Bornes de recharge : Ze-Watt cherche désormais partenaire (s) particulier (s)

Enquête (2/5). Deuxième volet de notre série de cinq enquêtes sur le business complexe des bornes de recharge électrique, qui sont publiées chaque jour depuis hier jusqu'à vendredi. La Tribune a sélectionné plusieurs pépites françaises qui dynamisent le marché des bornes. C'est notamment le cas de la startup toulousaine Ze-Watt, qui vise désormais le marché des particuliers après celui des grandes entreprises.

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Ze-Watt veut maintenant proposer ses bornes de recharge aux particuliers.
Ze-Watt veut maintenant proposer ses bornes de recharge aux particuliers. (Crédits : Ze-Watt)

L'électromobilité monte en puissance et un virage se prend. Si les ventes de voitures équipées d'un moteur thermique restent majoritaires, elles reculent de manière significative au profit des modèles hybrides et électriques. Un phénomène qui a eu des conséquences sociales importantes du côté de l'Aveyron et de son usine Bosch, premier employeur privé de ce département jusqu'alors.

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Selon l'AVERE (Association nationale pour le développement de la mobilité électrique), la France était, en 2020, le 2e pays européen où l'on achète le plus de véhicules 100% électriques. Et en juillet dernier, l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA) annonçait que les voitures totalement électriques représentaient 7,5% des ventes neuves en Europe (contre 3,5% au 2e trimestre 2020).

L'année 2021 s'annonce porteuse. Le marché du véhicule électrique est en forte croissance, avec des dispositifs d'aides maintenus et un déploiement accéléré des bornes de recharge. En octobre 2020, le gouvernement français avait avancé d'un an, à fin 2021, le plan "Objectif 100.000 bornes"... mais avec 45.000 bornes seulement installées aujourd'hui, il devra se résoudre à attendre "courant 2022". Un contexte qui bénéficie néanmoins à la jeune pousse toulousaine Ze-Watt.

Une offre qui se veut complète

Les grands noms s'approprient ses services. Airbus a mené une expérimentation avec elle sur certains de ses sites toulousains, avant peut-être d'amplifier leur collaboration, tandis que L'Oréal vient de la retenir pour équiper son siège basé à Paris. L'opérateur de télécommunications Orange a également signé un contrat cadre avec la startup toulousaine pour développer l'électromobilité sur ses sites français. Enfin, le motoriste aéronautique Safran vient également de la retenir, après une expérimentation, pour équiper toutes ses implantations dans l'Hexagone.

"Quand nous nous sommes lancés, notre volonté était d'apporter une solution clé en main aux employeurs et aux entreprises. Notre offre va ainsi de la fabrication des bornes de recharge pour véhicules électriques à l'installation, en passant par la gestion et la maintenance de ces équipements", fait valoir Éric Gaigneux, le président et fondateur de Ze-Watt, pour expliquer l'attrait des grands groupes à sa solution.

Née en 2015 seulement, la jeune entreprise gère aujourd'hui un réseau d'un peu plus de 5.000 points de charge dans toute la France avec, comme clientèle principale, des grands groupes, des ETI, des administrations ou des plateformes logistiques. Ce qui permet à la startup de s'occuper actuellement d'un panel de 8.000 usagers quotidiens et actifs.

"Nous leur proposons deux solutions d'abonnement : la première permet d'utiliser uniquement les bornes de recharge Ze-Watt; la seconde d'accéder à 100.000 points de charge en Europe, dont 25.000 en France", détaille le dirigeant.

Dépasser les 10.000 bornes en 2023

Pour le moment, la société propose deux modèles de bornes : soit une borne double (sur pied ou murale) d'une puissance de 3,7 kW à 22 kW, soit une borne dédiée aux scooters, de 3kW (sur pied ou murale également).

Néanmoins, après avoir concentré sur le marché BtoB les efforts de ses 30 salariés installés dans un atelier flambant neuf à Labège (Haute-Garonne), Ze-Watt opère une adaptation stratégique majeure.

"Nous sommes en train de développer une offre pour le marché des particuliers, un marché très porteur. L'idée est que, fin 2023, nous ayons dépassé les 10.000 points de charge tous segments de marché confondus", annonce Éric Gaigneux.

La société toulousaine (qui dispose aussi d'implantations à Paris, Lyon, Nantes, et bientôt Marseille) veut ainsi maintenir sa dynamique de croissance de son chiffre d'affaires de +50% par an. Si la société refuse de communiquer son chiffre d'affaires, elle partage en revanche ses projets de recrutements avec l'ouverture de dix postes d'ici à la fin 2021 sur des profils de techniciens, informaticiens et commerciaux afin de pérenniser cette dynamique de croissance.

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