Solea propose de lutter contre le Covid-19 avec du sel, de l’eau … et du soleil

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Aura peut être banché sur secteur ou fonctionner grâce de l'énergie solaire.
Aura peut être banché sur secteur ou fonctionner grâce de l'énergie solaire. (Crédits : DR)
Pour répondre aux pénuries dans ce contexte sanitaire, Solea spécialisée dans le développement d’infrastructures sanitaires, a imaginé un système autonome de production de solution désinfectante et antiseptique. "Aura" permet ainsi de produire de l'hypochlorite de sodium, idéal pour combattre le virus, à partir de sel, d'eau et d'énergie électrique (solaire ou réseau). La solution, qui s'adresse à toutes les structures en Europe et ailleurs, peut être utilisée pour désinfecter les surfaces ou se laver les mains. Présentation.

Réaliser du désinfectant et de l'antiseptique à partir d'eau, de sel et de soleil ? C'est l'idée de la société castraise Solea. Afin de répondre aux pénuries dans ce contexte sanitaire, Solea spécialisée dans le développement d'infrastructures sanitaires et filiale du groupe Sirea (Castres), a mis au point un système autonome de production sur site de solution désinfectante. Elle a ainsi développé Aura qui produit de l'hypochlorite de sodium par électrolyse à partir d'un simple mélange d'eau et de sel. Cet équipement, compact et léger (13 kg), permet de réaliser en moins de quatre heures une solution liquide de 8 litres pour désinfecter et décontaminer, à partir de l'énergie solaire (équipé d'un panneau solaire) ou d'un réseau électrique classique.

"L'hypochlorite de sodium est un produit qui est reconnu, nous n'avons rien inventé. C'est un virucide capable de combattre le virus actuel. Aura est extrêmement simple d'utilisation. Il suffit de mélanger 200 grammes de sel avec 8 litres d'eau, appuyer sur le bouton de démarrage et attendre 3 h 30 que le processus de production se finalise", explique Franck Bernage, dirigeant de Solea.

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Aura

Aura peut être banché sur secteur ou fonctionner grâce de l'énergie solaire. (Cédits : Solea/Sirea)

Produire à moindre coût

Ainsi, l'outil peut réaliser jusqu'à 32 litres d'hypochlorite de sodium par jour (ou plus s'il fonctionne la nuit) lorsqu'il est alimenté par le réseau, et de 8 à 16 litres par l'énergie solaire. Il permet également de produire à moindre coût, puisque le coût de revient d'un litre de désinfectant est à près de 50 centimes d'euro. Le produit peut être stocké dans des réservoirs opaques jusqu'à 2 semaines, ou plusieurs semaines au réfrigérateur. Aura est conçu pour garantir une concentration minimum correspondant à un antiseptique universel (5 g/litre ou 0.5%), quel que soit le site d'installation et les intrants utilisés (eau et sel).

"Il y a une innovation technique sur ce produit, nous avons miniaturisé une usine de fabrication d'hypochlorite de sodium. Il y a également une innovation sociale puisqu'il a été conçu, à la base, pour des zones dans lesquelles il n'y a pas de désinfectant disponible. Enfin, il y a un aspect environnemental puisque l'on n'utilise plus de produit embouteillé dans du plastique. Il n'y a plus la fabrication de la bouteille qui coûte cher à l'environnement, en eau, électricité ou son transport qui provoque des émissions de CO2 et plus de déchet en plastique", détaille Franck Bernage.

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Livré clé en main

En ces temps de crise sanitaire où il est important de désinfecter les lieux de passage et les objets du quotidien, Aura s'adresse à toutes les structures, qu'elles soient un hôpital ou une entreprise, à la recherche d'une solution pour produire de façon autonome son désinfectant sans dépendre d'approvisionnement extérieur. Disponible sur le marché depuis peu, la solution est au prix de 3 782 euros hors taxe. Fabriquée au sein des ateliers de Soleo, situés à Castres, elle est livrée "clé en main".

"Au départ, l'outil a été développé pour les pays en voie de développement, les infrastructures en manque ensuite, cela s'est extrapolé sur d'autres besoins. Malheureusement, la situation actuelle nous a montré qu'il y avait un besoin ailleurs, notamment dans les pays européens, les DOM-TOM, partout. L'idée est d'amener en Europe une solution alternative pour produire son propre désinfectant".

Depuis 2016, des systèmes Aura sont testés dans des hôpitaux à Madagascar. Un démonstrateur est également installé au Tchad depuis fin 2019.

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Une activité impactée

Filiale du groupe Sirea, spécialisé dans l'automatisme, l'électronique et le pilotage de l'énergie, Solea est la structure qui se charge principalement de l'export du groupe. Les deux partagent les mêmes locaux, ainsi que les mêmes ressources. En tout, les deux entités emploient 35 personnes.

"Le rôle de Solea dans le groupe est de prendre des produits développés par Sirea et de les intégrer dans des systèmes dédiés à l'export et de mettre au point des solutions qui ne sont pas dans le coeur de métier du groupe, comme Aura par exemple", précise le chef d'entreprise.

Tous les pays avec lesquels travaille Solea sont aujourd'hui confinés comme la France. Cela a donc mis un coup d'arrêt à l'activité de l'entreprise qui réalise principalement de l'export vers des pays d'Afrique subsaharienne (de la Mauritanie jusqu'à Madagascar) ou encore plus récemment, le Vietnam et le Cambodge où elle commençait tout juste des projets désormais suspendus à cause de la pandémie Covid-19.

"Nous sommes sur la continuité des projets en cours mais nous sentons qu'il y a un ralentissement dans les échanges. Il n'y a plus de nouvelle commande. Nous nous attendons à une baisse de notre chiffre d'affaires mais nous sommes pour le moment dans l'attente. Cela dépend de comment les choses vont bouger dans les prochaines semaines et comment Aura sera accueilli et l'impact qu'il aura. Nous faisons un pari sur ce produit pour limiter la casse", espère Franck Bernage.

Pour information, en 2019, Solea a réalisé 700 000 euros de chiffre d'affaires sur les près de 5 millions d'euros affichés par le groupe Sirea.

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