Où en est le projet de quartier d'affaires Toulouse Euro Sud-Ouest ?

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Le permis de construire de la Tour Occitanie devrait être déposé fin avril.
Le permis de construire de la Tour Occitanie devrait être déposé fin avril. (Crédits : Compagnie de Phalsbourg)
Alors que le calendrier des travaux de la LGV Bordeaux-Toulouse n'est toujours pas arrêté, les promoteurs du quartier d'affaires Toulouse Euro Sud-Ouest ont précisé mardi 13 mars les contours du projet qui doit transformer en profondeur le quartier de la gare à Toulouse.

Non, clament en chœur la Région Occitanie, le Département et Toulouse Métropole, "la décision de l'État sur la LGV Bordeaux-Toulouse n'impacte pas le projet Toulouse Euro Sud-Ouest (Teso)". Mardi 13 mars, collectivités et dirigeants de la SNCF ont précisé d'abord devant la presse puis à l'occasion d'une réunion publique les contours de ce projet qui doit transformer en profondeur le quartier de la gare Matabiau à Toulouse avec la création d'un pôle d'échanges multimodal, une refonte des accès à la gare, la construction de la Tour Occitanie, mais aussi de bureaux et de logements à proximité.

"La fréquentation de la gare Matabiau va passer de 50 000 à 150 000 personnes d'ici 2030. Elle sera un point de convergence de toutes les mobilités : TER, bus, vélo, métro,voiture et LGV. Avec la perspective de Toulouse à environ trois heures de Paris en train, il va falloir répondre aux besoins en terme de logements mais aussi de bureaux pour les entreprises qui souhaitent s'installer à proximité. La Région Occitanie, déjà la plus attractive de France avec 52 000 nouveaux arrivants chaque année, le sera encore davantage", avance Nadia Pellefigue, vice-présidente de la Région Occitanie en charge du développement économique.

Cette prise de parole publique intervient un mois et demi après la publication du rapport Duron qui préconise de repousser le calendrier de la ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse (le scénario 2 privilégié par le rapporteur prévoit la construction sur Toulouse-Agen pour 2028-2032 et Bordeaux Agen pour 2033-2037). Suivant le scénario qui sera choisi dans les semaines à venir par le gouvernement, le calendrier de la LGV Bordeaux-Toulouse, dont la mise en service était prévue pour 2024, sera totalement bouleversé.

Tour Occitanie : le permis de construire déposé fin avril

Mais les porteurs du projet Teso ne prévoient pas de décaler les travaux. Le Tour Occitanie est le projet le plus avancé à ce jour. "Le permis de construire sera déposé fin avril", annonce Alain Garès, directeur général d'Europolia, la SPLA (Société publique locale d'aménagement, nldr), qui façonne le futur quartier d'affaires. Cette tour de 150 mètres de haut contiendra un hôtel 4 étoiles, 80 appartements et 11 000 m2 de bureaux haut de gamme et 800 m2 de commerces.

"Nous recevons déjà beaucoup de demandes d'entreprises qui sont intéressées par ces bureaux en plein centre-ville", glisse-t-il.

Néanmoins, la construction d'une tour au milieu des immeubles de briques roses ne fait pas l'unanimité parmi les Toulousains. Une pétition en ligne signée par 2 500 personnes dénonce "la destruction du paysage urbain de Toulouse" mais s'inquiète également de "la spéculation immobilière à laquelle un tel projet va contribuer et qui laisse présager une hausse des loyers et du coût de la vie, ainsi qu'une perte de convivialité" dans le quartier populaire de Bonnefoy.

35% de logements sociaux dans le quartier

À cette inquiétude, Annette Laigneau, l'adjointe toulousaine en charge de l'urbanisme, répond que dans le futur quartier Teso, "sur les 3000 nouveaux logements, il y aura 35% de logements sociaux et 20% d'accession à la propriété (10% pour le public et 10% pour le privé)".

"Nous ne voulons pas que ce quartier devienne La Défense, il doit y avoir une mixité des usages entre commerces et logements mais également une mixité sociale", ajoute Joan Busquets, l'architecte qui a dessiné le futur environnement de la gare Matabiau.

"Une gare à quatre faces"

Concernant la gare en elle-même, l'architecte catalan a imaginé "une gare à quatre faces" : "On pourra y accéder depuis quatre parvis : l'entrée historique de la gare, une autre au parvis Marengo, un accès du côté de la rue de Périole et une dernière vers l'avenue de Lyon". Côté Marengo, le bâtiment voyageurs sera étendu et organisé sur trois niveaux avec de nouveaux commerces et la construction de deux souterrains pour faire le lien avec la gare historique. Ces nombreux aménagements seront terminés pour 2024-2026.

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(Crédit : Europolia).

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Simulation de l'extension du bâtiment voyageurs côté Marengo (Crédit : Arep).

Quid de la gare routière ?

En revanche, le devenir de la gare routière n'est pas tranché. "Deux hypothèses restent à l'étude : le maintien à l'emplacement actuel avec une modernisation des quais reviendrait entre trois et quatre millions d'euros, alors que si on opte pour un déplacement côté Marengo cela coûterait 60 millions d'euros", expose Pascal Boureau conseiller départemental de Haute-Garonne. L'architecte Joan Busquets penche néanmoins pour cette dernière option même si elle est plus coûteuse : "Il faut que la gare routière soit réellement intégrée dans le pôle d'échanges multimodal (PEM). C'est ce qu'on trouve par exemple à San Francisco".

Au total, le PEM va nécessiter 260 millions d'euros d'investissements dont 180 millions couverts par la vente des charges foncières et les 80 millions restants seront pris en charge par Toulouse Métropole.

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