Aéroport de Toulouse : l'inquiétude des actionnaires locaux

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Quel avenir financier pour l'aéroport de Toulouse-Blagnac ?
Quel avenir financier pour l'aéroport de Toulouse-Blagnac ? (Crédits : Rémi Benoit)
Alors que le départ du consortium chinois Casil Europe de l'actionnariat de l'Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) prend de l'épaisseur, les actionnaires locaux montent au front pour conserver un actionnariat à majorité publique. L'État s'est en effet engagé auprès d'eux à ne pas vendre les 10,01% de leur part à l'actionnaire chinois. Mais en cas de départ de celui-ci, comment pourrait réagir le gouvernement dans la gestion de ses parts ?

Depuis un an, les rumeurs quant à un probable départ du consortium chinois Casil Europe de l'actionnariat de l'aéroport Toulouse-Blagnac se multiplient. Elles semblent aujourd'hui se confirmer. D'après une information publiée par La Dépêche du Midi mardi 22 janvier, confirmée à La Tribune par l'un des candidats à la reprise, la banque parisienne Lazard a été mandatée pour gérer la vente des 49,99% de Casil. Selon nos sources, une vingtaine de candidats se sont déjà manifestés pour les acquérir.

Lire aussi : Aéroport de Toulouse : l'actionnaire chinois Casil Europe sur le départ ?

"Casil Europe ne nous a pas donné d'information officielle à ce sujet et la banque Lazard ne nous a pas contacté. Après il faut savoir ce qui est mis en vente réellement. Les parts de Casil Europe dans l'aéroport ? La société d'actionnaires Casil Europe ? Et si un nouvel actionnaire arrive, quel sera son profil ? Pour quel projet et quelles ambitions ? On sait ce qu'on perd, mais on ne sait pas ce qu'on gagne", a réagi jeudi 24 janvier Philippe Robardey, président de la CCI Toulouse, détentrice de 25% du capital de ATB.

De son côté, le maire de Toulouse et président de la Métropole, Jean-Luc Moudenc a fait savoir que "lors des réunions de conseils du mois dernier, jamais Casil n'a évoqué pareille hypothèse !".

Une lettre à destination d'Édouard Philippe

Une information qui inquiète les élus locaux sur les évolutions à venir dans l'actionnariat de l'Aéroport Toulouse-Blagnac. L'État a la possibilité depuis 18 avril 2018 et ce pendant un an, de mettre en œuvre l'option de vente à Casil Europe de ses 10,01% de parts restantes au sein de l'aéroport de Toulouse.

Lire aussi : Aéroport de Toulouse : pourquoi l'État ne veut plus céder ses 10% au Chinois Casil Europe

Devant la pression des actionnaires locaux (Région, Département, Métropole et CCI) et les agissements de Casil Europe à propos des dividendes reversés aux actionnaires, le gouvernement avait fait savoir qu'il n'activerait pas cette option de vente "pour le moment". Une victoire pour les actionnaires locaux de courte durée ? Ils craignent que le départ de Casil Europe - si celui-ci se confirme par des faits - ne fasse revoir la position du gouvernement sur la gestion de ses 10,01% restants.

"Aujourd'hui, il semblerait que le groupe Casil Europe envisage de céder ses 49,99%. Nous réaffirmons donc également l'absolue nécessité pour l'avenir de la plate-forme que l'État n'accompagne pas cette cession de la vente de ses propres parts. Nos objectifs et nos préoccupations sont centrées sur l'avenir de la plate-forme - la seule en France à être également une base industrielle stratégique - au service du territoire et catalyseur économique. C'est cette particularité, sur laquelle nous insistons auprès de vous, qui appelle la nécessité d'un traitement particulier de la part de l'État. Nous réitérons donc notre volonté de conserver à la SATB un actionnariat majoritaire public de long terme et demandons à l'État de renoncer définitivement à vendre les 10,01% qu'il détient encore", ont écrit les 4 actionnaires locaux au Premier ministre, Édouard Philippe, jeudi 24 janvier.

Une lettre qui, pour le moment, n'a pas reçu de réponse provenant du gouvernement.

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Commentaires
a écrit le 29/01/2019 à 13:12 :
Pour en savoir plus sur la mascarade de l'actionnariat chinois dans le capital de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, ne manquez pas de lire "L'empreinte du Dragon" de Jean Tuan chez CLC Editions. Jubilatoire !

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