Aéroport de Toulouse : EDF Invest n'en veut plus

 |   |  683  mots
Il ne reste plus que trois candidats en lice pour racheter les parts de Casil Europe dans l'aéroport de Toulouse-Blagnac.
Il ne reste plus que trois candidats en lice pour racheter les parts de Casil Europe dans l'aéroport de Toulouse-Blagnac. (Crédits : Rémi Benoit)
D'après nos informations, EDF Invest s'est retirée de la course au rachat des parts de Casil Europe dans l'aéroport de Toulouse. Trois candidats ont déposé une proposition ferme à ce jour : Vinci, Eiffage et le groupement Ardian/Caisse d'Épargne. Mais ce dernier se positionne uniquement dans le cas d'un rachat direct des titres d'ATB.

Les candidats avaient jusqu'au 15 mars dernier pour déposer une offre ferme dans l'optique de racheter les 49,99% de parts de Casil Europe dans le capital de l'aéroport de Toulouse.

"Il ne reste plus que trois candidats : Vinci, Eiffage et le groupement Ardian-Caisse d'Épargne. EDF Invest a jeté l'éponge", confie une source locale.

Interrogé par La Tribune, EDF ne souhaite faire "aucun commentaire sur ce sujet". À noter par ailleurs que Edeis qui avait déclaré publiquement son intérêt pour l'aéroport de Toulouse, nous a indiqué le 13 mars dernier vouloir "sortir du cadre imposé par les banquiers d'affaires" pour proposer une solution de long-terme, pointant notamment le calendrier prévu pour la cession du capital "inscrit dans un cadre purement financier". Il n'a donc pas déposé d'offre à ce jour.

Vinci et Eiffage favoris

Il faut aussi rappeler que la Caisse d'Épargne a annoncé le 12 mars être candidat "au rachat des titres de l'aéroport, et non ceux de Casil Europe". En effet, la société des actionnaires chinois Casil Europe dispose d'un siège social à Paris, mais via un montage complexe elle est détenue par une autre société basée à Hong Kong, qui propose une fiscalité avantageuse. En cas de cession des titres de Casil Europe, l'opération ne serait donc pas encadrée par la législation française. "Nous ne voulons pas échapper à l'impôt sur les plus-values", a affirmé Pierre Carli, le président du directoire de la Caisse d'Épargne Midi-Pyrénées. Cette prise de position pourrait donc affaiblir leur offre car pour l'instant ce sont bien les titres de Casil Europe et pas ceux de l'aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) qui sont en vente.

"Il est possible d'imaginer une cession à plusieurs niveaux : soit des titres de Casil Europe, d'une société qui la détient ou des titres d'ATB. Mais il est certain que lorsqu'on fait une offre, il vaut mieux se positionner sur quelque chose qui est à vendre", indique à La Tribune une source proche du dossier.

Dans cette configuration, Vinci et Eiffage font office de favoris. Mais pour rappel, Casil Europe pourrait très bien renoncer à vendre ses titres si les offres ne sont pas à la hauteur de ses attentes. "Un prix de réserve a été fixé en-dessous duquel Casil Europe ne vendra pas", poursuit la même source. En 2015, la société d'actionnaires chinois avait acheté les 49,99% dans l'aéroport à l'État française pour 308 millions d'euros. Mais depuis, la plateforme a gagné deux millions de passagers annuels et engagé plus de 30 millions d'euros pour doubler la surface commerciale, créer le hall d'embarquement unique et une jetée low-cost. Des éléments qui contribuent à augmenter la valeur des parts. "Nous avons reçu des offres intéressantes", précise une source proche de la procédure.

Réunion avec le ministre de l'Économie

En attendant le choix de Casil Europe, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire va rencontrer jeudi 21 mars les représentants de la CCI, de Toulouse Métropole, du Conseil départemental et de la Région Occitanie (qui détiennent 40% dans le capital de l'aéroport, ndlr), ainsi que la sénatrice Françoise Laborde à l'origine de ce rendez-vous. Les actionnaires locaux avaient adressé une lettre au Premier ministre fin janvier pour réaffirmer "l'absolue nécessité pour l'avenir de la plate-forme que l'État n'accompagne pas cette cession de la vente de ses propres parts". Les élus veulent aussi demander à avoir accès au pacte d'actionnaires qui sera acté avec le futur investisseur.

Par ailleurs, le Tribunal de commerce de Paris rendra vendredi 22 mars sa décision sur le recours initié par trois syndicats toulousains (CGT31, FSU31 et Solidaires31) pour obtenir "la mise sous séquestre des actions que Casil Europe détient dans le capital de la société Aéroport Toulouse-Blagnac". Objectif : empêcher la revente des actions chinoises tant qu'il reste des recours sur l'opération de rachat des parts de l'État en 2015.

Lire aussi : Aéroport de Toulouse : vers une annulation de la privatisation ?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 21/03/2019 à 8:43 :
La question de fonds reste posée :
Pourquoi les Chinois investissent dans les aéroports ? Je doute que ce soit uniquement pour faire de l'argent...surtout dans celui de Toulouse, fief Airbus.
Nous sommes naïfs et certains profiteurs complices.
a écrit le 20/03/2019 à 9:21 :
Je ne juge pas des conditions d'achats, il est un peu naif de croire qu'un actionnaire privé achèterait un aéroport pour autre chose que faire du fric...mais pour ceux qui habitent Toulouse difficile de contester que l'aéroport s'est plus transformé en 2 ans que sur les 15 dernières années. C'est un outil économique, il se développe, il rapporte, et accessoirement les améliorations profitent aux passagers.
On peut effectivement débattre des conditions de vente des divers aéroports, mais c'est un monde concurrentiel ou les opérateurs privés se doivent de les développer et être attractifs économiquement pour les compagnies aériennes notamment leur plateforme...Roissy Charles de Gaulle, un des pires aéroports européens, géré par ADP, l'a compris il y a quelques années...mais ils partent de loin.
a écrit le 19/03/2019 à 18:14 :
La privatisation de cet aéroport (pilotée par Macron) est un vrai scandale : les chinois ne tiennent aucun de leur engagement mais... ne risque rien puisqu'ils ont tout pouvoir, l'Etat s'étant interdit d'intervenir (tout cela pour qu'une banque d'affaires et quelques amis du pouvoir empochent quelques millions). Le pacte d'actionnaire, scandaleux, qui revèle le dessous de carte est resté secret (l'Etat, ou plutôt ses représentants actuels se gardent bien d'afficher leur méfait), il est néanmoins analysé par mediapart. Allez jeter un oeil.
Ils veulent refaire le coup à Paris au prétexte que "le privée c'est mieux que le publique" (même si au passage ce sont l'ensemble des français qui sont spoliés au profitde quelques uns!). Les français (qui ne se sentent pas encore Gilet jaunes) vont-ils enfin réagir? Je l'espère...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :