Vote du budget 2012 : Pierre Cohen défend sa politique d'investissement

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Le conseil municipal de Toulouse a adopté un budget primitif 2012 en progression
Le conseil municipal de Toulouse a adopté un budget primitif 2012 en progression
La municipalité toulousaine a voté ce vendredi 16 décembre le budget primitif pour l'année 2012. Un budget total de 725 millions d'euros, en progression de 4,5% par rapport à 2011. Dans un contexte de crise budgétaire au niveau national, opposition et majorité municipales ont montré leurs divergences quant à la politique à mener au niveau local. Accusé de dilapider l'héritage de l'ancienne municipalité, Pierre Cohen a répliqué en assumant sa politique d'investissement.

L'ambiance était animée pour ce dernier conseil municipal de l'année 2011. Les élus toulousains procédaient à l'examen puis au vote du budget primitif de la ville ce vendredi 16 décembre. Parmi les chiffres clés, le budget total sera de 725 millions d'euros, en progression de 4,5% par rapport à l'année 2011. La Ville va consacrer 156 millions d'euros, soit 10 millions d'euros de plus qu'en 2011, aux investissements, avec une priorité forte donnée à l'éducation, la petite enfance, la culture, le logement et le Grand Projet de Ville. Vingt millions d'euros seront ainsi alloués à la rénovation des écoles. 357 nouvelles places en crèche vont être créées.

Un effort supplémentaire en faveur du handicap sera engagé à hauteur de 1 million d'euros, au titre de l'accessibilité. De grands équipements culturels comme le Quai des Savoirs, dédié à la culture scientifique, la Salle des musiques actuelles et la Maison de l'image vont être lancés. 15 millions d'euros vont être cette année encore consacrés aux transports.

Ce plan d'investissement est financé par l'épargne et les recettes d'investissement. 
Avec la Communauté urbaine, ce sont au total près de 304 millions d'euros qui vont être investis sur le territoire toulousain. «Dans un contexte particulier lié aux incertitudes de la conjoncture économique et à la contrainte de plus en plus forte qui pèse sur les finances publiques, la Ville de Toulouse fait le choix de continuer de développer les services publics pour soutenir les Toulousains confrontés à une précarité grandissante, tout en continuant d'investir dans des équipements forts pour renforcer l'attractivité de Toulouse et préparer son avenir» a précisé Pierre Cohen.

156 millions d'euros d'investissement
L'opposition a réagi à ce budget. « C'est insuffisant », estime Marie Déqué, présidente du groupe Toulouse Métropole, dont René Bouscatel (absent ce vendredi) fait partie. « Notre groupe regrette que le niveau d'investissement réel de la ville ne soit pas substantiel, indique Marie Déqué. Eu égard aux retards pris dans de nombreux domaines, en particulier dans celui des transports, nous considérons que la Ville doit accélérer le rythme des investissements effectivement réalisés. »

Le budget présenté pour l'année 2012 prévoit 156 millions d'euros d'investissement « mais aucun emprunt d'équilibre ne sera mobilisé », affirme la présidente du groupe Toulouse Métropole. « Ce qui signifie que les investissements seront financés par l'épargne nette, les recettes d'investissement et le « bas de laine » constitué par les reports de crédits des exercices précédents. » Pour Pierre Cohen, difficile de comprendre la position du groupe Toulouse Métropole : « A un moment, on ne peut pas dire qu'il y a nécessité de ne pas augmenter l'impôt et en même temps dire qu'il faut investir davantage. »

De son côté, Jean-Luc Moudenc, président du groupe d'opposition Toulouse pour tous, a tenu un discours très différent de celui de Toulouse Métropole, en particulier à Marie Déqué. « Comment peut-on soutenir l'idée que l'Etat devrait faire des économies mais pas les collectivités locales, s'est interrogé l'ancien maire de Toulouse. Ce n'est pas très responsable ». Il a également tenu à tirer la sonnette d'alarme en raison d'une « dégradation de l'autofinancement à la mairie comme au Grand Toulouse ». Il a reproché à Pierre Cohen de « dilapider les capacités d'autofinancement. Nous sommes passés de 59,3 millions d'euros d'autofinancement en 2009, à 28 millions d'euros en 2012 ».

Après une petite passe d'armes entre les deux élus, Pierre Cohen n'a pas manqué de répliquer : « Votre remarque est peut-être juste mais elle est dérisoire. Nous sommes heureux et fiers de donner 15 millions d'euros à la Communauté urbaine pour les transports. » Et Joël Carreiras, son adjoint en charge des finances, d'ironiser : « Votre gestion passée de bon père de famille nous a permis de rattraper ce que vous n'aviez pas fait. »

Jean-Luc Moudenc, président du groupe Toulouse pour tous, a voté contre le budget et Marie Déqué, présidente du groupe Toulouse Métropole, s'est abstenue.

Hugues-Olivier Dumez

© photo Rémi Benoit

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