Après les régionales, la droite ouvre le débat de sa ligne politique à Toulouse

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Dominique Reynié, Laurence Arribagé et Jean-Luc Moudenc dimanche soir à Toulouse.
Dominique Reynié, Laurence Arribagé et Jean-Luc Moudenc dimanche soir à Toulouse. (Crédits : Florine Galéron)
Jean-Luc Moudenc, le maire LR de Toulouse, a appelé à l'unité de la droite pour "la reconquête des électeurs partis vers le Front National" à l'annonce des résultats du second tour des régionales. Il souhaite ouvrir un débat sur la ligne politique de son parti. En ligne de mire notamment : la primaire pour les élections présidentielles.

D'emblée dimanche soir, le maire LR de Toulouse Jean-Luc Moudenc a fait état du constat qui s'imposait après les résultats défavorables de la liste de l'union de la droite et du centre :

"Une partie des Républicains nous a quitté pour aller vers le Front National et une grosse partie de notre électorat se trouve dans le camp de l'abstention. Nous devons parler aux abstentionnistes et aux électeurs du FN pour les reconquérir. 95 % d'entre eux ne sont pas des gens d'extrême droite", a t-il déclaré, dans un hôtel de la place Wilson à Toulouse, où s'étaient réunis élus et militants autour du candidat Dominique Reynié.

À l'issue du second tour, le chef de file régional pour Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées a recueilli seulement 21,32 % des suffrages, 23 points derrière la gagnante socialiste Carole Delga et 11 points derrière la liste Front National de Louis Aliot.

Plus à droite sur la sécurité et plus au centre sur les sujets de société ?

Pour Jean-Luc Moudenc, ces résultats appellent à rediscuter de la ligne politique de la droite. Le président de Toulouse Métropole a rappelé que deux échéances cruciales attendent les Républicains : fin janvier d'abord avec l'élection des représentants des instances départementales du parti, puis fin 2016 avec la primaire pour désigner le candidat de la droite aux élections présidentielles. Le débat sur la ligne politique est donc selon lui "un challenge dont le parti ne peut pas faire l'économie, même si l'équation est difficile". Et pour cause :

"Je mets en garde ceux qui veulent aller plus à droite, car les électeurs ont tendance à préférer l'original à la copie : le risque est de faire monter encore davantage le FN. Mais attention aussi en allant trop au centre et en se séparant de l'aile droite : cela renforcerait également le FN.

Il faudra décortiquer un à un les problèmes des Français et en particulier de ceux qui nous ont quitté pour aller vers le FN. Sur certains sujets il faudra aller plus à droite et sur d'autres plus au centre".

Une mise au point nécessaire également selon la députée Laurence Arribagé, présidente de la fédération de Les Républicains en Haute-Garonne : "Il va falloir tous se remettre en cause et se rappeler ce fameux premier tour où le FN est arrivé en tête dans quasiment toutes les régions. C'est à nous, Les Républicains, de rediscuter de la ligne politique de la droite".

"Sur l'économie, l'immigration, la sécurité il faut peut-être être plus à droite. Et sur des sujets sociétaux, aller plus au centre", propose-t-elle.

L'UDI 31 demande "un changement des pratiques politiques"

À la fin de son discours hier soir, Jean-Luc Moudenc a appelé la droite à s'unir autour de Dominique Reynié au Conseil régional : "En 2010 les conseillers régionaux se sont scindés en deux groupes. Ils ont été inaudibles pendant des années. Quand la droite et le centre sont divisés, nous perdons les élections. Quand nous sommes unis, nous l'emportons."

Un discours qui laisse sceptique le président de l'UDI 31, Jean Iglésis :

"Le constat des professionnels de la politique est un peu léger. J'ai l'impression d'avoir assisté ce week-end à une simple posture sur les plateaux TV. Il faut véritablement tirer les conséquences des résultats".

Le centriste appelle ainsi à agir en instaurant le non-cumul des mandats et à "changer les pratiques politiques en limitant à un seul mandat pour favoriser le renouvellement de la classe politique".

En tout cas, selon Jean-Luc Moudenc "si nous ne tranchons pas, notre famille politique n'aura pas d'avenir".

Ce débat intervient alors que Les Républicains tenaient leur bureau politique ce lundi matin. Nicolas Sarkozy a annoncé qu'un conseil national consacré à la ligne idéologique du parti serait convoqué les 13 et 14 février. Il est également envisagé d'avancer avant l'été la primaire prévue en novembre, afin que LR se dote d'un vrai leadership. Le président des Républicains a évincé la numéro 2 du parti Nathalie Kosciusko-Morizet, accusée de ne pas respecter les consignes du parti. Au lendemain du premier tour, cette dernière s'était opposé à la stratégie "ni fusion, ni retrait" face au Front National.

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Commentaires
a écrit le 15/12/2015 à 2:18 :
C'est vrai, devoir penser sa ligne politique et accessoirement l'adéquation des têtes de liste avec celle-ci avant les élections serait... gênant. Bande de charlots ces politiques.
a écrit le 14/12/2015 à 23:33 :
La grande question : Comment recommencer à se faire du pognon, mais cette fois, plus discrètement...

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