Régionales : les déceptions de Louis Aliot et Dominique Reynié

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Louis Aliot à son QG à Toulouse dimanche soir.
Louis Aliot à son QG à Toulouse dimanche soir. (Crédits : Florine Galéron)
Après la victoire de Carole Delga, Dominique Reynié s'est dit "déçu des scores de la droite" et des "coups bas" y compris dans son propre camp au cours de la campagne. Au Front National, Louis Aliot qui ne siégera pas voit dans le score de l'extrême droite un "résultat prometteur".

Avec seulement deux petits points de plus qu'au premier tour, Louis Aliot n'a pas réussi son pari "de faire barrage à la gauche" comme il l'espérait cette semaine. Le chef de file du Front National en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées arrive en deuxième position avec 33,87 % des suffrages, pratiquement dix points derrière Carole Delga. Alors que parviennent les premiers tendances dès 19h30, son QG de campagne dans le centre de Toulouse est presque quasi vide hormis la quinzaine de journalistes présente pour couvrir l'élection. À 20 heures pile, Gilbert Collard, député FN du Gard et membre du bureau politique, dénonce la stratégie du gouvernement pour faire barrage au Front National :

"Beaucoup d'électeurs sont tombés dans le piège de la propagande d'État, ils ont cru au scénario du retour des Dents de la mer inventé par Manuel Valls".

Avant d'afficher un optimisme vis-à-vis des résultats : "Je suis serein. C'est une défaite victorieuse, une étape. Seul contre tous, nous sommes désormais le seul parti d'opposition".

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Gilbert Collard au QG de campagne du FN à Toulouse (Crédit : Florine Galéron).

Louis Aliot ne siégera pas au Conseil régional

Une heure et demie plus tard, c'est au tour de Louis Aliot de prendre la parole. Il tient d'abord à remercier ses électeurs "qui vont forcément être déçus par le résultat". Lui qui disait au soir du premier tour qu'il "se voyait bien à l'hôtel de Région" ne siégera finalement pas au Conseil régional. Le frontiste visait le fauteuil de président mais pas celui de simple conseiller régional et il s'était positionné en cinquième place de sa liste dans les Pyrénées-Orientales. Louis Aliot a dressé un tableau noir de ce qui attend la région selon lui :

"La gauche va continuer son travail de sape, avec les résultats que l'on connaît : le chômage, la fermeture des services publics, l'immigration, le clientélisme..."

Le candidat estime que la progression du FN peut paraître "modeste en pourcentage", mais qu'elle est "très importante en nombre de voix, ce qui est prometteur pour l'avenir". Et d'ironiser : "Nous aurons le groupe le plus nombreux à l'assemblée régionale, puisque la gauche est formée d'une coalition de huit formations politiques".

 La déception de Dominique Reynié

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Dominique Reynié dans un hôtel toulousain devant les militants (Crédit : Florine Galéron).

La déception était encore plus grande parmi Les Républicains. Dominique Reynié, chef de file régional pour Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées, a recueilli 21,32 % des voix au second tour. Les cadres locaux du parti ont beau rappeler que la région est un fief historique de la gauche, il n'empêche qu'en 2010, Brigitte Barèges avait récolté 30 % des suffrages en Midi-Pyrénées dans un duel avec Martin Malvy. De son côté, Raymond Courderc avait réuni 25 % des voix malgré une triangulaire avec le Front National.

"Bien sûr que je suis déçu, confie Dominique Reynié. La région n'est plus ancrée à gauche mais elle n'a pas basculé en notre faveur. Le Front National nous prend beaucoup de suffrages pour rien, car Louis Aliot ne siégera pas. Il a juste fait cette campagne pour se faire voir".

Nouveau en politique, Dominique Reynié s'est également dit déçu "du comportement de certains politiques qui sont mesquins et qui font de la basse politique". "Je sais que cela peut paraître naïf mais il ne faut pas l'accepter. C'est déloyal en particulier quand cela vient de sa famille politique. Cela a pu m'empêcher de grappiller des points lors du scrutin", estime-t-il.

Un peu plus tard, en s'adressant aux militants, le politologue a fait remarquer que "le scrutin, qui s'est déroulé après une succession sans précédent de drames, n'est pas significatif". En conséquence, Dominique Reynié a appelé ses soutiens à ne pas "prendre des décisions à la hâte", d'autant qu'il ne faudra pas "beaucoup de semaines à la majorité avant d'être en difficulté".

Dans la soirée, le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole Jean-Luc Moudenc a appelé les militants "à faire l'unité autour de Dominique Reynié au sein du Conseil régional", où le professeur de sciences politiques a prévu de siéger.

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 Dominique Reynié, Laurence Arribagé, Jean-Jacques Bolzan et Jean-Luc Moudenc (Crédit: Florine Galéron).

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Commentaires
a écrit le 15/12/2015 à 2:21 :
Belle synthèse s'il en est de notre malaise: titrer sur la déception de ceux qui ont en gros permis à 2/3 des électeurs de se voir bafoués... Presse et politique se complète bien. On repassera donc pour un article évoquant le malaise des électeurs de se trouver représentés par une faction minoritaire grâce au régime des partis qui a imposé une ligne et des têtes de listes ridicules.

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