Cinq entreprises d'Occitanie créent un robot autonome décontaminant

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La commercialisation du robot décontaminant ReCOVery sera lancée au cours du mois de juillet.
La commercialisation du robot décontaminant ReCOVery sera lancée au cours du mois de juillet. (Crédits : Sirea)
Un robot autonome décontaminant made in Occitanie ? Voilà ce qu'ont mis au point cinq entreprises de la région pour désinfecter sols, murs, et meubles. Utilisant lumière ultraviolet et pulvérisateur d'hypochlorite de sodium, cet équipement sera définitivement prêt à la fin juin pour lancer sa commercialisation, après des tests concluants. Le consortium occitan espère vendre une centaine d'unités dès 2020.

"Il faudra apprendre à vivre avec le virus". Des mots prononcés par les professionnels de santé depuis plusieurs semaines. Face à ce constat, et alors que le besoin de retrouver une activité (économique) d'avant-crise se fait de plus en plus pressant, cinq entreprises d'Occitanie (une du Tarn et quatre du Gard) se sont lancées dans un projet collaboratif au cours du mois d'avril. Ce consortium d'entreprises innovantes, pour la plupart hébergées au sein de la CleanTech Vallée, a mis au point en cinq semaines ReCOVery, un petit robot décontaminant.

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"C'est un robot autonome de par son alimentation en batterie et qui est composé d'une forme d'intelligence algorithmique grâce à une multitude de capteurs embarqués. Le robot peut ainsi se déplacer dans un espace sans être commandé grâce à cette technologie qui lui permet de cartographier les lieux dans lequel il opère pour éviter les chocs avec les murs ou des meubles", décrit Alain Godot, le référent du projet et dirigeant de la société Innowtech impliquée dans l'aventure.

Pour faciliter ses déplacements, ses concepteurs en ont fait un robot compact de 50 centimètres de large avec une hauteur de 1,20 mètre, tout en offrant une autonomie de quatre heures à cet engin à quatre roues. Résultat, il peut décontaminer une surface de 30 mètres carrés en moins d'une demie-heure.

Décontamination avec des rayons UV-C

Ce nouveau robot de décontamination est avant tout un assemblage de briques technologiques ayant déjà fait leurs preuves chez Innowtech (Nîmes - robots d'investigation en milieux sensibles pour de l'inspection, de la vidéo, de la prise de mesures pour les marchés du nucléaire, de la chimie, du pétrole-gaz, de l'eau ou de la sécurité civile), Alfileo (Nîmes - IoT), Sirea (Castres - ingénierie industrielle et efficience énergétique), Fadilec (Laudun-l'Ardoise - automatismes industriels) et Sterixene (Les Angles - décontamination par lumière pulsée). Cette dernière brique technologique est au coeur du robot ReCOVery.

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"Pour éliminer le Coronavirus sur les surfaces traitées, on utilise de la lumière ultraviolet, aussi appelée rayon UV-C. Contrairement à des projets concurrents étrangers qui utilisent des lampes à mercure pour la produire, nous utilisons une technologie bien plus écologique qu'est la LED. ReCOVery va ainsi balayer en rayons les surfaces à traiter. Murs, meubles, sols... De plus, grâce à une technologie développée par Sirea et sa filiale Solea, nous allons pulvériser en même temps dans l'air un brouillard de fines gouttelettes composées d'une solution désinfectante à base d'hypochlorite de sodium", détaille Alain Godot.

Dans les jours à venir, le consortium va mener des tests en laboratoire pour évaluer l'efficacité précise de ce double-procédé. "Mais nous n'avons aucun doute sur le fait que nous aurons au moins 99% des traces du virus éliminées", lâche le porteur de projet. Pour ce qui est du système roulant et de détection des obstacles, les concepteurs ont mené des essais le 25 mai dans une chambre de l'hôpital de Bagnols-sur-Cèze. "Des tests passés avec succès".

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Une production en série qui restera en Occitanie

Si à terme les porteurs du projet veulent faire de cet engin un robot décontaminant pour toutes les bactéries et les virus existants, les cinq entreprises travaillent d'ores et déjà à une version 2 de ReCOVery légèrement plus imposante pour qu'elle soit prête d'ici la fin du mois de juin. Si ce calendrier est respecté, la production en série pourrait alors débuter dès la mi-juillet prochaine.

"La production en série restera en Occitanie. Nous avons plusieurs écosystèmes autour de nous qui ont tout ce qu'il faut pour répondre au cahier des charges. Par ailleurs, nous sommes déjà en contact avec un partenaire industriel, une grande entreprise aussi engagée dans la CleanTech Vallée. Pour ce qui est de la commercialisation, nous sommes aussi en contact avec des entreprises pharmaceutiques, de l'agroalimentaire ou du secteur du nettoyage", admet Alain Godot.

Le groupement d'entreprises occitanes, qui réfléchit à la création d'une société dédiée pour commercialiser le robot, prévoit de proposer cet équipement à un prix "nettement inférieur à 100 000 euros". Avec ce tarif inférieur aux projets étrangers similaires, les concepteur de l'engin espèrent lancer la commercialisation au début de l'été pour en vendre une dizaine rapidement, mais une centaine au total sur l'année 2020.

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