenté jeudi 13 septembre sa démarche "Naturellement Popcorn". Une initiative qui consiste en réalité à développer une approche d'agriculture durable au sein du circuit de production de l'entreprise gersoise.

Pour ce faire, la société va notamment développer auprès de ses 220 producteurs de maïs (pour 7 000 hectares de terres cultivées) la technique culturale Green Tillage. "Ce mode du culture consiste à occuper de façon permanente les sols", explique le dirigeant.

"Les parcelles qui accueilleront du maïs à éclater sont ensemencées de féveroles et phacélie (des plantes, ndlr) à l'automne qui précède les semis de maïs. Au moment du semis, ces couverts sont broyés offrant ainsi des apports nutritionnels aux plants en croissance et aux microorganismes du sol", détaille Nataïs dans un communiqué.

Cette méthode est déjà appliquée sur 40 % des surfaces cultivées pour le compte du fabricant de popcorn. Et cet acteur important de la filière agroalimentaire de l'Occitanie ne compte pas en rester là.

Une "prime carbone" pour les agriculteurs

Afin de convertir la majorité de ses producteurs partenaires à cette pratique culturale, Nataïs va mettre en place une incitation financière pour les adeptes de la Green Tillage. Au-delà, d'être favorable pour la croissance et l'entretien des cultures, les couverts végétaux sont une protection contre l'érosion des sols et surtout, ils permettent de stocker le carbone dans le sol.

"Sur un hectare, on peut capter jusqu'à 1,5 tonne de carbone. Ainsi, nous allons mettre en place progressivement dès à présent un bilan carbone pour nos producteurs de maïs. L'objectif est de calculer la différence entre le carbone rejeté dans l'air et le carbone capté dans les sols. Plus le bilan sera positif, plus la prime carbone sera importante pour eux. Pour le moment, on travaille sur une rémunération entre 60 et 80 euros par tonne de carbone fixée dans le sol. Il faut que nos agriculteurs trouvent leur compte dans ce processus de changement", explique Michael Ehmann, qui veut faire de Nataïs un acteur de la lutte contre le réchauffement climatique.

Pour calculer ce bilan carbone, l'entreprise s'est notamment associée au Centre d'étude spatiale de la biosphère. Ainsi, elle compte réaliser des prises de vue aériennes par drone ou par avion afin de quantifier la charge de carbone retenue. Ces estimations grâce aux images aériennes seront complétées par des prélèvements sur les parcelles concernées. Mais avant une généralisation du processus, des tests seront réalisés dès cet hiver sur des exploitations pilotes.

Réaliser une montée en gamme de son offre

Au-delà de l'aspect agroécologique qui justifie la démarche de l'entreprise, celle-ci veut également profiter de cette initiative pour réaliser une montée en gamme de son offre auprès de ses clients qui sont les marques du secteur agroalimentaire. En effet, Nataïs ne dispose pas de marque propre et commercialise ses produits par le BtoB et ne s'adresse donc pas directement au consommateur.

"Nous voulons mettre en avant le fait que nous avons un produit avec zéro résidu de pesticides, sans huile de palme et composé uniquement d'ingrédients naturels. Pour cela, nous travaillons sur la possibilité de proposer du contenu à nos marques clientes qu'elles pourraient mettre en avant sur les réseaux sociaux par exemple", rajoute Emilie de Marchi, en charge du marketing au sein de Nataïs.

D'ici 2020, l'entreprise veut également insérer un QR-code (à lire à l'aide de son smartphone) sur ses sachets de popcorn afin d'informer le consommateur sur l'origine du produit et sur sa démarche d'agriculture durable. L'objectif étant que le consommateur final soit, en scannant le code, redirigé vers un site web interactif qui détaille la démarche de Nataïs. Pour y parvenir, cette dernière va investir dans ce projet entre 700 000 euros et un million d'euros par an, sur les cinq prochaines années.

De nouveaux silos de stockage

"Désormais, nous sommes davantage dans une optique qualitative plutôt que de volume", concède Michael Ehmann, le président de Nataïs. Néanmoins, cette nouvelle stratégie n'empêche pas l'entreprise d'augmenter ses capacités de stockage. En effet, sur son site de Bézéril, le leader européen du popcorn vient d'inaugurer une dizaine de nouveaux silos. Ainsi, ses capacités de stockage sur place passent de 12 000 tonnes à 24 000 tonnes. Ce qui représente un investissement de 3,5 millions d'euros, dont 750 000 euros ont été apportés par la Région Occitanie via des fonds Feader (fonds européen agricole pour le développement rural).

C'est un investissement primordial pour l'entreprise qui commercialise chaque année de plus en plus de popcorn. Après avoir vendu 44 000 tonnes de maïs en 2017, Nataïs devrait en vendre plus de 47 000 cette année, dont 90 % à l'export. Une augmentation des ventes qui s'accompagne d'une croissance de son chiffre d'affaires. Après avoir atteint 47 millions d'euros en 2017, celui-ci va cette année dépasser les 50 millions d'euros.

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Commentaires
a écrit le 14/09/2018 à 16:59 :
Un grand pas pour une firme agro-industrielle mais un petit pas pour l'humanité même si c'est déjà ça...

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