Spatial : MEOSS aide les collectivités à viser la neutralité carbone

La société toulousaine MEOSS a mis au point un outil cartographique pour aider les collectivités à se conformer à une trajectoire bas carbone. À partir d'images satellitaires montrant l'occupation des sols, la solution permet de suivre l'impact de l'artificialisation de certaines zones du territoire et de calculer l'effet de mesures de compensation comme la replantation de végétation.

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(Crédits : MEOSS)

La France s'est fixée pour objectif d'atteindre la neutralité carbone en 2050. Autrement dit, l'ambition est qu'à cet horizon toutes les émissions de gaz à effet de serre du pays soient compensées des puits de carbone. Partout dans l'Hexagone, des collectivités tentent d'atteindre cette cible à l'échelle de leur territoire. Mais les élus manquent d'outils pour mesurer et prédire la portée de leurs plans climat. "Autant il est facile de mesurer des kilomètres de voirie, autant il est beaucoup plus ardu d'évaluer la séquestration du carbone", fait remarquer Thomas Ferrero, président de MEOSS.

Une carte pour visualiser l'impact de l'occupation des sols

Cette société toulousaine fondée en 2018 vient de lancer la commercialisation d'un outil cartographique de suivi des flux carbone sur un territoire destiné aux collectivités territoriales mettant en place une trajectoire bas carbone. La solution s'appuie sur des cartes d'occupation des sols produites par des images satellite.

"Sur la carte, la collectivité voit apparaître en blanc les zones où la séquestration carbone est nulle comme par exemple les parkings et à l'inverse en bleu foncé figure par exemple une forêt gérée en agroforesterie. L'outil permet aussi de comparer l'évolution de l'occupation des sols d'une année sur l'autre. En vert apparaissent les zones où la tendance est positive et inversement en rouge là où elle est négative par exemple si un parking a été construit à la place d'une prairie. L'idée c'est que les élus puissent voir sur la globalité de leur territoire si leur action va dans la bonne direction et peut leur permettre de viser la neutralité carbone", détaille Thomas Ferrero.

L'exemple ci-dessous montre l'évolution des flux de carbone dans une commune des Landes entre 2009 et 2015  Dans la zone entourée, la forêt de feuillus a laissé place à une zone industrielle.

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Exemple de carte de flux de carbone (Crédits : MEOSS).

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La forêt de feuillus a été remplacée par une zone industrielle (Crédits : MEOSS).

"Le stock de carbone organique d'une forêt de feuillus est plus de cinq fois supérieur à celui d'un sol imperméabilisé", évalue ainsi MEOSS. Les collectivités disposent déjà d'un premier niveau de cartographie de l'occupation des sols mais avec une définition assez grossière, de l'ordre de 10 hectares, qui ne permet pas d'évaluer par exemple l'impact de la construction d'un parking. Avec sa solution, MEOSS veut atteindre une précision dix fois supérieure, de l'ordre de l'hectare.

L'outil est destiné aux grandes collectivités ou aux rassemblements de collectivités,(communautés d'agglomération, communautés de communes). Du côté des acteurs privés, MEOSS cible les bureaux d'études qui accompagnent les collectivités locales dans leur transition écologique. "Nous pouvons aussi travailler avec de grands bureaux d'études qui font de l'aménagement pour savoir par exemple quel est l'impact environnemental de la construction d'un nouveau quartier. Des mesures de compensation comme la création de potagers ou la plantation d'arbres peuvent être mises en place", illustre le président de MEOSS.

Réduire les îlots de chaleur

Depuis sa création, la société a développé une panoplie d'outils climatiques à destination des acteurs locaux. Dans l'Ouest toulousain, la communauté de communes de la Save au Touch ou l'agglomération de Cannes ont adopté sa solution pour limiter les îlots de chaleur en ville.

"Il est assez facile de détecter la température de surface des sols et de mettre en évidence les îlots de chaleur. En moyenne, il peut y avoir 3°C d'écart entre un coeur de ville et sa périphérie. Nous avons voulu aller un peu plus loin en disant aux collectivités où végétaliser pour réduire ces îlots de chaleur et que la température ressentie soit plus fraiche. L'intérêt c'est que si un quartier est rénové, nos analyses montrent si les efforts de végétalisation ont un impact sur la température ressentie", ajoute Thomas Ferrero.

Par ailleurs, MEOSS a obtenu la labellisation de deux de ses projets par le Space climate observatory (consortium qui fédère 29 agences spatiales dans le monde). Le premier lancé dès 2020 dans le Gers a permis de mettre au point sur une communauté de communes du Gers trois indicateurs : une cartographie et suivi des réserves en eau, une carte des panneaux photovoltaïques existants et des zones favorables à l'implantation de nouvelles installations et enfin le suivi des pratiques agricoles et de leurs caractéristiques (maintien du couvert végétal, haies ...). Le deuxième projet qui vient tout juste de démarrer vise à détecter en temps réel l'irrigation des parcelles pour que les agences de l'eau puissent mieux gérer la ressource en eau.

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