Louis Aliot, candidat FN : "Languedoc-Roussillon sera notre bastion, Midi-Pyrénées notre point faible"

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Louis Aliot, candidat FN aux régionales 2015.
Louis Aliot, candidat FN aux régionales 2015. (Crédits : Rémi Benoit)
Louis Aliot, vice-président du Front national, sera candidat pour les régionales 2015 sur la future région fusionnant Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. L’eurodéputé estime que son parti a une réelle chance de remporter ce scrutin, considérant que Languedoc-Roussillon est « un futur bastion du FN ». Il s’exprime également sur l’attentat de Charlie Hebdo. Interview.

Avez-vous acheté Charlie Hebdo aujourd'hui?
Non, je ne l'ai jamais acheté de ma vie, je ne l'achèterai pas aujourd'hui. Je suis à fond pour défendre leur liberté d'expression, mais je ne défends pas le fond de leurs propos. J'ai vu la Une, ils n'ont pas reculé en caricaturant à nouveau le prophète, et je pense que c'est bien.

Quel regard portez-vous sur l'attentat du 7 janvier ?
J'ai manifesté le 11 janvier à Perpignan. Nous parlons d'une liberté qui concerne tout le monde, pas seulement Charlie Hebdo. On peut se faire tuer, au 21e siècle en France, pour un trait de crayon. On ne peut pas dans notre pays caricaturer le personnage majeur d'une religion, c'est grotesque et archaïque. Il y a un sacré problème et la classe politique porte une énorme responsabilité.

Marine Le Pen affiche ouvertement sa méfiance envers les journalistes, n'est-ce pas contradictoire avec votre discours ?
Le FN a des relations cordiales avec une certaine partie de la presse. Mais il y a aussi un certain nombre de médias où les lignes éditoriales sont systématiquement anti-FN, quel que soit le sujet. Concernant Médiapart, ils refusent de nous inviter systématiquement dans leurs débats, nous leur rendant la monnaie de leur pièce en ne les invitant pas à nos meetings.

L'annonce de la candidature de Jean-Marie Le Pen aux régionales dimanche, en plein rassemblement républicain, vous a-t-elle dérangé ?
Il avait prévu cette réunion militante depuis un mois, elle était déjà organisée. Cela n'a fait qu'une dépêche, ce n'était pas le clou de l'actualité. Chacun fait en conscience, et il a considéré qu'il fallait être fidèle aux militants du FN. Ça peut paraître anachronique mais je ne suis pas choqué.

Vous êtes candidat aux régionales de 2015 sur la future région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon, votre campagne a t-elle commencé ?
Non, car j'attends de savoir quelles seront les compétences de la future région pour élaborer un programme. Les résultats des élections départementales seront également déterminants. Je précise que je suis candidat à la candidature. C'est le bureau politique du FN qui décidera de ses candidats définitifs, mi-février.

Quelles sont selon vous les chances du FN dans cette élection régionale ?
Languedoc-Roussillon est en train de devenir un bastion du FN. Nous y avons le député Gilbert Collard, ainsi que plusieurs maires de communes comme Bézier ou Beaucaire. Le FN y a réalisé 30% aux élections européennes. En revanche, Midi-Pyrénées est notre point faible. Nous avons souffert de ne pas avoir d'élus régionaux. Mais toutes les chances sont réunies pour que nous soyons au second tour : les division du PS, son manque de résultats et son manque de leadership.

Si vous remportez la région, qu'est-ce qui va changer?
Je voudrais mettre fin au clientélisme qui règne dans l'institution, pour des aides, des financements. Aujourd'hui la Région finance des projets qui lui permettent d'être vue. Néanmoins, le futur président de région aura pour principale mission la mise en place de la nouvelle organisation territoriale, et devra composer avec les décisions qui ont
été prises avant.

Que retenez-vous du bilan de Martin Malvy ?
Martin Malvy a fait sa promo pendant 3 mandats. C'est un homme autoritaire, qui a su manier sa majorité avec talent, mais il ne m'impressionne pas. Que retiendra-t-on du passage de Martin Malvy ? Des  nouveaux lycées? Comme dans toutes les régions. Une bonne gestion financière peut-être. Et encore... Je retiendrai pour ma part sa personnalité, un homme politique, avec un grand P.

A-t-il bien fait de ne pas se représenter ?
À gauche, je ne voyais que lui. Que sera le PS local sans Malvy ? Personne ne connaît Damien Alary, et personne ne connaît Carole Delga, sauf en Haute-Garonne. C'est donc plutôt une bonne nouvelle pour le FN. Martin Malvy, vu son âge, a fait preuve de sagesse en ne se représentant pas.

Pourtant Jean-Marie Le Pen, 86 ans, se présente en Paca...
Ce n'est pas pareil. Jean-Marie Le Pen est un homme à la stature nationale, un personnage historique, qui est arrivé au second tour des présidentielles. On ne peut pas comparer.

Que retenez-vous du bilan de Damien Alary ?
Je ne le connais pas bien, il était arrivé après le décès de Christian Bourquin, il y a quelques mois seulement. D'ailleurs, je ne retiens rien non plus de Christian Bourquin, je pense qu'il faut remonter à George Frêche, qui avait une forte personnalité, une vraie résistance face à Paris, un autoritarisme et un cynisme extraordinaires.

Quel nom a votre préférence pour la future région ?
Je serai en faveur de Pyrénées-Roussillon, ou de garder Languedoc-Roussillon. Pyrénées-Méditerranée me semble convenable également. J'aimerais que les citoyens  puissent décider. Nous avons un an devant nous, profitons-en pour organiser un vote.

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