Innoside crée Shopignon pour relancer les commerces "non-essentiels" via le web

Aider les commerces fermés de la Ville rose à vendre leurs produits durant le confinement. C'est avec cet objectif en tête que la startup toulousaine Innoside a créé Shopignon. Cette plateforme "phygitale" gratuite permet de visiter, grâce à la réalité virtuelle, une boutique, consulter les produits à vendre et réaliser des achats. Présentation.
La plateforme Shopignon est disponible gratuitement pour les utilisateurs et les annonceurs.
La plateforme Shopignon est disponible gratuitement pour les utilisateurs et les annonceurs. (Crédits : Innoside)

Depuis des semaines, en France, seuls les "commerces obligatoires" (alimentaire, médicales, etc) sont autorisés à ouvrir. Cela a entrainé une perte de chiffre d'affaires, chez certains petits commerces, qui n'ont pas de solution digitale pour écouler leurs stocks, parfois périssables, tout en respectant les directives de l'État et le confinement.

Soucieuse d'aider ces petites entreprises de la ville, la startup toulousaine Innoside a mis au point Shopignon, une boutique "phygitale" (néologisme de physique et digital) et propose ainsi de rapprocher de manière sensible le réel et le virtuel. La plateforme offre une expérience de réalité virtuelle qui fait entrer l'utilisateur dans la boutique de n'importe quel commerçant à l'aide d'une photographie à 360 degrés et d'un simple smartphone. Ainsi, le client garde ses habitudes, consulte les vitrines des différentes boutiques disponibles, les produits mis en vente et effectue des achats. Shopignon se veut "humaine et innovante, loin de la complexité et de la monotonie des solutions classiques e-commerces."

"La plateforme est née suite à une discussion avec la patronne du commerce Patty's, situé rue Pharaon en centre-ville de Toulouse, sur comment écouler les stocks des commerçants contraints de fermer boutique. L'idée est de conserver un lien visuel et affectif entre le commerçant et le client sans avoir l'impression d'être sur une marketplace telle qu'Amazon. En tant qu'entrepreneur, le fait de réaliser quelque chose pour les autres me fait du bien", explique Julien Miqueu, à l'origine de Shopignon.

Entièrement gratuite pour les annonceurs et les clients, la plateforme toulousaine est disponible via l'adresse web shopignon.com ainsi que sur Google Play Store et App Store. Pour l'instant, seules trois boutiques toulousaines, se situant aux Carmes, sont répertoriées sur Shopignon. Cependant, il y a une possibilité de la déployer sur d'autres périmètres de la Ville rose où les commerçants sont en difficulté.

Lire aussi : "Le e-commerce en Occitanie est affecté par cette crise sanitaire" (J-P Crenn)

Spécialiste du marketing "phygital"

Pour la startup Innoside, cette plateforme est le moyen d'être utile aux autres, tout en restant active durant cette période creuse où son activité principale est impactée. Cette entreprise propose une web-app d'intelligence artificielle pour révolutionner le marketing "phygital" en optimisant le retour sur investissement des campagnes sponsorisées par une meilleure gestion de données comportementales.

"Grâce à des technologies adaptatives, nous prédisons et optimisons les déplacements et le comportement des populations, nous faisons du marketing comportemental. Notre métier consiste à imaginer le potentiel des annonceurs publicitaires dans la rue. Nos clients évoluent généralement dans les secteurs de l'événementiel et du tourisme", détaille le co-fondateur d'Innoside.

Une perte conséquente

En ces temps de crise sanitaire et économique mondiale, l'entreprise qui évolue sur trois marchés géographiques, la France, le Japon et la Chine, a vu ses activités chutter de près de 40 %. L'export représente à lui seul près de 80 % du chiffre d'affaires d'Innoside.

"Les reports d'événements sportifs comme les Jeux Olympiques entrainent des reports de commandes. En ce moment, il n'y a pas de création de business, mais il y a un changement des structures organisationnelles, de la manière de travailler, etc. C'était étonnant au départ mais c'est génial, il y tellement plus d'humain. Il y a bien sûr une baisse du chiffre d'affaires sérieuse mais en même temps, parce que nous nous recentrons sur l'essentiel, nous sommes plus efficaces qu'avant."

Fondée en 2014, la startup emploie 11 salariés entre Toulouse, Montreal, Londres et la Chine (6 employés) où les deux cofondateurs de l'entreprise, Ru Tan et Julien Miqueu, ont investi dans une société de droit chinois. Cette dernière leur permet, entre autres, de participer à des appels d'offres publics.

"Nous avions prévu deux embauches en 2020. Au lieu de les annuler ou les geler, nous avons eu une idée : franchiser les candidats. Nous allons mettre gratuitement à leur disposition une licence d'utilisation de notre technologie afin qu'ils puissent l'exploiter à des fins commerciales. À un moment, il faut faire avec ce que nous avons et trouver des solutions ensemble pour que tout le monde puisse s'en sortir", conclut Julien Miqueu.

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.