Législatives. À Toulouse, la Nupes fait trembler la majorité présidentielle après le 1er tour

À Toulouse et en Haute-Garonne, le premier tour des élections législatives a donné un sérieux avantage aux candidats de l'alliance de la gauche, la Nupes. Alors que la majorité présidentielle, renommée Ensemble, détenait neuf des dix circonscriptions du département, cinq semblent déjà promises à un candidat de la gauche. Décryptage.

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François Piquemal, candidat de la Nupes (alliance de la gauche) dans la 4ème circonscription de Haute-Garonne, pourrait être élu député dimanche 19 juin après le second tour des élections législatives.
François Piquemal, candidat de la Nupes (alliance de la gauche) dans la 4ème circonscription de Haute-Garonne, pourrait être élu député dimanche 19 juin après le second tour des élections législatives. (Crédits : Rémi Benoit)

À Toulouse et en Haute-Garonne, le premier tour des élections législatives 2022 a livré, dimanche 12 juin, quelques surprises avec quelques coups derrière la tête parfois.

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Au lendemain de la première manche, le parti Les Républicains se retrouve avec... aucun candidat qualifié pour le second tour de ce scrutin dans l'ensemble des 10 circonscriptions. Le meilleur espoir du parti de droite, l'adjointe au sport à la mairie de Toulouse et ancienne députée, Laurence Arribagé, est arrivée en 3ème position dans la circonscription avec près de 7.000 voix de retard sur Agathe Roby (Nupes - 31,60%) et la sortante Corinne Vignon (Ensemble/LREM - 29,27%). La patronne départementale du parti est donc éliminée et échoue à retrouver son siège de députée. Par ailleurs, en raison du jeu des reports de voix et au regard du faible écart entre les deux candidates qualifiées (1.000 voix et une abstention à 41,6%), la situation semble plutôt favorable à à Corinne Vignon, qui pourrait récupérer une grande partie des voix LR face à la candidate de l'alliance des gauches aux réserves de voix bien plus faibles.

Autre surprise dans ces élections législatives cette fois-ci dans la 1ère circonscription, celle surnommée "la circonscription d'Airbus" en raison de son ancrage géographique sur le nord-ouest toulousain. Désigné par le parti présidentiel (Renaissance) pour mener la majorité "Ensemble" à la victoire, le fils Baudis de son prénom Pierre se retrouve en mauvaise posture. "L'heure est grave", n'a pas caché le candidat après le dépouillement. Celui qui est censé succéder au député sortant Pierre Cabaré se retrouve second avec 28,05%, derrière le candidat Nupes Hadrien Clouet et ses 39,79%. Avec près de 5.200 voix d'avance sur son adversaire, dans une circonscription qui avait aussi voté pour Jean-Luc Mélenchon lors de l'élection présidentielle, la bascule pourrait s'opérer au soir du 19 juin, après le second tour.

D'autres circonscriptions où l'alliance de la gauche semble déjà au Palais Bourbon

Pour ce qui est de la 4ème circonscription de Haute-Garonne, purement toulousaine, les jeux semblent par contre déjà joués après le premier tour de ces élections législatives. Et les dés sont tombés en faveur de la Nupes. Son candidat, François Piquemal, l'un des leaders de l'opposition municipal toulousaine issu du mouvement Archipel Citoyen, arrive largement en tête dans cette circonscription avec 46,54% des suffrages. Il devance ainsi aisément la candidate de la majorité présidentielle, Marie-Claire Constans et ses 23,59%. L'ancienne suppléante de Mickaël Nogal, qui a fait le choix de ne pas se représenter pour privilégier une carrière dans le secteur privé, ne semble donc pas en mesure de conserver "son" siège de député.

Si François Piquemal devient pour la première fois député, il pourrait retrouver dans l'hémicycle sa collègue de parti Anne Stambach-Terrenoir, arrivée aussi en tête dans la 2ème circonscription de Haute-Garonne avec 37,25% des voix. Ce qui est une surprise car elle y devance confortablement le député sortant MoDem et membre de la majorité présidentielle, Jean-Luc Lagleize, qui a récolté 26,81% des suffrages exprimés. Avec 6.000 voix d'avance pour la première, et même avec des (petites) réserves de voix pour le second, la messe semble dite aussi dans cette partie du département.

Le Parti socialiste, incorporé dans la Nupes, pourrait également conserver la 8ème circonscription de Haute-Garonne, celle du Comminges. Dans celle-ci, le député sortant  Joël Aviragnet arrive en tête au soir du premier tour avec 28,67% des voix, et ce malgré la candidature dissidente d'Annabelle Fauvernier (quatrième avec 17,53%). Pour conserver son siège, celui qui a pour directrice de campagne la présidente socialiste d'Occitanie Carole Delga, devra se défaire du candidat du Rassemblement National, Loic Delchard (21,84%). Mais grâce certainement au report des voix de la majorité présidentielle, son candidat arrivé troisième étant hors course, et de l'autre candidature de gauche, sa réélection devrait être assurée.

L'alliance de la gauche pourrait également récupérer la 9ème circonscription, aux mains de La République En Marche (désormais appelée Renaissance) sur le précédent quinquennat. La député sortante, Sandrine Mörch, est arrivée en seconde position avec 25,25% des suffrages, assez loin de la candidate de la Nupes, Christine Arrighi et ses 39,77%. Les 5.900 voix d'écart entre les deux camps devraient être suffisants pour que l'alliance menée par Jean-Luc Mélenchon transforme l'essai.

Mais aussi des duels incertains

À contrario, dans une poignée d'autres circonscriptions de Haute-Garonne, malgré des avances parfois pour la Nupes (alliance de la gauche) et parfois pour Ensemble (majorité  présidentielle), rien n'est encore joué.

Dans la 5ème par exemple, si le député sortant LREM Jean-François Portarrieu est arrivé en tête au premier tour de ces élections législatives avec 28,91% des voix, il ne dispose que d'un peu plus de 600 bulletins d'avance sur la candidate de la Nupes, Sylvie Espagnolle (27,85%). Au second tour, chaque voix va donc compter dans cette circonscription où le patron départemental du Rassemblement National, Julien Leonardelli, est arrivé 3ème avec 24,64% soit près de 13.000 voix. Mais sa patronne, Marine Le Pen a appelé à "ne pas choisir" dans le cas d'un duel Nupes-Ensemble au second tour. La situation est identique dans la 6ème circonscription de Haute-Garonne, où la députée sortante LREM Monique Iborra sera à la lutte avec le candidat Nupes Fabien Jouve pour le second tour des élections législatives. Seulement 530 voix séparent les deux candidats au premier tour, alors que le candidat RN, arrivé là aussi troisième, a récolté plus de 10.000 voix.

Dans la 7ème circonscription, c'est cette fois-ci la Nupes qui est arrivée en tête avec Christophe Bex, qui devance la députée sortante de la majorité présidentielle Élisabeth Toutut-Picard. Si le premier a obtenu près de 31% des suffrages exprimés, contre 26,53% pour son adversaire, va-t-il être victime d'un vote de barrage des électeurs RN, aussi très présents dans cette partie du territoire ? Les 2.000 voix d'avance de Christophe Bex sur Élisabeth Toutut-Picard après le premier tour n'assurent en rien son élection comme député dans les jours à venir et la bataille s'annonce serrée jusqu'au bout. Même schéma dans la 10ème et dernière circonscription de Haute-Garonne, où Alice Assier (membre de Génération.S), qui porte les couleurs de la Nupes, devance d'un peu moins de 2.000 voix Dominique Faure, maire de Saint-Orens et 1ère vice-présidente de Toulouse Métropole qui brigue un premier mandat de députée sous la bannière de la majorité présidentielle. Dans ce duel féminin, le report des voix s'annonce plus que jamais décisif là aussi.

Après le premier tour, le bilan est donc amer pour la majorité présidentielle en Haute-Garonne, qui avait neuf députés sur dix possibles dans ce territoire depuis le scrutin de 2017. Comme pressenti, refaire une telle performance s'annonce compliquée voire impossible. Improbable mais possible sur le papier, la Nupes pourrait s'imposer dans les dix circonscriptions du département au soir du second tour de ces élections législatives 2022, alors qu'elle est déjà en bonne posture dans cinq d'entre elles. À contrario, les sortants de la majorité présidentielle n'ont dans aucune circonscription des matelas confortables et devront donc batailler pour garder leur siège de député. Hormis la 8ème circonscription, qui offre un duel Nupes-RN, toutes les autres verront s'affronter un candidat Nupes face à un candidat Ensemble dimanche 19 juin.

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