Urbanisme : la nouvelle stratégie de la Sem Oppidea à Toulouse

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Gilles Broquère, président d'Oppidea
Gilles Broquère, président d'Oppidea
Réorganisation interne, économies sur les achats de terrain, retour à l’équilibre espéré en 2015 et 1600 logements lancés cette année... Un peu plus d’un an après le changement de majorité à la Mairie de Toulouse et à Toulouse Métropole, la Sem Oppidea, bras armé de Toulouse Métropole en matière d’aménagement, dresse un premier bilan. Gilles Broquère, président d'Oppidea, explique comment la Sem s'est adaptée à la baisse de la densification urbaine souhaitée par les élus.

"Oppidea est avant tout un instrument de Toulouse Métropole. Nous nous adaptons donc à la volonté de la collectivité et, pour cela, nous sommes en phase de réorganisation", a expliqué aujourd'hui face à la presse Gilles Broquère, président d'Oppidea et vice-président de Toulouse Métropole.

La nouvelle stratégie d'Oppidea suit donc les préconisations du cabinet Deloitte, mandaté l'année dernière pour auditer la Sem (Société d'économie mixte). Les conclusions de cet audit faisaient état d'une société assez saine, disposant d'un réel potentiel de développement mais nécessitant de s'organiser en interne autour de chefs de projets et de se recentrer sur l'aménagement. Deux pôles opérationnels et un pôle commercial et développement ont ainsi été créés.

"Notre objectif est d'arriver à l'équilibre des comptes financiers fin 2015 et, pour y parvenir, le mot d'ordre est l'optimisation des moyens et des dépenses", prévient Gilles Broquère.

En 2014, le chiffre d'affaires d'Oppidea était de 52 millions d'euros dont 7 millions d'euros d'honoraires perçus. Les résultats d'exploitation de la Sem étaient cependant déficitaires en 2013 (- 450 000 euros) et ce sera encore le cas pour 2014 (la publication des résultats est attendue d'ici quelques jours).

Oppidea ne portera plus de foncier sur de longues durées

Illustrant le plan d'économies mis en place, Oppidea a décidé de réduire la voilure en matière d'achat de foncier dans le cadre des futures Zac (zone d'aménagement concerté). Une décision justifiée par la nécessité de s'adapter aux nouvelles contraintes économiques.

"La métropole a moins d'argent. Nous ne pouvons donc plus imaginer de porter des fonciers pendant dix ans dans la gestion des futurs projets urbains", explique Gilles Broquère.

Le nouveau mode opératoire concernera par exemple la Zac de Malepeyre. Un territoire de 100 hectares, situé à la jonction des communes de Saint-Orens et du quartier Montaudran, sur lequel est prévue la construction de 5 000 logements. Oppidea ne sera propriétaire que d'un quart ou d'un tiers du foncier. Le reste sera acheté directement par les promoteurs qui devront se soumettre aux règles de constructibilité fixées par la Sem. Selon Oppidea, cette nouvelle procédure ne fera pas flamber les prix des fonciers :

"Nos règles de constructibilité seront contraignantes pour les promoteurs et cela jouera sur les prix. Enfin, d'autres métropoles comme Lyon ont déjà recours à cette pratique sans que cela n'ait fait monter les prix", estime Emmanuel de Séverac, directeur d'Oppidea.

À ce jour, la Sem dispose d'un stock de foncier équivalent à 200 millions d'euros dans la métropole mais, à l'avenir, les achats de l'établissement public foncier (EPFL), chargé justement de réaliser ces réserves, devraient se concentrer sur le quartier Matabiau.

Après la pause, des projets relancés en 2015

Après le temps de l'adaptation à la nouvelle gouvernance en 2014, les dirigeants d'Oppidea annoncent "l'accélération pour 2015" avec notamment l'attribution de droits à construire pour l'équivalent de 1 600 logements d'ici à la fin de l'année.

"Il y a eu, c'est vrai, une pause sur une douzaine de programmes et des modifications, conformément à la volonté de plusieurs élus avec, à la clé, un phénomène de dédensification en première et deuxième couronnes", décrit Emmanuel de Séverac.

C'était le cas notamment à Balma-Gramont (- 150 logements) et à Seilh.

Pour l'heure, la Sem relance la Zac Toulouse Montaudran Aerospace (TMA) dont elle est aménageure, et celle de Saint-Martin-du-Touch. Elle annonce le lancement de la troisième tranche de Vidailhan avec trois programmes d'habitat intermédiaire de 133 logements.

Les chefs de projets de Toulouse Métropole

Concernant la nomination annoncée par Toulouse Métropole d'un bureau d'études spécialisé chargé de l'assister dans le choix des positionnements thématiques de plusieurs zones d'activités du territoire (TMA, le Pex, Matabiau), les responsables d'Oppidea assurent qu'ils seront totalement associés au choix de ces chefs de projets. "Il y aura un comité de pilotage par projet et Oppidea en fera partie", assure Gilles Broquère.

"Charge à Oppidea d'aménager ces zones, ce que nous faisons déjà pour TMA, tandis que les politiques doivent expliquer l'attractivité de la zone. Ce message sera porté par le chef de projet qui aura un rôle d'animateur", estime aussi Emmanuel de Séverac.

Les nominations des premiers chefs de projets sont attendues d'ici à fin juillet.

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