La LGV Toulouse-Bordeaux mise en service en 2029 ?

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Pour le président du Ceser Occitanie, la LGV Toulouse-Bordeaux pourra être en service en 2029.
Pour le président du Ceser Occitanie, la LGV Toulouse-Bordeaux pourra être en service en 2029. (Crédits : ON / Rémi Benoit)
Alors qu'une réunion interministérielle doit se tenir prochainement, avec les collectivités locales, sur la LGV Toulouse-Bordeaux, le président du Ceser Occitanie annonce que celle-ci pourrait voir le jour en 2029. Néanmoins, ce délai est tenable seulement si la société de financement dédiée voit le jour avant décembre 2021, comme le permet la loi LOM. Par ailleurs, l'Union européenne s'est engagée à financer cette LGV via son fonds MIE.

Toulouse sera-t-elle à trois heures de Paris au cours de l'année 2029 ? Après la promulgation de la loi LOM le 24 décembre dernier, c'est possible selon Jean-Louis Chauzy, le président du Ceser Occitanie et d'Eurosud Team, qui milite pour la réalisation des LGV Toulouse-Bordeaux et Montpellier-Perpignan. Pour rappel, à son article 4, la loi LOM permet au gouvernement de créer par ordonnance une société de financement dédiée à un projet d'infrastructures d'un montant supérieur à un milliard d'euros, et ce dans un délai de 24 mois. Soit un modèle similaire à celui du Grand Paris Express d'un montant de 35 milliards d'euros.

"La loi nous donne deux ans pour installer cette société de projet par ordonnance, c'est-à-dire au plus tard en décembre 2021, mais on peut le faire plus tôt. Une fois créée, nous pourrons alors démarrer les travaux en 2022 et il y a environ sept années incompressibles. Ainsi, on peut tenir les délais d'une mise en service à l'horizon 2029, d'après nos échanges avec ceux qui ont réalisé des chantiers similaires par le passé", explique Jean-Louis Chauzy, qui espère par ailleurs le lancement de l'enquête publique en 2020 pour Montpellier-Perpignan.

La nécessité d'une solidarité territoriale

Pour parvenir à respecter ce délai, les quatre collectivités locales concernées (les Régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, ainsi que les Métropoles de Bordeaux et Toulouse) doivent avancer groupées. C'est en tout cas la demande du dirigeant toulousain qui appelle à la solidarité des collectivités aquitaines, après que les collectivités d'Occitanie ont financé à hauteur de 308 millions d'euros la liaison LGV Bordeaux-Tours avec la promesse d'obtenir par la suite la LGV jusqu'à Toulouse.

"Il ne faut pas faire seulement Agen-Toulouse, il faut faire Bordeaux-Agen-Toulouse. Et pour ça, les collectivités doivent monter à quatre et non à deux pour porter cette société de projet et définir les nouvelles taxes aux entreprises en coopération avec l'État. Aujourd'hui, tout le monde a payé sa contribution pour l'acquisition du foncier, tout le monde est donc prêt à engager cette négociation lors d'une réunion interministérielle qui doit se tenir prochainement, après que celle du 17 décembre a été reportée en raison des grèves contre la réforme des retraites", explique-t-il.

Le Conseil régional de Nouvelle Aquitaine a effectivement approuvé, en assemblée plénière fin novembre 2019, sa contribution pour l'acquisition du foncier et pour le financement de certaines études approfondies à hauteur de 32 millions d'euros. Car, pour créer cette liaison Toulouse-Bordeaux en LGV, un aménagement au sud de Bordeaux est nécessaire.

L'Union Européenne financera en partie le chantier

Mais dans son ensemble, la LGV Toulouse-Bordeaux est estimée à sept milliards d'euros, "voire 7,5 milliards" pour Jean-Louis Chauzy. Si les collectivités concernées vont contribuer à la facture, 50 à 60 % du financement sera apporté par des taxes nouvelles aux entreprises (taxe sur les bureaux par exemple) afin de rembourser l'emprunt qui va être contracté sur 50 ans environ. L'État promet également d'apporter sa contribution, comme l'a assuré le ministre de l'Action et des Comptes Publics, Gérald Darmanin, lors d'une récente visite à Toulouse. Mais à hauteur de quel montant ?

"Si l'Europe met un milliard, l'État devra mettre autant. Dans le cadre du nouveau Fonds de mécanisme d'interconnexion européen (MIE, d'un montant de 41 milliards d'euros entre 2021 et 2027, ndlr), nous avons fait du lobbying en montant une mission à Bruxelles pour que la ligne LGV Toulouse-Bordeaux soit éligible à partir de janvier 2021 au MIE. Désormais, nous avons l'assurance que nous bénéficierons de ces fonds, cela a été approuvé par toutes les instances nécessaires à Bruxelles. Résultat, nous pourrions obtenir de la part de ce fonds jusqu'à 20% du montant total des travaux", annonce Valérie Cormier, la directrice générale Eurosud Team.

L'organisme est reparti de Bruxelles avec le même engagement pour la LGV Montpellier-Perpignan, qui elle, est estimée à 5,5 milliards d'euros.

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