Aéronautique : le Drômois Corima Technologies prend racine à Toulouse

Originaire de la Drôme où elle conçoit et développe des moules métalliques par électroformage pour l'industrie aéronautique, Corima Technologies a ouvert une nouvelle unité de production à Toulouse en 2017. Ce nouveau site dédié à la fabrication de moules composite et silicone est un atout pour l'innovation et l'exportation, deux objectifs clés pour l'entreprise en 2019.

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Le site toulousain de Corima Technologies dans le quartier de Toulouse Aérospace.
Le site toulousain de Corima Technologies dans le quartier de Toulouse Aérospace. (Crédits : Corima Technologies)

Créée en 1973 à Loriol-sur-Drôme, Corima (la Coopération Riffard Martin) s'est spécialisée dans l'outillage de moulage aéronautique dans les années 1980. Depuis les années 90, Corima Technologies, s'est consacrée au secteur de l'outillage en concevant et développant des moules métalliques par électroformage à destination de la filière aéronautique.

"Depuis un peu plus de 20 ans, le site Corima Technologies de Loriol est spécialisé dans l'électroformage. Les moules sont réalisés dans une peau de nickel de 4 à 5 mm", explique Vincent Belorgeot, le président de Corima Technologies.

Avec son unité de production de la Drôme, l'entreprise s'exporte à l'international (le taux d'export se situe entre 70% et 80%) et travaille avec Spirit AeroSystems (basée aux États-Unis), Hindustan Aeronauticas (Inde), ou encore IAI (Israel Aerospace Industries) en Israël.

Installation à Toulouse Aérospace

Il y a un an et demi, Corima Technologies a posé ses valises drômoises dans la Ville rose. C'est dans le quartier de Toulouse Aérospace que la société a ouvert un nouveau site dédié à la fabrication de moules composite et silicone :

"Nous avons démarré en réalisant de la sous-traitance sur le tissu industriel toulousain et nous sommes montés très vite en volume. Donc nous avons décidé fin 2016 de créer notre site afin d'avoir une implantation forte sur la place toulousaine", raconte le président.

À l'origine installée dans un bâtiment de 900m2, la PME a agrandi les locaux de 300 m2 afin de pouvoir accueillir un autoclave (un tube de deux mètres de long et trois mètres de diamètre qui fonctionne comme un four) utilisé pour la fabrication des moules en composites.

"Si nous n'avions pas d'autoclave pour faire ça, nous n'aurions pas un composite qui aurait la bonne résistance mécanique, il ne serait pas durable dans le temps chez nos clients.", explique Vincent Belorgeot.

Et comme le précise le dirigeant, le site de production de Toulouse ne ressemble en aucun cas à celui basé sur Loriol : "À Toulouse, c'est un autre métier. Justement, l'idée est d'avoir des complémentarités sur les deux sites. Nous avons vraiment deux spécialités et nous cherchons à créer des produits qui mettent les deux compétences en commun". Pour le moment, huit salariés travaillent sur l'unité toulousaine contre une trentaine à Loriol.

Un moule hybride en projet

Grâce à cette complémentarité entre les deux unités de production, la société a pu développer une innovation qu'elle a lancé courant 2018.

"Nous appelons ça "le moule hybride". C'est un moule composite et nickel en surface, ce qui n'existait pas jusqu'à aujourd'hui. Cette innovation va permettre d'augmenter la durée de vie des moules composites, d'avoir un meilleur aspect de surface des pièces moulées, et d'être malgré tout moins cher qu'un moule métallique", argumente le PDG.

Pour le moment, l'entreprise n'en est qu'aux prémices de la commercialisation de ce nouveau moule.

"Aller se vendre à l'export"

Tout comme sa cousine de la Drôme, la PME souhaite que son site de Toulouse fasse carrière dans l'exportation : "l'ADN de Corima c'est d'aller se vendre à l'export. Ici, l'an dernier, le taux de chiffre d'affaires à l'export était de près de 20% et maintenant, on a vraiment pour ambition de pousser ce chiffre au-delà des 50%" affirme le numéro un de la société. Pour ce faire, elle bénéficie actuellement d'une subvention de la Région Occitanie qui l'aide à participer à des salons.

Afin d'assurer au mieux l'implantation du nouveau site à l'international, l'entreprise fait appel à des agents, spécialistes métiers dans leurs pays, qui offrent un appui local et aident à ouvrir les portes des grands industriels des composites. Actuellement, elle recherche un agent pour la zone Allemagne/Autriche. Mais l'Europe n'est pas la seule cible visée : "Nous croyons beaucoup en l'Amérique du nord".

"Nous avons des projets d'expansion de l'activité toulousaine puisque nous sommes dans un écosystème où l'on sent qu'il y a une demande importante pour tout ce qui concerne la production sur le site de Toulouse. Nous allons mener une action de développement et d'accroissement de l'activité et de l'outil de production", déclare le Drômois.

Pour Vincent Berlogeot, l'idée est d'arriver à un chiffre d'affaires avoisinant les trois millions d'euros à Toulouse et d'embaucher environ 17 personnes d'ici deux à trois ans. Alors qu'en 2018, le chiffre d'affaires était de 4,7 millions d'euros répartis sur les deux sites, le président prévoit un chiffres d'affaires de 5,5 millions d'euros pour 2019.

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Commentaires 2
à écrit le 08/01/2021 à 9:37
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à écrit le 08/01/2021 à 9:36
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