Emploi des jeunes : Comment le territoire accompagne cette population (2/5)

L’accès à l’emploi des jeunes a été entravé par la crise sanitaire. Afin de tenter d’amortir cette crise de l’emploi chez les moins de 30 ans les acteurs locaux se mobilisent. Quels outils mettent-ils en place ? Quelle est leur stratégie pour attirer les jeunes dans les secteurs en tension ? Les détails.

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Certains secteurs comme l'industrie peinent à attirer des jeunes.
Certains secteurs comme l'industrie peinent à attirer des jeunes. (Crédits : DR)

La crise économique consécutive à la pandémie de Covid-19 a considérablement ébranlé l'emploi des jeunes. Selon l'Insee, en Occitanie, 29 300 des jeunes nouvellement diplômés du supérieur sont actuellement à la recherche d'un premier emploi. En ce qui concerne les jeunes peu qualifiés ou ayant quitté prématurément le système scolaire, ils représentent 15 % des chômeurs de moins de 29 ans de la région. Pour ceux en activité, ils évoluent principalement dans des professions mises à l'arrêt ou fragilisées par l'épidémie : hôtellerie-restauration, sport et animation, art et culture.

Faciliter l'entrée des moins de 30 ans sur le marché du travail est donc un véritable défi au niveau territorial et national. Au sein de l'agglomération toulousaine, des solutions existent afin d'améliorer l'accès à l'emploi des jeunes qui arrivent sur le marché du travail, en formation ou sans activité.

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Miser sur une nouvelle technique

À l'occasion de son plan pour l'emploi, l'État a mobilisé un budget de près de sept milliards d'euros pour les jeunes. Dans ce cadre, une initiative a vu le jour à l'échelle nationale, "1 jeune, 1 solution", une plateforme qui regroupe les offres d'emploi, de formation et de volontariat près de chez soi.

Dans le cadre de ce plan, un job dating a été organisé en février dernier à Toulouse. Durant une journée, les jeunes de moins de 30 ans, munis de leur CV, ont enchaîné les entretiens rapides d'une durée de dix minutes avec les entreprises qui recrutent. Sur place, une vingtaine d'entreprises et de centres de formation étaient présents avec à la clé des CDI, CDD et missions d'intérim. Pour l'embauche d'un jeune de moins de 26 ans en CDD de plus de 3 mois ou en CDI, les sociétés peuvent bénéficier d'une aide de 4 000 € afin d'encourager les employeurs dans cette voie.

Digitaliser le recrutement

La mobilisation est également locale. En janvier, Toulouse Métropole a lancé son site d'offres d'emploi. Emploi Toulouse Métropole recense près de 6 000 annonces d'emploi aujourd'hui. Autant destinée aux candidats qu'aux entreprises, la plateforme aide à trouver un emploi au plus près de chez soi ou recruter un collaborateur sur l'agglomération toulousaine. Pour les personnes sans emploi, il suffit de publier son CV ou d'en créer un directement sur le site.

"Le CV est ensuite analysé et un algorithme avancé permet de proposer au candidat les offres qui correspondent le mieux à ses attentes et compétences", explique Toulouse Métropole.

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Travailler sur l'attractivité des métiers en "tension"

Emploi Toulouse Métropole sert également de vitrine aux métiers qui attirent moins les jeunes, dits "en tension". Pour ces emplois moins attractifs, l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) d'Occitanie agit auprès des jeunes dès leur plus jeune âge.

"Sur l'industrie, nous avions des soucis d'attractivité bien avant la crise. Nous sensibilisons et incitons les jeunes à intégrer nos entreprises dès le collège ou le lycée à travers des stages immersifs en entreprise ou des colloques par exemple", confie Bruno Bergoend, président de l'UIMM Occitanie.

L'offre est supérieure à la demande et les entreprises de ce secteur ont de forts besoins en recrutement avec la reprise d'activité annoncée dans l'industrie aéronautique notamment. Afin de pallier ce déficit, la fédération envoie sur le terrain, notamment à Toulouse, des "précepteurs" qui réalisent de la sensibilisation sur les métiers de l'industrie en tension et les postes vacants auprès des jeunes demandeurs d'emploi. De plus, le pôle formation (à Beauzelle, Cambes, Tarbes près de Toulouse) de l'UIMM forme tout au long de l'année quelques 2 000 apprentis et près de 500 ingénieurs à l'usinage, au pilotage de ligne de fabrication ou encore à la technique commerciale. Le taux de réussite des contrats d'apprentissage se situe autour de 90 %. Une fois la période d'apprentissage terminée les jeunes décrochent presque automatiquement un CDI avec "des salaires jusqu'à 15 % au dessus du SMIC".

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"Malgré tout, ça ne suffit pas"

Chaque année ces centres d'apprentissage reçoivent et forment également entre 800 et 1 000 jeunes demandeurs d'emploi ou en reconversion professionnelle. Ces derniers peuvent être envoyés par des entreprises ou Pôle emploi pour réaliser des formations certifiantes et obtenir des Certificats de Qualification Paritaire de la Métallurgie (CQPM). Pour ces jeunes sans emploi, des entreprises où ils obtiendront un emploi à la suite de la formation sont ciblées au préalable. Au cours de 2021, sur les 4 000 entreprises (TPE, PME, etc.) et établissements de l'industrie et de la métallurgie existants en Occitanie, 2 000 ont été visités et des besoins en ressources humaines sur 1 500 postes ont été identifiés.

"Malgré tout, ça ne suffit pas. Sur l'année 2021, nous aurions pu prendre 100 personnes de plus au sein de notre centre de formation à Toulouse. 100 entreprises nous ont demandé des apprentis à qui ils auraient fait signer un contrat et nous n'avons pas été capables de les fournir. La demande est 10 % supérieure. Il y a trois ans, je vous aurais dit que les jeunes décrochent un CDI 6 mois après la formation au sein de l'UIMM. Aujourd'hui, ils le décrochent dès la sortie. Le marché de l'industrie dans son ensemble global est en rebond", conclut Bruno Bergoend.

À l'occasion de l'élaboration du classement des recruteurs à Toulouse de ce StartEmploi 2022, 55 % des profils attendus par les employeurs (sur plus de 10 000 intentions d'embauche) sont jeunes, sous la forme de stages, alternances ou néo-diplômés.

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