Innovation : des chercheurs toulousains prédisent la sortie du coma

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Scanner de l'Oncopole de Toulouse.
Scanner de l'Oncopole de Toulouse. (Crédits : Rémi Benoit)
Une équipe de l'Inserm en collaboration avec le CHU de Toulouse montre que dans un cas de coma, la qualité de communication entre deux régions du cerveau peut permettre de prédire la récupération du patient. Les chercheurs se sont appuyés sur un examen d'imagerie cérébrale (IRM). L'étude a été publiée le 11 novembre dans la revue américaine Neurology.

Quand va-t-il sortir du coma et dans quel état de santé? Des chercheurs toulousains viennent d'apporter des éléments de réponse à cette interrogation récurrente des familles de patients à laquelle les médecins sont souvent incapables de répondre. Une équipe de chercheurs de l'unité 825 "Imagerie cérébrale et handicaps neurologiques" (Inserm - Université Toulouse III - Paul Sabatier) en collaboration avec le CHU de Toulouse a publié ce mercredi 11 novembre dans la revue américaine Neurology une étude inédite sur la sujet basée sur l'IRM.

"Les patients dans le coma ne peuvent pas communiquer. Nous avons certes quelques données cliniques sur le système végétatif (battements du cœur) mais rien concernant l'état conscient. D'autres outils tels que l'IRM qui nous permettent aujourd'hui d'explorer le fonctionnement du cerveau et d'étudier comment discutent, comment interagissent les aires cérébrales entre elles", explique Patrice Péran, neuro-imageur à l'Inserm dans une vidéo explicative.

L'équipe de Patrice Péran et de Stein Silva a comparé l'activité cérébrale de 27 personnes dans le coma (14 à la suite d'un traumatisme crânien et 13 après un arrêt cardiaque) et de sujets sains.

"Grâce à l'IRM fonctionnelle, nous nous sommes intéressés à deux régions du cerveau qui sont assez connues pour jouer un rôle dans la conscience et nous avons montré qu'il existait une disconnexion du cortex singulaire postérieur avec d'autres régions du cerveau chez les patients dans le coma, poursuit Patrice Péran. Parmi les données les plus marquantes de l'étude, nous avons montré que cette disconnexion était présente quelque soit la cause du coma (arrêt cardiaque, traumatisme crânien, NDLR). Les patients dans le coma les mieux connectés étaient ceux qui avaient la meilleure récupération. À l'inverse, les patients les moins bien connectés avaient un pronostic moins bon, à 3 mois."

Cette découverte ouvre d'importantes perspectives pour Stein Silva, qui partage son temps entre la recherche et son activité de médecin réanimateur  :

"Même s'il ne faut pas donner trop de faux-espoirs, et qu'il faudra réaliser de nouvelles recherches, cette étude est prometteuse. En matière de pronostic, il sera possible en quelques jours dire si un patient a des chances de récupérer ou contraire s'il n'y a que très peu de chances d'y parvenir.

Ensuite, en matière de traitement, actuellement nous essayons de limiter toute agression nouvelle sur le cerveau et nous attendons qu'il se cicatrice pendant le coma. Bientôt, nous pourrons donner des médicaments pour stimuler le cerveau des patients qui peuvent récupérer ou utiliser une stimulation magnétique transcrânienne avec l'aide d'un appareil".

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