Hyperloop TT : ce que prévoit le permis de construire à Francazal

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Hyperloop TT va construire une piste d'essais à Francazal.
Hyperloop TT va construire une piste d'essais à Francazal. (Crédits : Agence François Leclerq)
Plus d'un an après l'annonce de l'implantation d'un centre européen de R&D de la société californienne Hyperloop TT à Francazal, on en sait un peu plus sur la forme que vont prendre les travaux sur le site. La Tribune a pu consulter la délibération qui sera étudiée par Toulouse Métropole mi-avril et vous en livre les détails.

Le 24 janvier 2017, Hyperloop TT avait annoncé en grande pompe l'installation d'un centre européen de R&D près de Toulouse pour tester la faisabilité de l'hyperloop, ce nouveau mode de transport urbain imaginé par Elon Musk et qui doit permettre de projeter des capsules dans un tube à plus de 1 200 km/h par lévitation magnétique. Mais depuis, peu d'informations filtrent sur ce qui va réellement être réalisé sur l'ancienne base militaire de Francazal.

La Tribune a eu accès à la délibération qui sera présentée au conseil de Toulouse Métropole le 12 avril prochain. Elle porte sur "un bail à construction conclu entre la société HTT, l'État et Toulouse Métropole pour l'occupation par l'entreprise du mess des sous-officiers et des espaces attenants, ainsi que d'une partie de la voie royale qui dessert l'ensemble du site et accueillera les pylônes supportant le tube". Par ailleurs, Toulouse Métropole s'engage à "acquérir auprès de l'État ce foncier dans un délai de 4 ans, si la cession globale du site n'est pas intervenue avant".

Un bâtiment de 2560 m2 et une piste d'essais provisoire de 300 mètres

Les permis de construire accordés par la municipalité de Cugnaux le 12 mars dernier autorisent la reconversion (élaborée par l'agence d'architecture Patriarche) de l'ancien mess des sous-officiers "de 2560 m2 en un centre de recherche et développement". "Par le biais d'une convention d'occupation précaire avec l'État, les travaux d'HTT ont pu démarrer fin février, afin de réaliser une piste d'essais provisoire au sol de 300m de long", détaille la proposition.

Dans un deuxième temps, les travaux prévoient "l'implantation de 25 pylônes ancrés sur plusieurs mètres de profondeur pour soutenir le tube. Ils seront espacés de 40 mètres, sur 1 km de linéaire. La piste tubulaire aérienne sera positionnée à 5 mètres de haut, trois passerelles permettront d'y accéder ponctuellement". L'alimentation de cette piste se fera à terme par panneaux photovoltaïques positionnés au dessus du tube. En bout de piste, sera installée une plateforme de chargement de "capsules". Selon les dernières informations livrées par HTT en mars 2017, ces dernières mesureront une trentaine de mètres de long pour un diamètre de 2,7 mètres. Chaque capsule pourra embarquer à bord 28 à 40 passagers.

Par ailleurs, "une bande de trois mètres au nord de la voie royale est réservée à l'usage d'Easymile afin que cette société puisse continuer à expérimenter ses véhicules autonomes en toute sécurité".

D'importants travaux de dépollution

"Ce projet prend du temps car nous sommes confrontés à plusieurs formes de complexités : la dépollution, la convention tripartite entre l'État, Toulouse Métropole et HTT mais aussi parce qu'il s'agit d'un terrain d'expérimentation", estime Dominique Faure, vice-présidente de Toulouse Métropole en charge du développement économique.

En effet, avant de construire les installations, il faudra désamianter l'ancien mess des officiers et vérifier la pollution des sols en hydrocarbures (dépollution chimique). Par ailleurs, la dépollution dite pyrotechnique doit permettre de détecter de potentielles bombes de la Seconde guerre mondiale.

La dépollution chimique sera prise en charge par l'État, un marché est en cours pour désigner le prestataire. "De son côté, Toulouse Métropole va assurer la maîtrise d'ouvrage de la dépollution pyrotechnique et les sommes viendront en déduction du prix d'acquisition du terrain faisant l'objet de la convention tripartite entre HTT, l'État et Toulouse Métropole. Nous attendons les autorisations préalables de l'État", précise l'élue. Aucun montant de ces travaux de dépollution n'est pour le moment divulgué.

Début des travaux à l'automne 2018

"Malgré ces complexités, la relation partenariale que nous avons noué entre HTT, l'État et Toulouse Métropole nous permet de très bien avancer. Les travaux de dépollution devraient intervenir dans le courant de l'été 2018 afin que la construction de la piste d'essais (suspendues aux pylônes, ndlr) puisse démarrer à l'automne", ajoute-t-elle.

 En attendant la fin des travaux, depuis le mois d'octobre 2017, une petite équipe d'Hyperloop TT s'est installée sur 90 m2 de bureaux au premier étage d'un bâtiment à proximité de la tour de contrôle de Francazal. La direction d'Hyperloop TT ne souhaite pas donner pour l'instant plus de détails sur le nombre de collaborateurs déjà recrutés et qui intégreront le site de Francazal. Dans un entretien accordé à la Tribune en mai 2017, le PDG d'Hyperloop TT Dirk Ahlborn indiquait :

"Dans un premier temps, nous allons embaucher au minimum 30 techniciens et ingénieurs qui seront salariés de HTT et nous visons, à terme, 50 emplois. En plus de ces embauches, il y aura également des "team members" qui, eux, seront rémunérés sous forme de stock options et qui pourront donner leur expertise sur des thèmes très variés en rapport avec l'aéronautique".

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Commentaires
a écrit le 27/03/2018 à 7:10 :
La société Jacques Vaucanson compte lancer le "SpaceTrain" sur un tronçon de l'ancien aérotrain de Bertin : https://www.spacetrain.fr/
a écrit le 26/03/2018 à 17:10 :
Bertin le père du Turbo-train entre Chartres et Orléans s'y est essayé des pylones à 15m de hauteur, du béton en veut tu en voilà hormis l' esthétique reste le coup mortifère de l' installation .Qu' y a t' il de sérieux là dessous si ce n' est des subventions....
a écrit le 26/03/2018 à 11:36 :
Dommage de perdre autant de temps et d'argent pour dépolluer ce que d'autres privés ont pollué mais bon à qui on ne l'a jamais reproché.
Réponse de le 26/03/2018 à 15:08 :
En l'occurence ici il s'agit d'un ancien terrain militaire donc appartenant à l'état.
Réponse de le 26/03/2018 à 15:36 :
En effet et on se rend compte au final que l'état à les sales mêmes habitudes que les privés... A force de copuler ensemble il fallait bien s'en douter.

"La pollution des sols par l'industrie" http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lessentiel/ar/333/1200/pollution-sols-lindustrie.html
Réponse de le 26/03/2018 à 17:19 :
"dirigeant PME"

Pourquoi cherchez vous à discréditer les dirigeants de PME avec des propos aussi stupides svp ?

Que vous ont ils fait les chefs d'entreprise pour que vous les détestiez à ce point ?

Bien entendu j'ai signalé votre réponse.

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