Régionales : la gauche sereine après sa victoire, des tensions à droite

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C'est le meilleur score au plan national. La réélection de Martin Malvy, dimanche 21 mars avec 67,77 % des voix, avait l'allure d'un plébiscite. Le raz-de-marée a emporté l'UMP menée par Brigitte Barèges, créditée de 32,23 % des voix. La gauche bénéficiera de 69 sièges sur 91 au Conseil Régional. L'assurance pour le président sortant d'avoir les coudées franches pendant quatre ans. A droite, les divergences apparaissent déjà. Analyse.« C'est la plus belle élection que j'ai jamais connue ! » Dimanche soir, Martin Malvy avait des raisons de sourire.

C'est le meilleur score au plan national. La réélection de Martin Malvy, dimanche 21 mars avec 67,77 % des voix, avait l'allure d'un plébiscite. Le raz-de-marée a emporté l'UMP menée par Brigitte Barèges, créditée de 32,23 % des voix. La gauche bénéficiera de 69 sièges sur 91 au Conseil Régional. L'assurance pour le président sortant d'avoir les coudées franches pendant quatre ans. A droite, les divergences apparaissent déjà. Analyse.

« C'est la plus belle élection que j'ai jamais connue ! » Dimanche soir, Martin Malvy avait des raisons de sourire. Lorsqu'il a fait son entrée au siège toulousain du Parti socialiste à 20h45, les applaudissements, nourris, ont fusé. Une petite centaine de personnes étaient présentes pour féliciter l'ancien et désormais futur président du Conseil régional. A ses côtés, Pierre Izard, président socialiste du Conseil général de Haute-Garonne, était tout aussi rayonnant. Car au-delà de la victoire de Martin Malvy, c'est surtout le succès du PS dans son ensemble et de ses alliés. « C'est un grand bonheur, une grande joie, a assuré Pierre Izard. La victoire est sans équivoque. Tous, nous avons œuvré pour le rassemblement de la gauche, j'en suis heureux. Cela aboutit à la défaite de l'UMP. Je suis persuadé que les abstentionnistes sont, ce soir, surtout du côté de la droite. »

Dimanche, l'union conclue entre le PS, Europe Écologie et le Front de Gauche ne faisait que des heureux à la gauche de l'échiquier politique. Exception faite des déçus qui se sont retrouvés en position non-éligible après le remaniement de liste... Martin Malvy aurait pu se lancer dans une triangulaire, les écologistes étant en position de se maintenir au 2e tour : il était de toute manière assuré de gagner. Mais en scellant cet accord, il intègre tant les Verts que les communistes dans sa majorité et la renforce d'autant. 69 sièges au total, contre 22 pour l'UMP Majorité présidentielle. Quant au Front National, il ne sera plus représenté. Le président sortant l'a déjà annoncé, il ne changera rien à sa ligne de conduite : « Ce résultat reflète l'action menée ensemble depuis 12 ans, on va maintenant continuer pendant les quatre ans qui viennent. » Dimanche, Martin Malvy s'est dit « très heureux de cette campagne militante, qui a réuni autant de jeunes notamment ». Sa victoire est à mettre au crédit de sa bonne gestion de la région, régulièrement reconnue par tous les bords politiques, d'un entourage uni et d'une campagne parfaitement maîtrisée. La prochaine étape est déjà là : le président du Conseil régional et les vice-présidents seront officiellement élus vendredi 26 mars. Des directeurs d'agences régionales devraient changer. Le président devra composer avec une majorité certaine unie mais fortement renouvelée. Nul doute que les membres d'Europe Ecologie et du Front de Gauche feront entendre leur voix à l'occasion. Les débats n'effrayent pas Gérard Onesta, « habitué aux assemblées forts complexes » en tant qu'ancien président du Parlement Européen.

Si à gauche, la sérénité est de mise, à droite en revanche, la claque est sévère. « On se préparait à ce résultat, réagissait Brigitte Barèges ce lundi midi. Nous sommes dans la moyenne des scores de l'UMP en France, je n'ai donc pas à rougir de ce résultat. Nous nous battions contre un président en campagne depuis 12 ans, et nous souffrions d'un déficit de notoriété. Nous avons fait pour le mieux. » Pour le grand rassemblement, il faudra attendre : l'heure est désormais aux règlements de compte. « Je suis surprise de lire, dans La Dépêche du midi, des députés de la région me critiquer personnellement, comme Bernard Carayon, député UMP du Tarn et maire de Lavaur. Il m'accuse d'être responsable de la défaite, alors que lui-même m'a fait la guerre durant toute la campagne. Ce n'est pas très digne. » L'après-campagne s'achève sur le ton de l'avant-campagne lors de la constitution des listes : sur fond de querelles intestines.
« Je renonce à mon mandat de députée pour pouvoir m'investir totalement en Midi-Pyrénées, poursuit la chef de file de l'UMP. Il faut préparer les prochaines échéances électorales, et ce serait trop facile de laisser la place à ceux, notamment en Haute-Garonne et dans le Tarn, qui m'ont mis des bâtons dans les roues. Je veux montrer que l'on peut faire de la politique différemment. » Bernard Carayon ou encore Christine de Veyrac, présidente de la fédération UMP de Haute-Garonne, apprécieront.

En abandonnant son poste de députée, Brigitte Barèges veut fédérer autour d'elle une opposition au Conseil régional. Elle prend aussi un risque : en cas de démission, la loi impose la tenue d'une élection législative partielle. Rien ne dit que l'UMP raflera la mise quand on voit que Brigitte Barèges n'a obtenu que 36,36 % des voix dans sa commune de Montauban. « A peine un tiers des voix ! », soulignait Jean-Michel Baylet, président du Parti Radical de Gauche, dimanche soir. Le siège UMP deviendra-t-il socialiste à l'Assemblée Nationale ? Trop tôt pour le dire mais Brigitte Barèges semble prête à courir le risque : « Ma décision est prise, mais je rencontrerai certains membres de mon groupe parlementaire le 23 mars pour en discuter, car c'est une décision importante. »

Mikaël Lozano et Clément Sirdey

En photo : Pierre Izard, Kader Arif, Martin Malvy et son épouse (Photo : Rémi Benoit)

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