"Oppidea doit se recentrer sur son métier : l'aménagement". Interview du nouveau président Gilles Broquère

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Gilles Broquère
Gilles Broquère
Élu jeudi dernier à la présidence d'Oppidea, Gilles Broquère, le maire de Fenouillet, livre sa stratégie pour un retour à l'équilibre de la SEM dans les cinq ans. Il demande plus de rigueur et de transparence dans la gestion d'Oppidea, bras armé de Toulouse Métropole dans le domaine de l'urbanisme. Interview. Élu à la présidence d'Oppidea, vous venez d'approuver les comptes 2013 de la SEM après avoir parlé de déficit, quelle est vraiment la situation ?

Élu jeudi dernier à la présidence d'Oppidea, Gilles Broquère, le maire de Fenouillet, livre sa stratégie pour un retour à l'équilibre de la SEM dans les cinq ans. Il demande plus de rigueur et de transparence dans la gestion d'Oppidea, bras armé de Toulouse Métropole dans le domaine de l'urbanisme. Interview.

Élu à la présidence d'Oppidea, vous venez d'approuver les comptes 2013 de la SEM après avoir parlé de déficit, quelle est vraiment la situation ?
Nous étions en effet très inquiets à propos de la santé financière d'Oppidea car les éléments dont nous disposions sur les budgets de 2012 n'étaient pas extraordinaires. Depuis, les comptes de gestion 2013 ont été validés malgré un résultat d'exploitation toujours négatif (- 487 000 €). La situation est cependant en voie d'amélioration car les comptes 2012 indiquaient un déficit de 800 000 €. Je rappelle par ailleurs qu'Oppidea est une société récente, elle n'a que trois ans. Pour 2013, le bénéfice net quant à lui, est positif (250 000 €) grâce à des produits financiers placés.

Est-ce le portage de fonciers, fait par Oppidea dans un contexte de commercialisation ralenti des logements, qui explique ces résultats ?

C'est une des raisons mais ce n'est pas la seule. Oppidea a par ailleurs porté certaines opérations de construction en direct : c'est le cas du programme Syrrah qui comprend 50 logements à Andromède. Cette opération est pour l'heure déficitaire.

Quelle sera votre stratégie pour redresser la barre ?
Dès la mi-juillet, les comptes-rendus d'activités pour la collectivité locale* (CRACL) seront votés. Il en existe un pour chaque opération d'aménagement en cours, cela va nous permettre de faire un bilan projet par projet et de définir des méthodes. Un audit sera alors lancé pour faire un point sur les conditions de retour à l'équilibre d'Oppidea dans les 5 prochaines années. Quoi qu'il en soit, il y aura des priorités et nous ne pourrons pas tout faire, Oppidea devra se recentrer sur son cœur de métier : l'aménagement. Je souhaite aussi plus de rigueur et de transparence dans le fonctionnement, et la mise en place de méthodes pour accélérer les procédures de décisions. Enfin je suis favorable à la mise en place de partenariats publics-privés dans la mise en œuvre de futurs projets d'aménagement.

Certaines Zac, encore très embryonnaires (Seilh, Laubis, Piquepeyre...) pourront-elles être arrêtées ?

Il est trop tôt pour le dire, mais je vais entamer une tournée des élus concernés par les 24 opérations en cours pour adapter les rythmes de ces nouveaux quartiers. Je pense qu'il faut humaniser les Zacs. Concernant Piquepeyre à Fenouillet par exemple, que j'avais initiée en d'autres temps dans des modalités différentes, je peux vous dire que les gens qui se sont installés dans la couronne toulousaine voient d'un mauvais œil ces projets de trop grande densité. C'est évidemment le président de la communauté urbaine qui donnera le tempo et il n'est pas question de tout arrêter. Je pense cependant que l'action d'Oppidea doit correspondre aux volontés des élus et des citoyens. Des Zac comme La Cartoucherie ou Vidailhan qui sont des opérations phare se feront, mais sans doute à un rythme différent et avec des modifications.

Vous avez conforté Emmanuel de Séverac au poste de directeur général délégué d'Oppidea, quelle sera sa mission ?
Nous avons défini ensemble son périmètre d'activité notamment autour de la gestion de grandes opérations et nous travaillerons avec plus de concertation.

Propos recueillis par Béatrice Girard
©photo Rémi Benoir

*Les comptes-rendus d'activités pour la collectivité locale (CRACL) sont des documents contractuels qui permettent à la collectivité locale de faire pour chaque Zac, l'état des lieux de l'année écoulée en matière de dépenses et travaux et des projections sur les prochaines années.

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