Usine Bosch de Rodez : un accord a été signé entre syndicats et direction

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Les 1 600 emplois du site sont-ils sauvés ?
Les 1 600 emplois du site sont-ils sauvés ? (Crédits : DR)
Après de longs mois de négociations, les syndicats et la direction du site de l’usine Bosch de Rodez ont signé un accord pour l’avenir du site et de ses emplois. Le groupe allemand Bosch va bien investir les 14 millions d’euros nécessaires pour moderniser l’une des deux lignes d’injecteurs diesel du site. Cependant, pour sauver la totalité des emplois et minimiser au maximum le recourt à l’activité partielle sur place, l’usine doit rapidement se diversifier industriellement.

Est-ce la fin d'un long feuilleton ? En tout cas, c'est une étape de franchie. Après plusieurs mois de longues négociations, les syndicats et la direction du site ont signé l'accord de transition 2018-2021 pour l'usine Bosch de Rodez, située dans l'Aveyron (12).

Ce site du groupe allemand produit uniquement des injecteurs pour les moteurs diesel. Face au déclin du marché du diesel et aux nouvelles normes européennes concernant ces pièces mécaniques qui doivent rentrer en vigueur en 2020, l'avenir du site était incertain. Pour le maintenir en vie, la direction de Bosch s'était engagée à investir les 14 millions d'euros nécessaires au maintien de l'activité à Rodez et de ses emplois, mais uniquement en l'échange de la signature d'un accord de transition entre les syndicats et la direction du site. Ce qui a été chose faite mercredi 4 juillet.

"La signature de cet accord va pouvoir débloquer pour notre site, un investissement pour la modification d'une ligne d'injecteurs vers les nouvelles générations respectant les nouvelles normes de pollution", a souligné dans un communiqué le syndicat Sud de Bosch Rodez, le syndicat majoritaire sur le site.

"Une garantie de volume a minima de 8 % des quantités d'injecteurs vendus en Europe également été actée ce qui permettra d'occuper complètement cette ligne modifiée", a précisé quant à elle la CFE-CGC également dans un communiqué datant du 26 juin.

Recours au chômage partiel

Cet accord permet de maintenir la totalité des emplois présents actuellement sur le site, soit 1 600 pour le moment. Néanmoins, le site industriel qui alimente économiquement toute l'agglomération voire le département par son activité, devrait voir celle-ci diminuer.

"Dès la fin de cette année, et sur la durée de l'accord de transition, la direction du site va avoir recours à de l'activité partielle. Normalement, les coûts engendrés par cette décision sont pris en charge par l'État et l'entreprise en question. Mais Bosch a demandé à ce que les salariés prennent à leur compte la moitié des coûts en diminuant la prime d'intéressement. Si le recours à l'activité partielle est fréquent, les salariés pourraient perdre jusqu'à 1 500 euros sur une année", explique Cédric Belledent du syndicat Sud à l'usine.

Cette problématique a longtemps fait reculer les syndicats sur la possibilité d'aboutir à un accord. D'ailleurs, à la mi-juin, la CGT s'est retirée de la table des négociations refusant de signer "un tel accord déséquilibré".

"S'il n'y avait pas eu cet accord au sujet de l'activité partielle, l'autre alternative aurait été de faire un Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), avec les conséquences que l'on connaît. On est dans un monde industriel difficile où il faut rester compétitif", commente Olivier Pasquesoone, le directeur du site.

Néanmoins, pour limiter le recours à cette activité partielle, des "mesures dites retardatrices seront imposées aux salariés" d'après le communiqué de la CFE -CGC, signataire de l'accord avec SUD et la CFDT. Deux -tiers de l'ensemble des congés seront imposés par la direction pour arrêter la production. Grâce à un accord annexe, les salariés de plus de 57 ans pourront aménager leur temps de travail et les salariés qui le souhaitent pourront convertir leur prime du 13ème mois en jours de congés supplémentaires.

À quand une diversification industrielle ?

Toutes ces mesures ne vont pas changer le problème de fond de ce site industriel historique : sa dépendance au marché du diesel. Et c'est l'autre engagement du côté du groupe allemand dans cet accord : "Bosch soutiendra la diversification industrielle de l'usine afin de lui permettre de se tourner vers divers secteurs tels que l'aéronautique, l'hydrogène et d'autres applications automobiles, ainsi que l'horlogerie", explique l'entreprise dans un récent communiqué.

Cette diversification doit "compenser la perte d'emplois liée à l'arrêt de la seconde ligne d'injecteurs", permettant ainsi d'occuper 300 salariés selon la CFE-CGC. "L'accord de transition va permettre à la direction de bénéficier d'une enveloppe à hauteur de 30 millions d'euros pour diversifier le site avec de nouvelles activités afin de compenser le sureffectif suite à la perte d'une des deux lignes de fabrication d'injecteurs à l'horizon 2019", ajoute le syndicat SUD.

"Nous avons 10 personnes à temps plein sur le site et des supports externes pour mener à bien cette mission", assure de son coté Olivier Pasquesoone. En espérant qu'il ne soit pas trop tard pour les 1 600 salariés de "La" Bosch.

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Commentaires
a écrit le 09/07/2018 à 16:39 :
Sinon il existe la biomasse de 4eme génération ,et la gestion turbo pneumatique, qui permet de réinventer le moteur à combustion interne, le rendre économe ,trés peu polluant et récupérer ses cendres de combustion pour les réinjecter dans la biomasse de 4eme génération pour en faire de l'énergie, du gaz biométhane et biohydrogène(donc pas d'électrolyse pas de gaspillage d'eau potable),et du carburant,les solutions existent mais elles ne poussent pas toutes seules il faut les mettre en avant!

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