Happy Driver invente une conciergerie automobile pour les entreprises

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Happy Driver propose aux entreprises un service de conciergerie automobile.
Happy Driver propose aux entreprises un service de conciergerie automobile. (Crédits : <small>Reuters</small>)
(Re)lancée en début d’année, la startup toulousaine Happy Driver propose aux entreprises un service de conciergerie automobile pour entretenir à leur place une flotte de véhicules. Grâce à un boîtier électronique installé sur les voitures, HappyDriver veut aussi mieux anticiper les pannes.

Libérer les entreprises de l'entretien de leurs véhicules est la vocation de la startup toulousaine Happy driver. L'idée du projet est née d'un simple constat des concepteurs : le manque de temps des entreprises et des garages, les uns pour gérer leur flotte de véhicules, les autres pour s'occuper des clients et répondre à toutes leurs interrogations.

"Cette problématique va engendrer à long terme une détérioration de la communication entre les deux et laisser place à une absence de confiance du client. Aujourd'hui, il existe des garages et des clients qui entretiennent une relation directe. Mais il y a clairement de la méfiance de la part du client qui a du mal à trouver un interlocuteur digne de confiance pour s'occuper de son auto et lui expliquer les différentes interventions", affirme Nicolas Glaume directeur général d'Happy Driver.

De ce constat a fleuri l'idée d'une conciergerie automobile qui prend en charge de "A à Z" l'entretien des véhicules des entreprises. "Nous nous sommes dit que l'on pouvait s'intercaler dans cette relation garagiste/client et y tenir un rôle. Pour faire gagner du temps aux différents acteurs tout en instaurant un climat de confiance", raconte Nicolas Glaume.

Un boîtier électronique pour suivre en temps réel l'état du véhicule

Pour faciliter la tâche aux entreprises détentrices de véhicules, la startup propose une solution basée sur "l'humain et la technologie". Tout d'abord, un concierge automobile est dédié à l'entretien et à la gestion des véhicules. "Il va chercher la voiture chez le client et l'emmène dans un garage partenaire pour de l'entretien, de la révision ou de la réparation. Il gère les interventions et contrôle la facturation", explique le co-fondateur de la startup. "Il est un réel tiers de confiance", ajoute-t-il.

Ce professionnel a tout de même besoin d'informations pour fournir ses conseils et juger de la nécessité ou non des interventions. Il peut compter, pour cela, sur un boîtier électronique installé sur chaque véhicule. "Cet outil informe en temps réel de l'état de la voiture et nous alerte en cas de dysfonctionnements ou incidents. C'est de la surveillance en continu qui va nous permettre d'anticiper les problèmes", précise le jeune entrepreneur. Une fois collectées, ces données (kilométrage, consommation, niveaux, assurance...) sont centralisées sur un logiciel qui est l'équivalent d'un carnet d'entretien, en ligne cette fois.

En plus de cette constante surveillance, des contrôles réguliers sont effectués sur la carrosserie, les pneumatiques, le niveau des fluides, le pare-brise, les vitres latérales...etc, pour s'assurer du bon état extérieur du véhicule et réaliser de possibles interventions si nécessaires.

Nouvelle version et nouveau modèle économique

L'équipe d'Happy Driver a donc pensé aux moindres détails pour satisfaire le client mais aussi pour ne pas reproduire les erreurs du passé. Car oui, Happy Driver existait déjà il y a quelques mois. "Le concept était top mais le modèle économique à améliorer", admet Nicolas Glaume. Une nouvelle équipe de six collaborateurs a donc été formée. Elle est composée d'anciens et de nouveaux membres dont Nicolas Glaume.

"Ce qui change par rapport à l'ancienne version d'Happy Driver c'est le format et la cible. Avant la prestation était ponctuelle, lorsqu'un particulier avait un problème sur son véhicule il faisait appel à Happy Driver. Aujourd'hui notre prestation s'adresse exclusivement aux entreprises à qui nous apportons un suivi en continu. L'automobile est un business bâti sur la confiance. Le Français est généralement méfiant lorsqu'il s'agit de sa voiture et ne veut pas dépenser énormément d'argent", continue-t-il.

Aujourd'hui complément repensée, la startup propose à ses clients un abonnement mensuel au prix de 25 euros par mois et par véhicule, hors taxes.

"Lorsqu'une intervention est nécessaire, nous sommes amenés à prélever une commission sur la facture du garagiste partenaire. Cependant, cette commission n'est pas systématique et n'a aucune répercussion sur la tarification qui reste raisonnable et au prix standard du marché. Si un client doit payer 100 euros, il paiera 100 euros sans se déplacer ni avoir à se préoccuper de l'intervention à réaliser, c'est du clef en main", rassure le co-fondateur.

"Il faut tester la viabilité de notre modèle"

Avec une centaine de véhicules pris en charge dans toute la région toulousaine, la petite équipe profite de l'absence de concurrents directs sur le marché de la conciergerie automobile. "Les contrats d'entretien commencent à apparaître, mais ils ne couvrent pas toutes les problématiques que l'on peut rencontrer et sont assez onéreux", indique le directeur général de la startup.

Soucieux de bâtir un modèle durable pour l'avenir, le jeune entrepreneur ne veut pas se précipiter au risque de griller certaines étapes

"Avant d'envisager une levée de fonds comme la majorité des startups, il faut tester la viabilité de notre modèle. S'il fonctionne avec une extension rapide, là, nous y songerons. Mais pour l'instant, nous ne sommes pas pressés. Nous avons encore besoin d'acquisitions, de références et de la satisfaction de nos premiers clients. L'idée, c'est de fonder quelque chose de solide et de connaître nos limites", conclut-il.

Depuis quelques mois, HappyDriver a rejoint l'incubateur Nubbo à Toulouse pour parfaire son concept.

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