Métro à Labège : Jean-Luc Moudenc ne veut pas jouer "petit bras"

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Après les prises de positions de plusieurs chefs d'entreprises de Labège et l'appel d'Alain Di Crescenzo pour une ligne de métro reliant Labège dans les 5 ans, le président de Toulouse Métropole a tenu à s'expliquer. Il souhaite offrir à Labège la "Rolls" des transports en commun.

Le sujet n'en finit plus de faire débat. Alors que le Sicoval a annoncé ne pas vouloir renoncer au PLB et que plusieurs chefs d'entreprises se sont faits entendre pour dénoncer des querelles politiciennes mettant en danger le développement économique de leurs sociétés, Alain Di Crescenzo avait rappelé l'importance d'un "compromis pour que le métro arrive au Sicoval dans les 5 ans à venir".

Face à cette polémique, le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole Jean-Luc Moudenc, partisan d'une troisième ligne de métro, a tenu à s'exprimer sur LaTribuneToulouse.fr et justifie les raisons de son choix.

"Pour l'économie de notre grande agglomération toulousaine, disons oui à la desserte de Labège par la 3ème ligne de métro !

Les difficultés de déplacement que nous connaissons aujourd'hui pénalisent l'attractivité de Toulouse et de son agglomération. Nous savons que certaines entreprises renoncent ou retardent leur implantation sur notre territoire parce qu'elles craignent de trop lourdes difficultés de déplacement.

Pour sortir de cette situation, la seule réponse possible et efficace doit être un projet structurant, adapté aux enjeux et à l'échelle de l'agglomération.

Le prolongement de la ligne B, je l'avais initié en 2006. Il aurait dû être inauguré en 2013, mais il a été sabordé par mes successeurs, dès 2008.

8 ans plus tard, il faut se rendre à l'évidence : ce projet du XXème siècle n'est plus le choix de l'ambition et de la modernité pour Labège.

Maire de la ville-centre de la grande agglomération, je n'ai pas l'intention de jouer "petit bras" pour notre économie locale.

C'est pourquoi je défends l'idée d'une desserte de Labège par la 3ème ligne de métro.

C'est d'autant plus nécessaire que près d'un million d'habitants et 48% des emplois de notre agglomération bénéficieront de la 3e ligne de métro. Qui peut ne pas souhaiter connecter le sud-est de notre agglomération à cette formidable infrastructure ?

Quel entrepreneur peut y voir un danger pour le développement de Labège, alors qu'elle apportera tant de croissance économique ?

Non, je ne laisserai pas faire ceux qui veulent me pousser à offrir à Labège une desserte au rabais quand on peut lui offrir la "Rolls" des transports en commun !

Véritable colonne vertébrale, la ligne Colomiers-Blagnac-Toulouse-Labège reliera entre eux tous nos grands pôles d'activité, d'est en ouest, et, en plus, les mettra en connexion directe avec nos principales infrastructures de transport : zone aéroportuaire, future gare TGV et, optionnellement, les gares de Colomiers et Labège.

C'est le trait d'union indispensable et décisif au développement futur de l'activité économique et de l'emploi.

Une liaison directe avec la zone aéroportuaire, la future gare TGV, des communications nouvelles possibles entre les principaux bassins d'emploi, une jonction avec les lignes A et B qui, elles, desservent les grandes zones d'habitation de la métropole, quel chef d'entreprise ne verrait pas l'immense potentiel de croissance que recèle ce projet ?

Les métropoles ont été créées pour veiller au développement harmonieux des agglomérations et transmettre aux entrepreneurs de demain des solutions viables dans le long terme.

Pour ce qui est de la nôtre, je veille à ce que la répartition des bénéfices territoriaux amenés par chaque nouvelle grande infrastructure s'organise dans un esprit égalitaire. Grâce à ce plus grand projet de transports en commun de France (hors Paris), tous nos territoires doivent prospérer, au service de notre écosystème et donc de l'emploi local.

Tracer la 3ème ligne de Labège à Colomiers, voilà un projet à la hauteur des enjeux.

Un siècle après le formidable défi de l'Aéropostale, unissons nos énergies et préparons-nous, sans perdre de temps, à relier tous nos territoires d'envol."

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Commentaires
a écrit le 31/03/2016 à 0:35 :
Pourquoi pas un référendum.Pourquoi ne pas demander leur avis aux Toulouais. Par internet par exemple.
a écrit le 30/03/2016 à 18:47 :
Mon cher Gabriel
Votre prénom me dit quelque chose.
J'ai parlé de la date d'ouverture de la troisième ligne et non de la ligne elle-même.
D'abord pour des raisons techniques, la première ligne s'est faite en 8 ans, avec une démarche administrative inachevée pour faire tous les quais à 52 mètres.
On nous a dit que la deuxième ligne avait été faite dans la foulée, ce qui a pris quand même 14 ans. Et pour la troisième ligne, le financement risque de créer une "guerre civile" à Toulouse, va-t-on emprunter encore plus, va t-on vendre un monument, va t-on céder son exploitation à un pays étranger?
Et la raison non technique est la parole de Jean-Luc Moudenc qui ne pèse pas lourd, il nous avait promis 0% de hausse des impôts et 0% d'endettement d'endettement en plus.
On pourrait parler de la ligne G qui était son idée présentée dans le livre blanc en 2007, et qu'il a essayé de torpiller par tous les moyens, notamment par une variante passant par le stadium, mais n'assurant pas de correspondance avec la ligne B.
Enfin, le secteur Saint-Cyprien Compans se situe bien sur les boulevards, il est très mal desservi, les cadences des bus 1 et 45 sont trop faibles, ils ne roulent pas le dimanche et les jours fériés, alors que lundi, lendemain de Pâques, les marchés étaient ouverts.
Je pense que l'amélioration de la desserte des boulevards qui sont quand même en centre ville devrait être prioritaire, c'était aussi le voeu de Jean-Luc Moudenc en 2007 qui prévoyait un tramway ou bus en site propre.
Voyez où nous en sommes, le score de la liste Delga à Toulouse bien plus élevé que dans le reste de la métropole sonne comme un désaveu pour la politique du maire, il devrait en tirer la leçon qui convient.
Je suis désolé de vous décevoir, les toulousains se sont trop abstenus de voter en 2014, ils se sont bougés en décembre 2015.
Bonne journée.
a écrit le 29/03/2016 à 20:40 :
Cette troisième ligne de métro ne desservira pas le secteur de l'octogone entre Saint-Cyprien et Compans Caffarelli.
Le projet de bhns-ouest contribuait à combler cette lacune qui concerne les secteurs les plus denses du centre-ville. A proximité, il y a une université de renommée mondiale.
C'est vrai que dans les années 60, c'était la galère pour aller du centre-ville à la faculté des sciences de Rangueil. Les étudiants qui en ont pâti s'en sont sortis, mais ils ont coûté cher à leurs parents qui ont du faire des sacrifices pour leur acheter une voiture.
Ce même phénomène se poursuit,
L'étudiant a peut-être besoin d'une voiture pour le trajet domicile familial Toulouse, mais il faut lui réserver un espace de stationnement pour la semaine durant laquelle il n'utilisera que les transports en commun.
Il y a aussi des travailleurs qui louent une chambre et qui vont le samedi et le dimanche dans leur domicile lointain.
La date de 2024 pour l'ouverture de la troisième ligne n'est pas crédible pour des raisons autres que techniques.
Réponse de le 30/03/2016 à 15:31 :
dites moi pour quelles raisons cette 3 âme ligne n'est pas crédible autres que technique ??? cher buffepoudre car votre premier argument ne tient pas la route dans la mesure ou vous avez non seulement le métro mais un maillage de bus suffisant !!!

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