Sivens : extrême tension à la veille de la décision du Conseil général

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Photo d'archive (Crédits : Rémi Benoit)
Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a lancé un appel au calme ce jeudi 5 mars alors que le Conseil général du Tarn doit se réunir demain pour examiner les projets alternatifs au très contesté barrage de Sivens.

En raison "du climat de violence", le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a décidé d'interdire les manifestations pro et anti-barrage prévues ce vendredi 6 mars à Albi en marge de la tenue du Conseil général du Tarn. "Lorsque des manifestations sont déclarées, elles ne sont interdites que dans des cas très rares où il y a des risques graves de trouble à l'ordre public sur les biens et les personnes", a-t-il expliqué. Un peu plus tôt dans la journée, Bernard Cazeneuve avait lancé un appel au calme.

Climat délétère entre agriculteurs et zadistes

Depuis le début de la semaine, la tension est extrême entre les zadistes et les agriculteurs opposés au barrage de Sivens. Depuis lundi matin, une centaine d'agriculteurs bloque l'accès à la Zad à l'appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs 81. Hier mercredi, la situation a dégénéré. Des agriculteurs auraient détruits des cabanes construites par les zadistes dans les rues de Gaillac, à quelques kilomètres de la zone du projet de barrage. Ce jeudi, la situation était toujours aussi tendue alors que près d'un millier d'agriculteurs s'étaient rassemblés sur le site de Sivens. En début d'après-midi, les zadistes ont dénoncé une tentative d'expulsion de la zone alors que des renforts de gendarmes mobiles étaient entrés dans la Zad, mais l'information a été démentie en fin d'après-midi par la préfecture du Tarn. En tout cas, cette expulsion est imminente sachant que la ministre de l'Écologie Ségolène Royal avait déclaré fin janvier que la Zad sera évacué lorsque le Conseil général aura tranché sur le devenir du barrage.

Quel scénario alternatif sera choisi par le Conseil général?

Dans ce contexte très tendu, le Conseil général du Tarn se réunit ce vendredi matin pour examiner les projets alternatifs au barrage initialement prévu. Mi-janvier, les deux experts nommés par la ministre de l'Écologie Ségolène Royal ont privilégié deux scénarios. La première solution consiste à construire un barrage deux fois plus petit, en reculant le chantier de 300 mètres, "en préservant ainsi une partie de la zone humide" et en évitant aussi de construire le barrage à l'endroit où le jeune Rémi Fraisse est décédé le 26 octobre dernier. Dans le deuxième scénario, le barrage serait remplacé par quatre petites retenues.

Mais aucun de ces deux scénarios ne convainc pleinement les deux parties. La FNSEA plaidait pour un ouvrage d'au moins un million de m3 pour couvrir les besoins en eau. Des besoins largement surestimés pour les anti-barrage qui veulent privilégiés les retenues déjà existantes.

Sivens fait débat à l'Assemblée nationale

Cette situation de tension extrême n'a pas échappé ce jeudi aux débats de l'Assemblée nationale. Après Laurence Arribagé hier, c'était au tour cet après-midi de Brigitte Micouleau, députée UMP, d'interpeller le ministre de l'Intérieur : "Une nouvelle journée nationale d'action des zadistes est annoncée samedi, suscitant l'exaspération de nos concitoyens. Le 21 février, à Toulouse, la manifestation anti-Sivens a provoqué 200 000 euros de dégâts. Les commerçants s'inquiètent de voir leur prime d'assurance augmenter et leur chiffre d'affaires baisser, sans compter le préjudice moral. Quand le préfet du Tarn fera-t-il appliquer la décision de justice tendant à l'expulsion des zadistes de Sivens ?"

Par ailleurs, la CCI de Toulouse a annoncé la mise en place d'un fonds de solidarité pour les commerces vandalisés lors de la manifestation du 21 février dernier.

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