Le Toulousain Alain Di Crescenzo vise la présidence de la CCI France

Ancien président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Toulouse et aujourd'hui à la tête de la CCI Occitanie, Alain Di Crescenzo s'intéresse à la présidence nationale, selon les informations de La Tribune. Confidences de son entourage, position du principal intéressé à ce propos, son parcours et ses motivations pour ce nouveau poste... Tous les détails.

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Alain Di Crescenzo, le dirigeant de IGE+XAO est le patron de la CCI Occitanie.
Alain Di Crescenzo, le dirigeant de IGE+XAO est le patron de la CCI Occitanie. (Crédits : Rémi Benoit)

Et si la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) France restait aux mains du Sud-Ouest ? Alors que l'instance nationale représentative des entreprises est présidée depuis 2017 par le Bordelais Pierre Goguet, et ce pour un mandat de cinq ans, ce dernier ne pourra pas concourir à sa succession en raison de la limite d'âge fixée à 70 ans pour ce poste.

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Une situation qui ne laisse pas indifférent dans l'Occitanie voisine. Selon des informations de La Tribune, l'actuel président de la CCI régionale, à savoir Alain Di Crescenzo, s'intéresserait de près à la fonction. "Après ce mandat territorial, il vise plus haut et il n'y a pas 1.000 possibilités", confie avec certitude un industriel de la filière aéronautique qui le connaît bien.

Une prise de position officielle en octobre

D'origine marseillaise, ce Toulousain d'adoption a gravi un à un les échelons au sein du réseau consulaire sur les deux dernières décennies, et surtout au sein de la CCI de Toulouse-Haute-Garonne. Conseiller technique, membre de la commission des Finances, puis président de la commission animation industrielle et services aux entreprises, avant de prendre les reines de cette CCI toulousaine en décembre 2010 en étant élu à l'unanimité. Réélu sans encombre en 2016 pour un mandat départemental, Alain Di Crescenzo a été élu à la tête de la nouvelle CCI Occitanie en début d'année 2017. Alors quelle est la position de l'entrepreneur par rapport à une éventuelle présidence de la CCI France ?

"J'ai eu plusieurs sollicitations à ce sujet. J'y réfléchis", répond le principal intéressé.

Né le 20 janvier 1962, l'homme aujourd'hui âgé de 59 ans ne sera pas bloqué par la limite d'âge qui touche ce poste. "J'ai de la marge", ironise-t-il. Pour se présenter à ce scrutin prévu en janvier 2022, le candidat doit être porté par un mandat de présidence de CCI territoriale. Ce qui implique pour Alain Di Crescenzo de se présenter pour un second mandat régional, avant de le quitter assez rapidement s'il était amené à prendre la direction de Paris. Mais l'homme est assez clair sur ce point : il ne fera pas un second mandat plein à la présidence de la CCI d'Occitanie. "C'est ma dernière avec vous", a-t-il d'ailleurs lancé aux entrepreneurs locaux réunis au Casino Barrière de Toulouse mardi 14 septembre, pour le 10ème Forum Économique. Quoi qu'il en soit, le Toulousain doit annoncer officiellement ses intentions courant octobre et pas avant.

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À la tête de IGE+XAO, une récente filiale de Schneider Electric

Néanmoins, si Alain Di Crescenzo venait à briguer cette présidence nationale, cela ne serait pas non plus un grand saut dans l'inconnu. Pierre Goguet, au moment de sa sélection, l'a proposé comme 1er vice-président de la CCI France, distinction qui lui a donc déjà permis de travailler ces dernières années son réseau national et consulaire.

Côté business, le Toulousain est président du directoire du cabinet d'expertise-comptable EXCO ECAF. Il est surtout à la tête de IGE+XAO, société qui conçoit, produit et commercialise des logiciels. Basée à Colomiers, l'entreprise affichait un chiffre d'affaires supérieur à 30 millions d'euros avant la crise sanitaire. C'est une filiale de Schneider Electric depuis peu.

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Dans une OPA lancée en novembre 2017, Schneider Electric a en effet racheté les deux tiers des actions IGE+XAO. "Quand nous sommes entrés en bourse il y a 22 ans, le titre valait 7 euros. Là, il a été racheté à 132 euros", se félicitait à l'époque auprès de La Tribune Alain Di Crescenzo. L'entrepreneur se satisfaisait également d'avoir échappé à une fusion avec un autre éditeur de logiciels, ce qui aurait eu un impact important sur l'effectif.

En quelques années, ce chef d'entreprise s'est imposé comme une personnalité incontournable de l'économie toulousaine et régionale. Charismatique et pourtant méconnu du grand public, le président de IGE+XAO a, en tant que président de la CCI de Toulouse, ouvert la chambre de commerce en allant à la rencontre des entreprises et des commerces sur le terrain, recette qu'il a aussi appliqué à l'instance consulaire d'Occitanie. Il connaît parfaitement l'écosystème local qu'il a su fédérer, fidèle à son principe de "chasser en meute". Durant la crise sanitaire, il a ainsi lancé plusieurs initiatives avec les entreprises en collaboration avec le conseil régional et les services de l'État à travers un travail avec le préfet de région Étienne Guyot. Les entreprises de "sa" région ont dès lors figuré parmi les territoires les plus bénéficiaires des crédits "France Relance".

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Les états de service d'Alain Di Crescenzo jusqu'à présent seront-ils une recette gagnante et suffisante pour conquérir la présidence de la CCI France ? "C'est un homme de qualité. Je pense qu'il en a parfaitement les compétences et parfaitement le profil", lâche un représentant régional de la CPME. Réponse dans quelques mois.

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