Nadia Pellefigue dévoile les nouvelles aides régionales pour les startups

Série CES Las Vegas (1/5). À l'occasion du salon mondial de l'électronique qui se tient actuellement à Las Vegas, Nadia Pellefigue, vice-présidente de la Région Occitanie en charge du Développement économique et de l'Innovation, nous explique comment les startups sont préparées à ce rendez-vous. Elle revient aussi sur les trois nouvelles subventions régionales actées fin décembre à destination des jeunes sociétés innovantes.

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Nadia Pellefigue mènera la délégation régionale au CES de Las Vegas.
Nadia Pellefigue mènera la délégation régionale au CES de Las Vegas. (Crédits : Rémi Benoit)

La Région Occitanie envoie une délégation de 60 startups au CES (Consumer Electronic Show) de Las Vegas qui se tient du 9 au 12 janvier. Au-delà du soutien financier, quel est votre rôle dans la préparation des jeunes entreprises à ce rendez-vous incontournable de l'univers high-tech?

C'est la quatrième année que la Région envoie une délégation. Effectivement, avoir son propre stand sur le salon coûte très cher à une entreprise (1 000 dollars le m2, rien que pour l'espace, NDLR). Et puis, au lieu d'être éparpillées aux quatre coins du salon, avec la délégation, les startups sont réunies sous la bannière régionale. Cela leur permet une certaine visibilité mais aussi de montrer qu'elles sont intégrées dans un écosystème fort. L'objectif principal n'est pas d'avoir un beau stand mais bien de décrocher des rendez-vous en B2B. C'est pourquoi la Région accompagne les entreprises bien en amont du CES de Las Vegas. Nous les préparons à l'exercice du pitch, savoir présenter son innovation en un temps limité en langue anglaise. Certaines startups développent  4-5 produits en parallèle, nous les aidons à cibler le bon produit à présenter au salon. Sur place nous les mettons en relation avec la presse américaine pour décrocher des articles.

L'objectif de cet accompagnement est que le maximum de startups accède à l'Eureka Park qui est l'endroit le plus prestigieux du salon. Il ne faut pas oublier que le CES s'étend sur 44 kilomètres ! Cette année 20 des 60 entreprises de la délégation régionale seront à l'Eureka Park.

Quel est l'impact du CES sur les startups régionales ?

Le taux de conversion (volume de contrats signés, ndlr) est très bon. Certaines startups ont multiplié par quatre leur chiffre d'affaires à l'international depuis leur participation au CES.

La Région Occitanie a acté fin décembre trois nouveaux dispositifs financiers d'accompagnement des startups. Pourquoi et pouvez-vous nous donner quelques détails sur ces aides ?

Lancer sa société quand on n'a aucun capital de départ, c'est très difficile. Nous allons déployer un soutien à l'émergence (baptisé Start'oc projet, cet appel à projets pourra aller jusqu'à 5 000 euros par startup sélectionnée, NDLR).

Ensuite, nous avons observé que la Région affiche un très bon taux de création de startups (Selon une étude de l'observatoire parisien Trendeo, Toulouse est - derrière Paris - la deuxième ville française en nombre de sociétés et d'emplois créés par les startups). Le taux de pérennisation en revanche est moins bon : une startup sur deux meurt dans les deux années qui suivent sa création. On perd un potentiel de création d'emplois puisque dans sa première année d'existence, la startup est souvent composée uniquement du fondateur. Or, nous avons aussi remarqué que le taux de pérennisation remonte à 80% dans les deux ans si la startup est accompagnée. Nous avons donc lancé un dispositif pour cette période d'amorçage de la startup (entre 3 et 5 ans après la création de la société) afin que ces startups aient les ressorts financiers pour se développer (ce dispositif baptisé Start'oc process peut aller jusqu'à 50 000 euros de subvention et 200 000 euros sous forme d'avance remboursable, NDLR).

Enfin, nous avons aussi un appel à projets très sélectif (nommé Start'oc progrès) pour soutenir l'accélération des startups régionales à fort potentiel. Les jeunes pousses seront mis en concurrence et pourront toucher une aide de 1 à 2 millions d'euros. Il s'agit surtout de créer un effet levier dans l'optique d'une levée de fonds beaucoup plus conséquente en donnant une garantie aux investisseurs. Il faut savoir qu'un euro investi par la Région génère entre 6 et 12 euros de fonds par les investisseurs.

Aujourd'hui, les startups peuvent obtenir des aides financières par de nombreux biais : concours d'innovation, BPI France, collectivités... Pourquoi y a-t-il encore besoin de nouvelles subventions ?

Pour toutes les raisons évoquées plus haut et puis aussi car à la différence des États-Unis, il existe beaucoup moins de venture capital (capital-risque) et de business angels en France. ll est donc plus difficile pour les startups d'accéder à ces fonds. C'est aussi pour cette raison que le CES de Las Vegas est important.

Lors de la venue fin décembre à Toulouse du secrétaire d'État au Numérique Mounir Mahjoubi, la dizaine de startups présente a souligné "les lourdeurs administratives",  la difficulté d'accès à la commande publique pour signer des contrats avec les collectivités. Que met en place la Région Occitanie pour inverser la tendance ?

La Région Occitanie a signé une convention innovation avec l'Ugap, la centrale d'achat dédiée à la commande publique, pour intégrer les produits des startups régionales dans le catalogue. Quelques mois plus tard, la métropole de Montpellier a signé une convention similaire. Par ailleurs, lors du dernier congrès des maires de France, nous avons mis en avant sur notre stand cinq startups régionales dans le secteur des       civic tech.

À partir du mois de mai 2018, toutes les entreprises devront se conformer au RGPD (règlement européen pour la protection des données), imposant notamment à toutes les sociétés, y compris les startups d'assurer la protection des données utilisateurs. Comment la Région peut aider les startups à mettre en place ce dispositif ?

Je crois qu'il y a un enjeu à plus long-terme puisque la Région Occitanie est une grande productrice de données avec tout le secteur du spatial. Mais aujourd'hui, qui exploite les données mis en accès libre par le programme spatial européen Copernicus ? Ce ne sont pas des startups régionales mais plutôt Google qui capte nos données. L'Occitanie a lancé avec le Cnes un comité de pilotage pour créer un centre de formation régional data-scientist.

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Commentaires 2
à écrit le 08/01/2018 à 18:55
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Baratin de la com!!! et rien de concret Les resultats sont faibles.Nous devenons specialistes des salons , show en tout genre . C'est vrai que pour tous ces postes on y rencontre beaucoup de dames type relation publique .Nous venons de vivre l'experi...

le 09/01/2018 à 8:13
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Les danseuses de la republique, a l'action. Il suffit de se promener dans toutes ces manifestations pour se rendre compte de votre constat. Helas mille fois. Le charme francais ca ne suffit plus, essayons le canasson.

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