Toulouse a payé pour conserver la Coupe du monde de rugby 2023

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Quatre matchs de la coupe du monde de rugby 2023 se dérouleront au Stadium.
Quatre matchs de la coupe du monde de rugby 2023 se dérouleront au Stadium. (Crédits : Rémi Benoit)
Après plusieurs mois d'incertitude, la Ville rose aura bien quelques matchs de la Coupe du monde de rugby 2023, qui se tient en France. Un accord financier entre le comité d'organisation et la collectivité vient d'être trouvé et Médiacités révèle les montants du "chèque" signé par Toulouse Métropole.

En début d'année, La Tribune faisait part de l'incertitude autour du maintien à Toulouse des quatre matchs programmés au Stadium pour la Coupe du monde de rugby 2023. La raison ? Un stade, pourtant rénové contre plusieurs dizaines de millions d'euros à l'occasion de l'Euro 2016 de football, qui ne répond pas à toutes les normes fixées par la World Rugby pour la tenue de sa Coupe du monde qui doit se tenir en France, en 2023. Pire, est alors née l'hypothèse que ces quatre matchs, initialement programmés à Toulouse, se déroulent à Bordeaux. Sept mois après la sortie de ces craintes, un coup de théâtre est intervenu.

"Le Comité d'organisation de la Coupe du monde de rugby France 2023 et Toulouse Métropole sont heureux de l'accord trouvé entre les deux parties, concernant l'accueil de la Coupe du monde Rugby 2023 au Stadium de Toulouse", ont déclaré dans un communiqué commun les deux protagonistes, mercredi 2 octobre.

Seulement voilà, pour en arriver à cet accord, le comité d'organisation de l'événement mené par Claude Atcher et la collectivité locale dirigée par Jean-Luc Moudenc se sont livrés un bras de fer intense sur la répartition de la facture concernant les aménagements du Stadium. C'est en tout cas ce que révèle le pureplayer d'investigation Médiacités dans un article publié mardi 8 octobre.

Les villes hôtes s'unissent

Selon le média local, le comité d'organisation France 2023 comptait sur la mise à disposition gratuite des stades dans les villes hôtes, que ces collectivités locales financent les aménagements dans les stades et les installations éphémères comme les fan-zone ou le média center. Une facture totale qui s'élève à plusieurs millions d'euros par ville hôte et que Toulouse refuse alors de prendre seule en charge. Les villes hôtes s'unissent donc dans "un club des sites", avec pour vice-président Vincent-Terrail Novès, le vice-président de Toulouse Métropole en charge du sport.

"Le "club des sites" missionne aussitôt l'expert toulousain Patrick Bayeux, consultant en politiques sportives et coauteur de la réforme de la gouvernance du sport, ainsi que le cabinet d'avocats parisien Fidal, spécialiste du droit des affaires, pour rédiger un nouveau texte. Moins défavorable pour les villes hôtes, celui-ci stipule que, si "les aménagements pérennes" qui devront être entrepris dans les stades des villes hôtes pour se conformer au cahier des charges de World Rugby seront à la charge des collectivités locales, les "aménagements temporaires", eux, devront être financés par le GIP (comité d'organisation, ndlr). Évidemment, ce surcoût bousculerait le budget prévisionnel du comité d'organisation...", raconte Médiacités dans sa longue enquête.

À la suite de cette initiative, les relations se tendent et les échanges se font par média interposé. Pour autant, Jean-Luc Moudenc rassure Claude Atcher sur le fait que sa collectivité est prête à financer la mise aux normes du stade à hauteur de trois millions d'euros. Mais le désaccord persiste sur les aménagements temporaires (centre d'accréditation, aire de jeu, fan-zone, guichets, etc.).

L'accord avec la Région a-t-il tout changé ?

Néanmoins, selon l'auteur de l'article, il semble que tout se soit accéléré après l'officialisation de l'accord entre la Région Occitanie, dirigé par la socialiste Carole Delga, et le comité d'organisation, officialisé le 22 septembre. Celui-ci permet à la collectivité régionale d'être officiellement une région hôte pour les camps de base des 20 nations qui participeront à la compétition sportive. À l'heure actuelle, c'est la seule Région a avoir signé un tel accord.

"La Coupe du monde de rugby 2023 promet d'être une fête totale pour l'Occitanie : une réussite sportive, sociale et économique, avec des retombées estimées à plus de 61,9 millions d'euros. Par ailleurs, 10 villes se sont portées candidates partout en Occitanie pour devenir Camps de base Officiel", précisaient les deux signataires dans un communiqué commun.

À cet instant, il est alors difficile d'imaginer l'Occitanie comme région hôte sans match dans la capitale nationale de l'Ovalie, à savoir Toulouse. "Dos au mur, Jean-Luc Moudenc doit alors lâcher du lest. Lundi 30 septembre, lors d'un entretien avec Claude Atcher, les deux hommes font des concessions", écrit Médiacités. La Ville rose financera les aménagements temporaires jusqu'à 1,6 million d'euros et si la facture est plus importante, le GIP financera le différentiel. Pour ce qui est de l'utilisation du Stadium, les organisateurs de la compétition verseront une redevance à Toulouse Métropole de 129 000 euros.

Qui sort vainqueur de ce duel politique ? Difficile à dire... En tout cas, à cinq mois des élections municipales, il était difficile pour le maire sortant d'annoncer à ses électeurs que la Coupe du monde de rugby 2023 ne passerait finalement pas par Toulouse.

Lire aussi : Stadium : un loyer revu à la hausse à la demande de la Cour des comptes

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