De retour de Namibie, l'ex numéro 2 de l'IoT Valley sort un livre sur son aventure

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L'ex vice-président de l'IoT Valley Vincent Lemonde publie un roman graphique au mois d'août pour partager son aventure africaine
L'ex vice-président de l'IoT Valley Vincent Lemonde publie un roman graphique au mois d'août pour partager son aventure africaine (Crédits : Warimisa)
Après 17 mois passés en Namibie, l’ex numéro 2 de la Tic Valley (maintenant IoT Valley), Vincent Lemonde, s’apprête à publier un roman graphique sur son aventure au sein d'une tribu Himba. Retour sur une expérience humaine extraordinaire qui a profondément changé cet accro aux nouvelles technologies.

Qu'allez-vous raconter de vos 17 mois passés en Namibie dans le roman graphique Kilum : rencontre avec les Himba qui sort le 23 août prochain ?

Ce livre matérialise la manière dont l'immersion dans la tribu namibienne Himba m'a bouleversé. Un bouleversement dans mes habitudes et dans ma vision du monde. Tout d'abord, je suis passé d'une lutte constante avec la nature (se protéger de la pluie, climatiser l'été, chauffer l'hiver), à une communion avec le cycle des saisons, je dirais même une sorte de fatalisme envers les intempéries. J'ai aussi vécu la transition du confort physique permanent au dénuement le plus total du quotidien dans une hutte sans eau courante. Intégrer le village de Kongonda, c'est aussi brusquement cesser de vivre à cent à l'heure pour enfin prendre le temps, vivre au rythme du soleil. Mais surtout, je suis passé d'un mode de vie individualiste et solitaire à la vie en communauté. L'élément fondamental que je souhaite retranscrire dans cette bande dessinée est la découverte d'un vivre ensemble hors du commun entre des personnes qui n'auraient jamais dû se rencontrer.

Vincent Lemonde

"Kazehirwa me montre comment on retire les quatre dents du bas, signe de reconnaissance du peuple Himba". Crédit: Warimisa

En décembre 2015, après une année passée en Afrique - votre projet initial - vous avez dû revenir en France pour vous faire opérer d'une double hernie discale. Pourquoi avoir décidé de repartir cinq mois, jusqu'en mars dernier ?

La question est plutôt : pourquoi ne pas repartir ? J'avais besoin de prendre des nouvelles des personnes que j'avais rencontrées. À mon arrivée, je n'avais ni femme, ni enfant et j'ai donc été considéré comme un enfant moi-même. Le chef du village m'a adopté au sens premier du terme. La famille Mutambo m'a accueilli, s'est occupé de moi et nous sommes devenus très proches, je ne pouvais pas partir sans me retourner.

Comment votre retour au village de Kongonda s'est-il déroulé ?

Tout a fait naturellement. J'ai réintégré ma hutte. Celle dont la construction avait d'ailleurs déclenché mes hernies : porter un toit de bois et de chaume de 500 kg, même à plusieurs, n'est pas chose aisée... Ainsi, j'ai repris mes habitudes au village. Mémé, ma mère adoptive, m'a dit "tu es pâle et gros, tu dors avec quelqu'un ?". Elle a eu du nez puisqu'effectivement, j'avais rencontré ma compagne Aurélie entre-temps. Ils ont insisté pour la rencontrer et elle est venue en Namibie au mois de mars. Il nous ont alors fait la surprise de célébrer notre mariage traditionnel.

Aurélie

Aurélie, compagne de Vincent Lemonde en habit de mariage traditionnel, accompagnée de Kazehirwa, sa sœur au village. Crédit: Vincent Lemonde

Quel est votre meilleur souvenir ?

J'en ai énormément ! Mais si je dois en choisir un, c'est une transformation qui s'est déroulée sous mes yeux. Au départ, j'étais le seul homme blanc. Considéré comme un touriste, j'ai reçu beaucoup de réactions agressives. Un des habitants du village - je suis incapable de vous épeler correctement son nom - voulait me tuer, au sens propre. Puis, avec le temps, il a vu que je mangeais avec eux, sans assiette comme eux, la même nourriture, que j'apprenais leur langue... Au fil des mois, j'ai vu son regard changer et passer de la haine à l'amitié. C'est une belle leçon : ne jamais juger une personne trop vite. Cet homme est aujourd'hui un très bon ami avec lequel je suis toujours en contact.

Votre pire souvenir ?

Je dirais quand j'ai été empoisonné. Oui empoisonné ! Environ six mois après mon arrivée, je me suis acheté un 4x4 car cela devenait vraiment compliqué de me déplacer sur des centaines de kilomètres avec seulement un vélo. Puis, j'ai proposé aux habitants de Kongonda de venir avec moi pour découvrir les richesses de leur pays : c'est lors d'une de ces balades que Mémé a vu un éléphant pour la première fois. Mais ce luxe a suscité la jalousie des villages voisins. Peu de temps après, des chèvres de Kongonda ont été empoisonnées avec un mélange très local à base de cactus. Seulement, comme la nourriture est rare, nous avons tout de même mangé cette viande. J'ai eu l'estomac plus fragile que les autres... Cloué au lit pendant plus de 48h, j'étais vraiment mal en point. Heureusement, ma famille adoptive s'est très bien occupé de moi, comme d'un enfant malade. Ils étaient très prévenants.

Chèvre

Vincent Lemonde trait les chèvres du village dont la viande l'a une fois empoisonné. Crédit: Warimisa

Vous étiez le numéro de la Tic Valley ( ex IoT Valley) et chef d'entreprise avant de partir. Pensez-vous redevenir un jour une personnalité de la tech ?

Pour l'instant, j'ai rejoint Aurélie en Bourgogne et je conseille une équipe du Laboratoire électronique, informatique et image de l'université de Dijon sur la valorisation de leurs recherches en intelligence artificielle. Ils devraient bientôt lancer une startup dans le bâtiment intelligent, mais je n'en ferai pas partie. Dans quelques temps peut-être, je monterai mon entreprise, qui sait? Toutefois, pour l'instant, je préfère me consacrer à la publication de mon livre. J'ai réussi à quitter une vision du monde technologique et individualiste pour un mode de vie plus ouvert à la communauté. Je n'abandonne pas mon attrait pour les objets connectés et les nouvelles technologies mais sans grand projet qui me retienne ici car dans l'avenir, je prévois de retourner autant de fois que je le pourrai en Namibie.

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