Voitures autonomes : qu'en pensent les Toulousains ?

Samedi 27 janvier, cinq villes françaises dont Toulouse ont accueilli un débat citoyen sur les véhicules sans chauffeur. L'idée était de donner la parole à des habitants pas forcément experts sur le sujet, de différentes catégories socio-professionnelles, urbains ou non... Reportage.

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100 habitants ont participé au débat citoyen dans la Ville rose.
100 habitants ont participé au débat citoyen dans la Ville rose. (Crédits : Rémi Benoit)

Richard, la cinquantaine, est ingénieur en informatique et habite à 30 km de Toulouse. Laurence, la quarantaine, travaille au service des achats d'Airbus et vit dans le quartier de Lardenne. Pascal, 30 ans, opère dans le web et vit dans l'hypercentre de la Ville rose. Voici le profil de quelques uns des participants croisés samedi 28 janvier au débat citoyen sur les voitures autonomes, un événement organisé par l'agence Missions publiques simultanément sur cinq sites en France (Toulouse, Rennes (35), La Rochelle (17), Conflans-Sainte-Honorine (78), Sophia Antipolis (06)).

"Nous voulons donner la parole à des personnes non-expertes sur le sujet, de catégories socio-professionnelles variées, de différents âges, qu'ils soient urbains ou non... À la différence d'un sondage qui est réalisé par téléphone et où l'on donne deux minutes aux gens pour réfléchir à un thème, nous allons animer une réflexion pendant toute une journée sur le sujet", nous expliquait début janvier Typhanie Scognamiglio, cheffe de projet à Missions publiques.

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Des habitants de toute l'agglomération toulousaine ont participé au débat (Crédit : Rémi Benoit).

Au final, dans la Ville rose près de 100 habitants ont répondu à l'appel. "Nous avons un peu plus d'hommes que de femmes mais il y a beaucoup d'habitants profanes sur la question des véhicules sans chauffeur. Ils viennent de toute l'agglomération (Toulouse Métropole et le Sicoval sont partenaires du débat, NDLR)", se félicite Elian Belon, membre de Missions publiques.

Une manière de récréer de la sociabilité ?

Il est 9h30 quand les discussions démarrent dans la salle Barcelone par petits groupes. Chacun se présente et explique son rapport à la voiture. "Je ne voulais pas passer de permis, déjà à l'époque je devais espérer la voiture sans chauffeur", plaisante Pascal qui revendique son mode de vie urbain. Lui aimerait que les véhicules sans chauffeur soient pensés de manière à recréer de la sociabilité entre les habitants. "Dans le métro, personne ne se parle alors que lors d'un covoiturage il est impensable de ne pas parler avec ses voisins", remarque-t-il. Le Toulousain pointe l'image qui figure dans la brochure d'explication du débat distribuée aux participants. On y voit des enfants jouer à des jeux de société avec leurs parents qui n'ont plus besoin de conduire. "Ce serait idéal pour jouer à la belote", intervient Jean-Paul, un retraité.

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Membre d'une association de quartier, Jean-Luc voit dans les voitures autonomes un mode de déplacement accessible aux personnes âgées. "Déjà à mon âge, parfois je ne suis pas très confiant sur la route", confie-t-il. De son côté, Laurence se dit prête à abandonner sa voiture personnelle "si une voiture peut la déposer d'un point A à un point B", ce qui est compliqué actuellement avec les transports en commun dans le quartier de Lardenne.

Une perte de liberté ?

Au contraire, Richard, l'informaticien met en avant la "conduite plaisir" qui pourrait disparaître si toutes les voitures devenaient sans chauffeur : "Si on ne maîtrise plus la voiture, quel est l'intérêt de rouler ? On perd une certaine forme de liberté. Le week-end, moi j'aime bien prendre ma voiture pour me balader où j'ai envie". Jean-Paul, retraité, abonde et complète : "Si on ne maîtrise plus la voiture, ça veut dire qu'on ne peut plus se promener, s'arrêter au bord de la route par ce que l'on veut admirer un champ de coquelicots ou ramasser quelques champignons". Charlotte, UX designer chez Continental, elle en est persuadée : "l'urgence écologique et les avancées technologies prendront le pas sur la liberté de conduire".

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Les participants ont rempli des questionnaires pour recueillir leur avis sur la voiture autonome (Crédit : Rémi Benoit).

Certains s'inquiètent des pertes d'emplois chez ceux dont le métier est de conduire. "Chauffeur-routier c'est un métier-passion, pour eux la voiture sans chauffeur ce n'est pas un progrès mais plutôt une force de déchéance. Et puis quand on a fait ça pendant des années, c'est dur pour ces personnes de se reconvertir", alerte Richard qui est membre d'une association pour la réinsertion professionnelles des plus de 50 ans.

Au terme de la première journée de débat, les premiers résultats tombent. Les participants sont en majorité prêts à laisser de côté leur voiture personnelle.

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Ils y voient une manière de se déplacer plus facilement en limitant les embouteillages,  espérant une réduction des accidents de la route et des véhicules moins émetteurs de CO2.

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Les résultats complets seront diffusés d'ici quelques mois auprès des collectivités.

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