Sivens : la Zad évacuée et le projet de barrage revu à la baisse

Le Conseil général du Tarn s'est prononcé ce vendredi 6 mars sur la ZAD de Sivens et sur le projet de barrage. Thierry Carcenac, président socialiste du Département, exige l'expulsion des zadistes et opte pour un projet de retenue d'eau plus réduit. La Zad a été évacuée au cours de la journée par les forces de l'ordre.

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La Zad a été évacuée aujourd'hui par les forces de l'ordre
La Zad a été évacuée aujourd'hui par les forces de l'ordre (Crédits : Fred Marie)

C'est par 43 voix pour et 3 contre que le Conseil général du Tarn s'est prononcé ce vendredi matin sur l'expulsion des zadistes et l'adoption d'un projet de barrage plus restreint, de 750 000 m3. Cette retenue d'eau, deux fois plus petite, serait située 300 mètres en amont du projet initial, comme le recommandait les deux experts nommés par Ségolène Royal, ministre de l'Écologie. Contacté, Thierry Carcenac n'a pas encore répondu à notre demande.

Le texte voté ce matin propose "de réaffirmer la nécessité de réaliser une retenue dans la vallée du Tescou, de dire que cette retenue d'eau redimensionnée se fera sur la zone du projet, de donner mandat à l'exécutif départemental pour négocier un protocole transactionnel avec l'État, d'exiger de l'État qu'il procède sans délai à l'expulsion des occupants sans droit ni titre."

Ainsi, le chantier préserverait 7 ha de la zone humide et éviterait le lieu où Rémi Fraisse avait trouvé la mort le 26 octobre dernier au cours d'affrontement avec les forces de l'ordre. Une autre solution avait été proposée par les experts. Ce deuxième scénario remplaçait le barrage prévu par quatre retenues d'eau plus petites.

Trois votes contre

Les trois élus qui ont voté contre cette décision sont Jacques Pagès (DVG), opposé depuis le début au barrage, et les deux conseillers généraux communistes Serge Entraygues et Roland Foissac (PC). Pour ce dernier, "le Conseil général s'est défaussé. Cela n'augure rien de bon pour la suite car, dans le texte adopté ce matin, chacun peut y voir ce qu'il veut." L'élu communiste avait demandé "un vote clair actant l'incapacité de la collectivité de mener à bien le projet initial" et regrette de ne pas avoir été suivi. Il pointe "un faux consensus" entre la droite et les socialistes.

EE-LV dénonce "une position politicienne"

De son côté, Guillaume Cros, conseiller régional EE-LV, se félicite de l'abandon du projet initial. "Le texte signé ce matin, même s'il ne l'affirme pas, enterre le projet initial puisque le Conseil général du Tarn accepte le protocole du ministère de l'Écologie." Cependant, il pointe la "position très politicienne" du président socialiste Thierry Carcenac "qui n'a pas eu le courage de l'écrire, car il veut ménager la FNSEA".

L'élu écologiste regrette que l'assemblée départementale n'ait pas attendu les prochaines élections pour trancher. "C'est le B-A BA démocratique et cela aurait permis d'apaiser les tensions." Enfin, Guillaume Cros s'interroge sur le choix qui a été fait d'une retenue moins grande sur le même site. "C'est le pire choix puisque la vallée sera impactée. Cela ne tient pas compte des recours sur la directive eau et sur la déclaration d'utilité publique. Je suis d'ailleurs curieux de voir la justification de Monsieur Carcenac qui assure qu'il ne refera pas de déclaration d'utilité publique."

La fin des tensions ?

La solution choisie par le Conseil général du Tarn va-t-elle mettre fin aux tensions existantes sur la zone ? Rien n'est moins sûr puisque les deux parties ne semblaient pas d'accord avec ces propositions avant la décision des élus tarnais. La FNSEA plaidait en effet pour un ouvrage d'au moins un million de m3 pour couvrir les besoins en eau. De leur côté, les anti-barrage contestaient des besoins en eau surestimés et souhaitaient privilégier les retenues déjà existantes.

La question de l'expulsion des zadistes se posent également tant la tension avec certains agriculteurs et les forces de l'ordre était grande ces derniers jours. Le sous-préfet est sur place et donne jusqu'à 12 heures aux zadistes pour quitter les lieux. Selon Guillaume Cros, les premiers zadistes auraient "évacué les lieux dans le calme ce matin". Le site a finalement été entièrement évacué au cours de la journée, "sans incident majeur", selon le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Les derniers occupants se sont un temps réfugiés sur un pylône.

Pour rappel, il avait appelé hier au calme et à "la responsabilité de chacun". De son côté, le Premier ministre Manuel Valls avait demandé une évacuation rapide.

"Il faudra très vite évacuer les lieux, il ne peut pas en être autrement, l'ordre républicain doit s'imposer, c'est le seul moyen de garantir un débat démocratique serein."

La décision fait débat sur Twitter

L'ancien candidat à la présidence de l'UMP et ancien ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire s'est rapidement exprimé.

France Nature Environnement a également réagi sur Twitter via son porte-parole. Rémi Fraisse était bénévole botaniste de Nature Midi-Pyrénées, association affiliée à France Nature Environnement.

Alexis Corbiere, secrétaire national du Parti de Gauche, assimile la décision du Conseil général à une provocation.

Localement aussi, la décision a fait réagir. Laurence Massat, conseillère régionale UDI en a profité pour attaquer Europe Écologie - Les Verts.

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Commentaires 6
à écrit le 07/03/2015 à 10:08
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Il faudrait savoir si le nouveau projet ( à la différence de l'ancien projet ) peut bénéficier des aides de l'Europe. Si non, qui va payer. Le projet est loin d'être réalisé...

à écrit le 07/03/2015 à 9:13
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J'avais entendu que la retenue d'eau n'était pas prévue et ne pouvait pas servir pour l'eau potable, peut-être pour ça que l'Europe, le trouvant "illégal" ne voulait pas donner un euro. Ce matin quelqu'un disait le contraire, et que pour le nouveau, ...

à écrit le 06/03/2015 à 22:33
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Allez les crasseux au bain!

à écrit le 06/03/2015 à 21:12
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concernant Sivens,le ministre de l'intérieur a prononcé le mot Victoire de la république,a croire que nous étions en guerre,il aurait pu être un peu plus modéré et dire succès.Le bonze a pris la grosse tête!!!

le 07/03/2015 à 9:16
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Tout évolue : les gens disent "trop bon" au lieu de délicieux, "excessivement" (trop) au lieu de extrêmement (très beaucoup), ...

à écrit le 06/03/2015 à 18:17
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C'est un peu hors sujet, mais la question de la grammaire se posent également. Les deux parties semble d'accord. Il y a des correcteurs grammaticaux qui marche bien et est simple à utiliser. L'auteur devraient essayer.

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