Dans la campagne de Toulouse, le 100e singe allie coworking et formation des néo-paysans

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Le collectif du 100e singe vise notamment à donner un terrain d'expérimentation aux néo-paysans.
Le collectif du 100e singe vise notamment à donner un terrain d'expérimentation aux néo-paysans. (Crédits : Florent Duchêne / Le 100e singe)
Un collectif de 11 personnes a décidé de reconvertir un corps de ferme du Lauragais en espace de coworking, d'y implanter une micro-ferme bio et de mettre à disposition des néo-agriculteurs des parcelles pour tester leur projet. En pleine phase de crowdfunding, le 100e singe espère ouvrir d'ici l'été prochain.

C'est un projet atypique qui est en train voir le jour à Belberaud. Dans cette petite commune périurbaine d'un millier d'âmes au Sud-Est de Toulouse, en Haute-Garonne, le collectif du 100e singe veut donner une deuxième vie à un ancien corps de ferme et ses 7 hectares de terrain. Quatre espaces collaboratifs sont envisagés  :

"Les 400m2 de l'ancienne ferme seront transformés en bureaux partagés. Il y aura aussi une salle de réunion. Ensuite sur un hectare, nous voulons créer une micro-ferme bio en permaculture. Les coworkers pourront sur leur temps de pause donner un coup de main à la culture des fruits et légumes. La ferme sera expérimentale et pourra accueillir des instituts de recherche et de formation.

Par ailleurs, nous allons mettre 10 parcelles de 500 m2 à disposition de néo-agriculteurs pour qu'ils testent leur projet de reconversion. Dans une deuxième phase, nous voulons accueillir une table d'hôtes zéro-déchet qui pourra utiliser les légumes produits par la micro-ferme pour cuisiner", décrit Amandine Largeaud, coordinatrice du 100e singe.

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Une micro-ferme verra le jour à Belberaud (Crédit: Le 100e singe).

Donner un terrain d'expérimentation aux néo-paysans

Originaire de Saint-Orens, Amandine Largeaud a travaillé pendant 10 ans au Burkina Faso. "Je revenais chaque année dans la région et j'ai pu voir petit à petit l'évolution. Mon village entouré de champs est devenu une ville-dortoir et personne ne se préoccupe du devenir de ces espaces périurbains".

Un autre phénomène sociologique a inspiré la création du collectif du 100e singe :"Dans mon entourage, je connais beaucoup de gens qui ont quitté leur CDI pour remettre du sens dans leur travail", relève la trentenaire. Cette quête passe de plus en plus par un retour à la terre, observé par un autre porteur du projet, l'ingénieur agronome David-Alexandre Lobry : "Les formations de reconversion agricole, il y a encore quelques années, peinaient à boucler leur effectif, elles ont aujourd'hui des listes d'attente. Rien qu'en Haute-Garonne et en Ariège, plusieurs centaines de candidatures sont enregistrées".

Toutefois, ces aspirants agriculteurs n'imaginent pas toujours les implications de cette nouvelle activité.

"Il s'agit d'un changement de vie radical pour des personnes qui ne sont souvent pas issues d'un milieu agricole. Certains se lancent parce qu'ils aiment cultiver leur potager mais n'imaginent pas que les problématiques sont différentes sur un champ. Pour celles qui touchaient un salaire de 2000 ou 3000 euros nets, il faut s'habituer à un revenu nettement inférieur, observe David-Alexandre Lobry.

Expérimenter la culture maraîchère sur un demi-hectare en étant accompagné permet de limiter la prise de risque plutôt que de se lancer directement dans l'acquisition d'un terrain de 20 hectares et de se rendre compte au bout d'un an et demi qu'on est pas fait pour ce métier."

Le 100e singe est porté par un collectif de 11 personnes. Une campagne de crowdfunding est en cours sur la plateforme Ulule avec l'objectif de récolter 30 000 euros. Les 230 000 euros de fonds restants nécessaires seront apportés par des donateurs privés à l'instar de la chaîne de magasins Biocoop mais aussi des collectivités locales comme le Sicoval ou le Conseil départemental. Le collectif espère réaliser les travaux d'aménagement dans les prochains mois pour une ouverture à l'été 2018. La deuxième phase du projet (la table d'hôtes qui requiert un financement supplémentaire de 90 000 euros) devrait être réalisée d'ici deux ans.

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