LGV Toulouse-Bordeaux : un deal sur le financement attendu pour fin 2019

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Le financement de la LGV Bordeaux-Toulouse est au cœur des discussions entre le gouvernement et les collectivités locales.
Le financement de la LGV Bordeaux-Toulouse est au cœur des discussions entre le gouvernement et les collectivités locales. (Crédits : ON / Rémi Benoit)
À l'occasion de son déplacement à Toulouse mercredi 3 octobre, le ministre de l'Action et des Comptes Publics, Gérald Darmanin, a été interpellé sur la question de la LGV Toulouse-Bordeaux. Le locataire de Bercy a fait savoir qu'il espérait un deal sur la création de taxes nouvelles pour financer le projet, avec les collectivités locales concernées, en fin d'année 2019, voire au plus tard début 2020. Une réunion s'est tenue entre lui et le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, sur ce sujet.

Inscrire comme chantier prioritaire dans la loi LOM la ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse. C'est fait. Obtenir sur le plan législatif la création d'une société de financement dédiée pour la financer, basée sur le modèle de ce qui a été fait pour le Grand Paris Express. C'est réussi. Désormais, il est temps d'identifier les recettes fiscales qui vont alimenter cette société de financement afin que cet équipement ferroviaire voit le jour.

"Nous demandions depuis deux ans cette société dédiée. Depuis que le gouvernement nous a dit oui, la suite logique c'est que cette société dédiée ne soit pas une coquille vide. Il faut bien qu'elle ait des recettes et que ces recettes soient fléchées sur un investissement très structurant, d'un caractère exceptionnel. Le 5 septembre 2017, nous, les collectivités locales, avons proposé trois pistes de recettes fiscales à Élisabeth Borne (ministre des Transports de l'époque, ndlr). Ces pistes ont commencé à être travaillées par le gouvernement mais cela ne sera finalisé qu'au niveau du ministère de l'Action et des Comptes Publics", rappelle le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc.

Alors, pour sa venue à Toulouse mercredi 2 octobre, l'occupant de ce ministère, Gérald Darmanin, a bien évidemment été interpellé sur le devenir de la LGV Bordeaux-Toulouse. Par conséquent, au-delà d'annoncer des mesures compensatoires à la filière des TP suite à la suppression de la niche fiscale sur le gazole non routier, le membre du gouvernement a dévoilé un calendrier pour mettre sur pied cette fiscalité qui financera le projet.

"On discute avec les élus et avec les parlementaires des régions concernées. Ce qu'ils souhaitent si j'ai bien compris c'est d'avoir une société ad'hoc avec une fiscalité particulière (...) L'État est favorable à cette initiative et à accompagner financièrement ce projet, mais dans des conditions qui restent encore à négocier. Nous espérons que ces conditions soient définies avant la fin de l'année 2019 ou au plus tard début 2020", a déclaré le ministre lors d'une prise de parole devant 400 professionnels de la filière des travaux publics, place du Capitole.

Darmanin Toulouse

Le ministre de l'Action et des Comptes Publics (à gauche), en déplacement à Toulouse mercredi 2 octobre sur le salon organisé par la FRTP Pop'Up, n'a pas voulu trop s'avancer sur la question fiscale (Crédits : Rémi Benoit).

Gérald Darmanin se montre vigilant sur la création de nouveaux impôts

Sans surprise, les collectivités locales (villes de Toulouse et Bordeaux, ainsi que les Régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, ndlr), ont proposé une taxe sur les bureaux comme c'est le cas actuellement pour financer le Grand Paris Express. Une des autres hypothèses mises sur la table serait également la création d'une écotaxe. Pour ce qui est de la troisième solution de financement, celle-ci n'a pas filtré pour le moment. Néanmoins, le mouvement des Gilets Jaunes est toujours actif et l'une de ses motivations premières reste la fiscalité française qu'il juge trop importante. Ce qui fait régner une attitude de prudence dans la prise de parole du locataire de Bercy.

"Nous regardons les choses avec intérêt puisque cela va faire naître une fiscalité supplémentaire donc nous devons nous mettre bien d'accord avec tous les acteurs du système pour que cette fiscalité soit acceptée par les acteurs économiques et notamment la population de la région. Ce n'est pas forcément évident et ce n'est pas l'État qui le propose mais bien les collectivités locales. Il faut donc que nous travaillons avec eux et que cette fiscalité nouvelle soit validée par le Conseil d'État, ce qui n'est pas très évident également", a fait savoir Gérald Darmanin.

Pour tenter d'avancer, Jean-Luc Moudenc a invité ce dernier pour une séance de travail au Capitole sur la LGV, jeudi 3 octobre en tout début de matinée, avant son retour à Paris. Entrevue au cours de laquelle l'édile toulousain a remis le document de travail des quatre collectivités présentant ces trois fameuses suggestions fiscales.

"Si on veut que le citoyen accepte l'impôt, il faut faire preuve de pédagogie en lui expliquant à quoi va servir cette imposition", a alors répondu sans concession au ministre le président de la Fédération Nationale des Travaux Publics, Bruno Cavagné.

 Une réponse qui sonnait comme un avertissement.

Lire aussi : LGV à Toulouse : un terminus à Fenouillet plutôt qu'à Matabiau ?

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Commentaires
a écrit le 08/10/2019 à 16:12 :
L'attractivité d'un train à grande vitesse, c'est sa rapidité.
Au-delà de 3 heures, le train n'est plus attractif par rapport à l'avion.
De plus, la nouvelle ligne va libérer des sillons pour les TER vers Montauban, Agen ou encore Brive.
A l'heure du "flygskam" (honte de prendre l'avion, mouvement anti-avion venu de Suède), je ne veux pas d'un TGV au rabais.
Seule une ligne nouvelle permettra à la SNCF de lutter d'égal à égal avec Air France vers la quatrième ville de France et dernière grande ville française de cette importance dépourvue à ce jour de LGV.
Une nécessité quand on sait que Toulouse-Paris est la première liaison aérienne d'Europe.
a écrit le 06/10/2019 à 10:42 :
il y a 15 ans était étudiée une ligne a train pendulaire entre paris orléans limoges et eventuellement toulouse......
bcp moins couteuse...car simple aménagement des lignes classiques existantes et . permettant des vitesses de 250 km/h

avantage, ça permet une très nette amélioration de la desserte de toutes ces villes avec une extension éventuelle vers clermont

ça s appelle de l aménagement du territoire.....et ça mettrait paris à 3h/3h et demi de toulouse...... pas bcp plus qu en passant par bordeaux et en depensant une fortune
Réponse de le 10/10/2019 à 19:52 :
L'attractivité d'un train à grande vitesse c'est sa rapidité. Au-delà de 3 heures, le train n'est plus attractif par rapport à l'avion.
Alors que le "flygskam" (mouvement anti-avion venu de Suède) se répand, porté en exergue par une certaine Greta Thunberg, le TGV émet 30 fois moins d’équivalent CO2 qu’un avion court-courrier.
Seule la LGV permettra à la SNCF de lutter d'égal à égal avec Air France vers la dernière grande ville française dépourvue de LGV mais il permettra aussi de libérer des sillons pour les TER vers Montauban, Agen, ou encore Brive.
Une nécessité quand on sait que Toulouse-Paris est la première liaison aérienne d'Europe.
De plus, lorsque le report de l’avion sur le TGV atteint environ 700.000 voyageurs par an à la mise en service d’une nouvelle ligne grande vitesse (LGV), les émissions de gaz à effet de serre lors de la construction de la LGV sont amorties en moins de 10 ans.
Voilà pourquoi, la LGV doit se faire pour ne plus laisser la ville rose à l'écart de la grande vitesse.
a écrit le 05/10/2019 à 21:43 :
Une LGV Paris Toulouse par Limoges serait bien plus utile qu'en passant par Bordeaux.
Son effet aménagement du territoire est évident. Le plus court chemin d'un point à un autre est toujours la ligne droite.
a écrit le 05/10/2019 à 8:21 :
Si ce parlement NOUS représentait, au lieu d'être au service des gouvernements, il voterait une loi obligeant le gouvernement à mettre en réserve cet effet d'aubaine qu'est la hausse du prix du pétrole et à rester dans les clous des dépenses, au prix de coupes si nécessaires. Après tout, n'est-ce pas ce que nous nous efforçons de faire chaque mois, chacun d'entre nous? Cela devrait faire un beau pactole, à mettre au service de lourds investissements nécessaires.
Réponse de le 05/10/2019 à 20:10 :
Oui, sauf qu'il ne faut pas acheter et donner des sucettes à votre enfant qui s'agite le plus. Surtout quand le paquet est à plus de 10 milliards !
a écrit le 05/10/2019 à 7:26 :
20 Mds€ a financer pour gagner 3/4 heure?!!. Non merci !
a écrit le 04/10/2019 à 18:39 :
Nos Politiques n'ont toujours rien compris. Les français n'en peuvent plus des taxes.
Si nos politiques veulent un TGV entre Bordeaux et Toulouse il faut le faire à budget constant. C'est à dire avec une baisse sur d'autres dépenses.
Arriveront ils un jour à Gérer un budget?

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