Les officines Lafayette achètent des masques en tissu et attendent le go

Commander des masques en tissu sans pour autant avoir l'autorisation d'en vendre au grand public ? C'est le pari que fait le réseau d'officines Lafayette, d'origine toulousaine. La marque qui détient 200 implantations en France a commandé 3,5 millions de masques alternatifs pour interpeler le gouvernement sur cette "situation ubuesque", comme la qualifie son président Hervé Jouves. Explications.
Le réseau d'officines toulousain a commandé des masques alternatifs mais attend le feu vert du gouvernement pour lancer leur commercialisation.
Le réseau d'officines toulousain a commandé des masques alternatifs mais attend le feu vert du gouvernement pour lancer leur commercialisation. (Crédits : Rémi Benoit)

Les masques sont devenus une denrée rare ces dernières semaines en raison de la pandémie de Covid-19. Face au manque de masques à usage unique pour le personnel soignant, de nombreuses entreprises d'Occitanie (comme Nervures, Bleu de Chauffe, Missegle, Tissages Cathares, etc.) se sont lancées dans la production de masques en tissu et coton lavables et donc réutilisables. Et même ces PME agiles sont débordées face à la demande émanant de leurs sites de vente en ligne.

Alors pour tenter de satisfaire un maximum de personnes qui souhaitent se protéger avec cet accessoire, le réseau d'officines né à Toulouse, les pharmacies Lafayette, veut distribuer ces masques dits "alternatifs" à sa clientèle dès que possible.

"Je trouve anormal et ubuesque aujourd'hui que le réseau officinal ne fasse pas partie des entreprises qui peuvent distribuer des masques à la population. Devant cette situation, nous avons décidé de commander des masques en tissu pour notre réseau, qui ne sont donc pas réquisitionnables pour le personnel soignant, afin de le distribuer dès que possible à notre clientèle. Bien sûr, lors de la vente de ces masques, nous ferons de la pédagogie et nos équipes montreront les bons gestes à avoir pour que le port du masque soit efficace", lance Hervé Jouves, le président de Lafayette Conseil.

Un moyen de forcer la main au ministère de la Santé ?

Depuis un décret publié le 13 mars dernier, les pharmacies n'ont plus le droit de vendre au grand public de masques, qu'ils soient à usage unique ou alternatifs, face aux fortes tensions au niveau des stocks. Ainsi, seuls les professions médicales peuvent se rendre dans une officine pour obtenir ces produits. En passant une commande de 3,5 millions de masques alternatifs pour ses 200 boutiques dans toute la France, Hervé Jouves espère ainsi interpeler le gouvernement et plus particulièrement le ministère de la Santé pour changer cette règle et pouvoir ainsi prochainement écouler son stock de masques en tissu.

"L'Académie nationale de médecine vient de recommander vivement que chaque Français porte un masque au moment du déconfinement. Le rôle d'un entrepreneur est d'anticiper. Alors, nous essayons d'interpeller le gouvernement mais nous respectons les consignes. Néanmoins, le réseau Lafayette a la volonté d'être acteur et d'être prêt le jour J quand nous aurons le feu vert", explique le dirigeant.

Pour s'alimenter en masques alternatifs, le groupe Lafayette Conseil a passé un important contrat avec une jeune entreprise d'Île-de-France, Coco&Rico, car les entreprises toulousaines ne pouvaient pas, dans un premier temps, répondre à une telle commande dans les délais souhaités par Hervé Jouves. Dès lors, les 200 parapharmacies Lafayette vont recevoir les premiers masques dès la semaine du 27 avril. "Les livraisons vont s'étaler sur un mois", précise le patron qui compte vendre un masque à moins de 3,50€ l'unité.

Une stratégie de développement revue

Au-delà des masques, d'autres produits ont connu un vif succès depuis le début du mois de mars dans les officines Lafayette. Par exemple, 400 000 bouteilles de gel hydroalcoolique ont été vendues, ainsi qu'énormément de compléments alimentaires.

"Sur l'ensemble de nos produits, nous avons connu une très forte demande du début du mois de mars jusqu'au 18, jour du début du confinement. Depuis, les ventes se sont écroulées de 30 à 40% de chiffre d'affaires", commente Hervé Jouves.

Sans compter que le réseau comptait ajouter 42 officines dans ces rangs en cette année 2020, mais tous les chantiers sont à l'arrêt et certaines implantations seront retardées. Par conséquent, cette stratégie de développement qui devait mener au milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2021 "va être un peu décalée dans le temps", de l'aveu de son président.

Lire aussi : Le groupe toulousain des pharmacies Lafayette en plein boom

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Commentaires 2
à écrit le 25/04/2020 à 13:39
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Excellente nouvelle. Après l'épidemie de COVID le ministére de la santé va par la force des choses subir une grosse réforme. Tous ces gens qui ne savent que dire non, vont se faire liquider en Justice et passer du ministère de la santé à la prison de...

à écrit le 24/04/2020 à 19:00
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ils seront donc en concurrence avec les bureaux de tabac

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