Arrêt du PLB : furieux, le Sicoval lance le hashtag #MerciJeanLuc

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(Crédits : Twitter)
Le Sicoval a confirmé ce mardi 1er mars l'arrêt des négociations avec Toulouse Métropole sur le prolongement de la ligne B du métro jusqu'à Labège. Très remontée après l'abandon du projet, la collectivité a lancé une campagne sur les réseaux sociaux à l'encontre de Jean-Luc Moudenc, le président de la métropole toulousaine.

"#MerciJeanLuc", c'est via ce hashtag ironique sur Twitter que le Sicoval a dénoncé ce mardi 1er mars la fin des négociations engagées à la mi-décembre avec Toulouse Métropole pour parvenir à un consensus sur la desserte en métro du sud-est de l'agglomération.

"Nous prenons acte avec colère de l'enterrement du PLB. Il va falloir expliquer à des milliers de Toulousains qu'ils vont devoir encore passer des heures dans les bouchons pendant de très nombreuses années", a réagi ce mardi après-midi Emmanuel Auger, directeur de cabinet de Jacques Oberti président du Sicoval.

Le directeur de cabinet était pourtant optimiste encore ce mardi matin sur l'issue des négociations. Dans un entretien accordée à La Tribune Toulouse, il expliquait que la possibilité d'"un 'PLB bis' qui relierait Labège à la 3e ligne [restait] d'actualité".

Mais, coup de théâtre dans l'après-midi :

"Jacques Oberti a eu un échange téléphonique avec Jean-Luc Moudenc. Celui-ci lui a signifié que, pour lui, les négociations étaient finies et qu'il n'irait pas au-delà de la proposition d'un aérotram entre Ramonville (terminus de la ligne B du métro) et l'INPT. Cette hypothèse de l'aérotram est une très mauvaise idée, encore plus mauvaise que l'option d'une tramway ou d'un bus en site propre proposée il y a quelques années par Pierre Cohen. Lundi encore, nous étions optimistes et avions bon espoir de trouver une solution. Deux camps s'affrontaient dans l'entourage du maire de Toulouse et entre temps manifestement, c'est la ligne dure qui l'a emporté", poursuit-il.

"Une erreur politique" pour Georges Méric

Le président du Conseil départemental de la Haute-Garonne Georges Méric a également critiqué cette décision : "C'est une erreur politique de Jean-Luc Moudenc car le projet du PLB est financé et prêt à être lancé et répond à l'urgence de désenclaver le sud-est toulousain."

Même déception du côté de Hervé Schlosser, président de l'association PLB et vice-président de l'IOT Valley: "Je suis plus que déçu. Je trouve ça regrettable que le développement économique du 2e pôle d'activité de l'agglomération soit soumis à des querelles de clochers entre deux collectivités voisines. Le tracé était sécurisé, l'enquête publique avait rendu un avis positif et le financement était arrêté. Ce projet était un véritable enjeu pour le désengorgement de Labège et cela aura nécessairement des conséquences sur des implantations futures ou le développement de certaines entreprises à moyen terme."

Contacté par la rédaction, Jean-Luc Moudenc, le président de Toulouse Métropole, a préféré garder le silence. "Nous continuons le dialogue et la recherche d'un compromis. Cela nécessite de maintenir des relations apaisées. Nous ne briserons pas le silence médiatique auquel nous nous étions astreints de part et d'autre, précise l'entourage du maire de Toulouse. C'est pourquoi nous ne ferons aucune déclaration."

Même tonalité du côté du vice-président en charge des Transports et président du Syndicat Mixte des Transports en Commun Tisséo, Jean-Michel Lattes. Dans l'entourage des élus, on assure que "le dialogue se poursuit de manière très constructive et apaisée afin de trouver un compromis".

Pour rappel, les deux collectivités avaient jusqu'au 8 mars pour valider la déclaration des travaux pour le prolongement de la ligne B du métro à Labège, mais le comité syndical de Tisséo qui devait se tenir ce mercredi 2 mars, a finalement été reporté. Dès lundi, Arnaud Lafon, maire LR de Castanet-Tolosan et vice-président en charge des Transports au Sicoval a expliqué à La Tribune Toulouse que cette annonce "[enterrait] définitivement le dossier au profit de la 3e ligne de métro, privilégiée par Toulouse Métropole", il dénonçait aussi l'augmentation des impôts décidée par Jean-Luc Moudenc "sans aucune contrepartie" pour les habitants de l'agglomération toulousaine.

Pas de métro à Labège avant 2024

Selon le directeur de cabinet de Jacques Oberti, "les discussions sur la 3e ligne se poursuivront mais l'hypothèse d'une solution rapide est morte. Il n'y aura pas de métro à Labège avant au moins 2024. Cette échéance évoquée par Jean-Luc Moudenc me paraît même bien illusoire."

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Commentaires
a écrit le 02/03/2016 à 10:02 :
Désinvolture vis à vis des sommes déjà engagées, incapacité à construire de la continuité dans les grands projets de la solidarité des territoires. Le maire de Toulouse nous ruine et nous ratatine sur la concurrence des territoires et le clientelisme local. Et si Labege, Castanet... entraient dans la métropole ? Comment evoluerait la situation ?
En tout cas le pouvoir local c'est la guerre locale !

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