DropKick, le lanceur de ballons de rugby conçu par l'Insa pour le Stade Toulousain

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Dropkick, permet aux rugbymen de s’entraîner à la réception des coups de pied d’envoi.
Dropkick, permet aux rugbymen de s’entraîner à la réception des coups de pied d’envoi. (Crédits : Rémi Benoit)
Tout comme le tennis ou encore le football américain, le rugby a enfin son lanceur de ballons. Sollicité par le centre de formation du Stade Toulousain, l’Insa vient de fabriquer Dropkick, un engin qui tire automatiquement et avec précision des balles et permet aux rugbymen de s’entraîner à la réception des coups de pied d’envoi. Le robot a été présenté ce lundi 16 avril en présence de ceux qui ont fait ou font encore la gloire des Rouge et Noir comme Jean Bouilhou ou encore Fabien Pelous et Antoine Dupont.

En collaboration avec le Stade Toulousain, l'équipe du département de génie mécanique de l'Insa de Toulouse vient de mettre au point un lanceur de ballons de rugby. Cette machine nommée DropKick est destinée à faire travailler les (jeunes) joueurs sur la réception des coups de pied d'envoi. Mais avant d'être conçue et fabriquée, DropKick a d'abord été imaginée par Fabien Pelous, l'ex-seconde ligne du Stade Toulousain et Pierre Escalier, directeur du centre de formation des Rouge et Noir.

"Nous avions une problématique, notamment dans les petites catégories, pour le travail de réception des coups de pied. Les joueurs, encore jeunes, ne maîtrisent pas forcément, la longueur, la puissance et la trajectoire de la balle. Et dans un monde qui est de plus en plus robotisé, un lanceur de ballons nous paraissait un moyen intéressant à explorer. Nous nous sommes donc tournés vers l'Institut national des sciences appliquées de Toulouse et Manuel Paredes (directeur du département de génie mécanique de l'Insa). Pour penser la machine, je lui avais dit qu'il fallait qu'elle soit simple et robuste", raconte l'ancien capitaine du XV de France.

DropKick

 Fabien Pelous, ancien deuxième ligne du XV de France et du Stade Toulousain (à gauche) en compagnie de Bertrand Raquet, directeur de l'Insa Toulouse. (Crédits : Rémi Benoit)

Et ce sont ces deux critères qui ont guidé le travail des concepteurs. "Nous avons d'abord identifié le besoin principal, j'ai ensuite rencontré Fabien Pelous et les éléments sont venus très naturellement. On avait pour objectif de réaliser quelque chose de simple, facile à fabriquer et qui répond parfaitement à la demande", explique Manuel Paredes, un des concepteurs du robot.

"La difficulté c'était de faire simple"

Durant deux années, les ingénieurs du département de génie mécanique de l'Insa et Fabien Pelous ont étroitement collaboré pour concevoir le lanceur de ballons.

"La difficulté c'était de faire simple", atteste Manuel Paredes. "Je ne cesse de dire à mes élèves que face à un problème, il faut beaucoup réfléchir pour trouver une réponse simple, de sorte qu'une personne qui n'y connaît rien comprenne tout", ajoute-t-il.

Le prototype final est en acier recyclé et pèse une centaine de kilos. "Nous avions besoin que la machine soit un peu lourde pour qu'au moment de l'impact elle reste stable". Pour actionner le tir, il suffit de placer un ballon sur le tee prévu à cet effet à l'avant de l'engin et d'appuyer sur le bouton marche situé à l'arrière. La balle est ensuite propulsée par un ressort placé à l'intérieur. Selon la position du Dropkick, il est possible d'avoir une trajectoire en cloche ou plus tendue pour une distance de 20 mètres.

DropKick

Démonstration de tir du DropKick (Crédits : Rémi Benoit).

Un gyrophare est installé sur la machine pour prévenir les joueurs du déclenchement du tir, mais aussi pour faire en sorte que les lignes arrières puissent synchroniser leur course, afin de franchir, ensemble, la ligne de hors jeu au moment où il s'illumine. Elle est également équipée d'un bouton arrêt d'urgence, en cas de problèmes. Sa batterie a quant à elle une autonomie d'une centaine de tirs.

"La gestion de la puissance de tir n'est pas possible car ce n'était pas un besoin du Stade Toulousain. Nous n'avons pas ajouté d'éléments superflus, qui compliquent le mécanisme et augmentent le coût", clarifie Manuel Paredes

Un brevet déposé et une future commercialisation envisagée

Pour l'instant, le DropKick est en phase d'expérimentation et sera utilisé durant près d'une année par le centre de formation du Stade Toulousain.

"Leur retour d'expérience va nous permettre de faire des ajustements, corriger des défauts et répondre à de nouveaux besoins s'il y en a", projette M. Paredes.

Si pour l'instant, le lanceur de ballon est en "version bêta", un brevet a tout de même été déposé par la Toulouse Tech Transfer, partenaire de l'Insa, pour éviter les copies. " Il s'agit d'un maillon indispensable qui permet à nos découvertes et innovations de quitter le campus et de servir à d'autres structures", se réjouit d'avance Bertrand Raquet, directeur de l'Insa Toulouse.

DropKick

Les différents contributeurs du DropKick (Crédits : Rémi Benoit).

De son côté, Pierre Dufresne, le président de Toulouse Tech Transfer, envisage déjà "de trouver de futurs partenaires pour fabriquer la machine en quantité et la distribuer, pourquoi pas". DropKick pourrait être vendue à des clubs professionnels et centres de formation de rugby pour une somme qui ne "dépasserait pas les 2 000 euros".

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