Trophées de l’aéronautique : Anne-Charlotte Fredenucci manageuse de l’année 2018

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Anne-Charlotte Fredenucci est à la tête d'Ametra depuis 2008.
Anne-Charlotte Fredenucci est à la tête d'Ametra depuis 2008. (Crédits : Rémi Benoit)
Anne-Charlotte Fredenucci, présidente d’Ametra Group (intégration de sous-système aéronautiques), a été désignée manageuse de l’année 2018 par le jury des Trophées de l’aéronautique organisés par La Tribune, dont les résultats ont été dévoilé jeudi 18 octobre. À cette occasion, la lauréate revient sur les risques qui pèsent sur les PME d’être exclues à court terme des grands programmes aéronautiques et sur sa vision de l’usine du futur. Entretien.

La Tribune : Lors de la soirée des Trophées de l'aéronautique, Sébastien Maire du cabinet Kea & Partners a présenté les résultats de l'étude "Compétitivité des fournisseurs aéronautiques européens" qui montre qu'une majorité de fournisseurs - et plus particulièrement les PME et TPE - risquent d'être exclus des grands programmes aéronautiques s'ils ne se regroupaient pas. Quelles sont vos réactions à cette étude ?

Anne-Charlotte Fredenucci : Je partage totalement ces résultats. Nos grands clients (les constructeurs aéronautiques, tel Airbus, ndlr) nous ont déjà alerté sur ce risque il y a cinq ans, il y a deux ans... Maintenant, cela devient une réalité. La concurrence internationale impose aux fournisseurs aéronautiques d'accroître leur exigence de qualité et de réactivité. En ce qui concerne l'excellence opérationnelle, il faut être parano, c'est un impératif de survie.

Votre entreprise a connu en 2009 d'importantes difficultés financières suite à la crise du secteur. Comment avez-vous redressé la barre ?

Ametra s'est tout d'abord inscrit dans le programme "Performance industrielle", puis nous avons rejoint l'accélérateur d'ETI du Gifas (Ambition PME-ETI). C'est un programme parfois difficile pour les chefs d'entreprise. Il n'est pas évident d'être challengé et parfois même bousculé dans ses certitudes... A la suite d'un audit, nous avons lancé une analyse stratégique que l'on est en train de déployer. Cette analyse va nous permettre d'élaborer notre plan stratégique, Vison Ametra 2050, que nous communiquerons en interne en fin d'année. J'ai aussi participé à un voyage d'étude en Inde qui m'a permis de signer un accord de joint-venture pour l'ouverture d'une usine au 1er janvier 2019. Enfin, nous venons de créer un centre de recherche, Ametra Research, pour lequel nous sommes en train de recruter une équipe de docteurs. Notre objectif est de réaliser du co-développement technologique avec nos clients.

Trophées de l'aéro 2018

Près de 500 personnes étaient présentes pour la sixième édition des Trophées de l'aéronautique au musée de l'Aéroscopia. / Crédits : Rémi Benoit.

LT : Vous avez aussi lancé un plan de digitalisation de vos processus de fabrication...

Oui, nous avons totalement supprimé le papier dans le processus de fabrication. Tous les dossiers sont sur tablettes tactiles fournies aux compagnons, opérateurs et techniciens. Nous sommes en continuité numérique du bureau d'études à la production. Cela permet, par exemple, d'être certain que le dossier méthode est à jour et cela offre, de plus, la possibilité au compagnon d'interagir. Pour moi, l'usine 4.0 c'est vraiment l'opposé des "Temps modernes" de Chaplin : cela permet de remettre l'opérateur au centre du processus de production en faisant remonter directement ses remarques. Cela nous permet d'accroître notre chaîne de valeur mais aussi d'améliorer notre excellence opérationnelle.

En tant que manageuse aéronautique de l'année, quel conseil donneriez-vous à ces PME qui se trouveraient dans cette zone d'exclusion des programmes aéronautiques ?

Faites un choix ! Voulez-vous être consolidés ou consolidateur ? Nous avons la chance d'avoir une filière qui dispose de très nombreux outils pour les PME : le programme Performance industrielle et l'accélérateur d'ETI Ambition PME-ETI du Gifas, l'accès aux donneurs d'ordre pour définir sa stratégie, des sources de financement via ACE Management ou Irdi Sordidec. Ne restez pas spectateur des mouvements en cours...

Les autres lauréats de l'édition 2018

Catégorie Adaptation au marché et structuration de la supply chain : Sogeclair

Siège social : Blagnac (Haute-Garonne)

Activité : Ingénierie de haute technologie (aéronautique et spatial, véhicules légers) et simulation de produits industriels

Lire aussi : Aéronautique : Sogeclair et Addup créent une joint-venture spécialisée fabrication additive

Trophées de l'aéro 2018

Crédits : Rémi Benoit.

International : Sécamic

Siège social : Paris, siège administratif , Buc (Yvelines) pour le commercial

Activité : Maintenance, remise en vol et modernisation d'avions et hélicoptères militaires destinés à la revente

Trophées de l'aéro 2018

Crédits : Rémi Benoit.

Innovation et transfert de technologies : Projet Solgreen2

Porté par : Liebherr Aérospace

Activité : Recherche d'une solution innovante de sol-gel pour remplacer le chrome hexavalent, hautement toxique, dans les traitements anticorrosion

Trophées de l'aéro 2018

Crédits : Rémi Benoit.

Startup : Uwinloc

Siège social : Blagnac (Haute-Garonne)

Activité : Conception d'étiquettes de localisation d'objets dans des bâtiments sans batterie

Lire aussi : Uwinloc lève 4,5 millions d'euros pour s'étendre à l'étranger

Trophées de l'aéro 2018

Crédits : Rémi Benoit.

Industrie du futur et performance industrielle : Gillis Aéro

Siège social : Dieupentale (Tarn-et-Garonne)

Activité : Fabrication de vis et fixations aéronautique en petite et moyenne séries

Trophées de l'aéro 2018

Crédits : Rémi Benoit.

Prix spécial du jury : Grégoire Blondel

Siège social : Morcourt (Aisne)

Activité : Transport routier, logistique et aérologistique

Trophées de l'aéro 2018

Crédits : Rémi Benoit.

Lire aussi : Trophées de l'aéronautique : qui sont les nominés 2018 ?

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